Des gens très bien / Passion du livre

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.. Des gens très bien

Couverture du livre Des gens très bien

Auteur : Alexandre Jardin

Date de saisie : 10/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-246-77651-2

GENCOD : 9782246776512

Sorti le : 05/01/2011

en vente sur


  • Le message sonore
Un message sonore de Alexandre Jardin

Une courte lecture d'Alexandre Jardin



  • La présentation de l'éditeur

«Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois :
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le Nain Jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...

Ce livre aurait pu s'appeler "fini de rire".
C'est le carnet de bord de ma lente lucidité.»

A.J.

Alexandre Jardin a déjà publié une douzaine de romans. Il a obtenu le prix Femina pour Le Zèbre (1988).





  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, février 2011

Sans doute, dans ces Gens très bien d'Alexandre Jardin, faut-il distinguer trois registres. Il y a ce que le livre peut nous apprendre de la période considérée. Sous ce rapport, le bénéfice est mince...
Il y a ensuite les interrogations du petit-fils tentant de mesurer les culpabilités du grand-père. Que savait-il des ignominies commises ? Alexandre Jardin croit pouvoir poser plus cruellement la question : non pas, que savait-il ?, mais, bien plutôt, que ne savait-il pas ? Ce changement de pied est, à beaucoup d'égards, pertinent...
On ne dira donc pas de la douleur du petit-fils qu'elle arrive un peu tard mais plutôt qu'elle arrive à son heure, l'heure des repentances. Ce n'est pas en diminuer ni l'intensité ni l'authenticité - qui sont le troisième registre de ce livre émouvant - mais cela nous rappelle combien sont plastiques nos visions du passé, combien sont commandées par l'air du temps nos émotions les plus singulières et, finalement, combien, selon la puissante formule de Benedetto Croce : "Toute histoire est contemporaine."


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 19 janvier 2011

Glacé par le passé réel, réinterprété, subodoré ou fantasmé de son grand-père, Alexandre Jardin réagit par la combustion vive de son écriture. Ce chaud et froid l'éloigne de la sagesse des tièdes. Toutefois, l'irruption des formules et des anathèmes va de pair avec une finesse d'intuition, une justesse de sentiment, une candeur déliée, servies par un style à la fois félin et funambulesque...
Excessif à l'instar d'une séance de vaudou, cauchemardesque comme un tableau inspiré de Goya - Saturne dévorant ses parents -, ce livre, écrit par un possédé, joue aux quilles avec des fantômes.


  • La revue de presse Émilie Lanez - Le Point du 6 janvier 2011

Alexandre Jardin est un chic type. Sincère. Engagé. Militant infatigable de la lecture, dont il s'épuise à faire connaître, à travers son association Lire et faire lire, les vertus aux moins lotis de nos enfants. On l'avait quitté romancier de bluettes, amateur d'improbables épopées conjugales, prophète souriant de la félicité matrimoniale, rejeton très tôt doué - à 23 ans, il est l'auteur vivant le plus vendu dans le monde - d'un père, Pascal Jardin, étourdissant écrivain et dialoguiste. On le retrouve changé. À 44 ans, "essoufflé de menteries", il quitte les amours délicieusement affranchies de ses ascendants pour raconter l'histoire d'une famille française vichyste, la sienne...
Alexandre a peu connu son grand-père et sa famille n'a guère cherché à découvrir ce que Jean aurait pu savoir de la déportation des juifs organisée par le gouvernement au sein duquel il travaille avec acharnement. Tous les siens se sont accommodés de son éblouissant reclassement en financier occulte de l'industrie française, conseiller influent d'Antoine Pinay, "fidèle à la personne de Laval mais pas à sa politique de collaboration", comme dira Jean-Marie Soutou, secrétaire général du Quai d'Orsay, dans un entretien avec Pierre Assouline.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 12 janvier 2011

Magistral exposé de psycho-généalogie, Des gens très bien crève le moelleux feutré du divan pour sonder le gouffre de l'Histoire et de la mémoire. «Soudain, j'ai peur. Pour la première fois de ma vie, j'accepte de perdre pied» : en lâchant prise, Alexandre Jardin retrouve l'équilibre et prend de la hauteur de vue. Au détour de phrases pudiques et cinglantes, il dénonce une certaine tendance française à l'autopersuasion, à l'illusion d'intégrité. Il démonte le mécanisme de toute prise de conscience pour dépoussiérer une à une les pièces qui la constituent : doute, renoncement, honte, sursaut de confiance, bourgeonnement de l'évidence, renaissance...
C'est tout le pouvoir d'envoûtement de ce livre : par effet de ricochet, il vient toquer à la fenêtre de chacun et invite à relire sa propre histoire. Alors le titre prend une autre tonalité. Des gens très bien, ce sont peut-être des auteurs comme Alexandre Jardin, capa­bles de renaître. D'oser l'espoir.


  • La revue de presse Eric Roussel - Le Figaro du 6 janvier 2011

Dans le livre magnifique qu'il a consacré à son père Ramon, Dominique Fernandez a récemment essayé de comprendre les raisons pour lesquelles un esprit brillant soudain dérailla pour son infortune. Rien de tel dans ces pages. À toute tentative d'explication, Alexandre Jardin oppose un refus d'ordre moral. Sur son grand-père, cet habile qui sut si bien naviguer au risque de se perdre, il porte un jugement implacable. À le lire, on mesure combien a changé, en l'espace d'une ou deux générations, notre regard sur les années noires. Pendant longtemps, on tint compte du patriotisme supposé des uns et des autres. Aujourd'hui, c'est la responsabilité morale et collective de millions de Français, témoins de l'horreur nazie, qui se trouve en jeu. Le fait d'avoir changé de camp au moment où tout bascula, c'est-à-dire en 1942, ne protège plus des pires soupçons, comme en témoigne ici le traitement de choc administré à Maurice Couve de Murville, nommément désigné comme le responsable de l'aryanisation des biens juifs pendant les premières années de l'Occupation...
En dépit de ses liens avec la Résistance et de l'aide qu'il accorda à certains Juifs, comme l'historien Robert Aron, Jean Jardin doit-il être tenu pour l'un des responsables de la terrible rafle ? Dans l'extraordinaire dossier à charge réuni par son petit-fils, rien ne le prouve de manière formelle. La parole est maintenant aux historiens.



  • Les premières lignes

Né Jardin, je sais qu'il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour se révéler un athlète du pire. Mon grand-père - Jean Jardin dit le Nain Jaune - fut, du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, le principal collaborateur du plus collabo des hommes d'État français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet ; son double. Ses yeux, son flair, sa bouche, sa main. Pour ne pas dire : sa conscience.
Pourtant, personne - ou presque - n'a jamais fait le lien entre le Nain Jaune et la grande rafle, étirée sur deux jours, qui coûta la vie à la presque totalité des 12 884 personnes arrêtées ; dont 4 051 enfants.
En tout cas pas les Jardin ; et certainement pas mon père Pascal Jardin, dit le Zubial. Trop habitué à congédier le réel.
Les secrets de famille les mieux gardés s'affichent parfois sous leur meilleur profil. Dans une lumière éblouissante qui les rend presque invisibles. Comme ces toiles de maîtres volées sous Hitler à des collectionneurs juifs puis accrochées aux murs des salons allemands. Les héritiers actuels ont beau les avoir sous le nez, éclairées avec soin, aucun ne voit leur origine glaçante. Ma famille fut, pendant un demi-siècle, championne toutes catégories de ce sport-là : s'exhiber pour se cacher. Mettre du plein soleil là où, chez nous, il y avait eu trop de nuit et de brouillard. En ayant le chic pour enrober l'intolérable de bonne humeur, d'ingénuité et de pittoresque.


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