La légende de Bloodsmoor / Passion du livre

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.. La légende de Bloodsmoor

Couverture du livre La légende de Bloodsmoor

Auteur : Joyce Carol Oates

Traducteur : Anne Rabinovitch

Date de saisie : 09/01/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Stock, Paris, France

Prix : 24.00 €

ISBN : 9782234063624

GENCOD : 9782234063624

Sorti le : 19/01/2011

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  • La présentation de l'éditeur

Après Bellefleur, voici le deuxième tome de la trilogie gothique de Joyce Carol Oates.

Pennsylvanie. Dix-neuvième siècle. Cinq soeurs entre seize et vingt-deux ans. Tout commence quand Deirdre, fille adoptive de l'inventeur John Quincy Zinn, est enlevée par un homme mystérieux en pleine journée. Avant cet épisode, la famille Zinn était une famille comme les autres : cinq filles en âge de se marier, vivant tranquillement dans la vallée de Bloodsmoor. Mais après ce tragique incident, tout bascule. Constance Philippa qui se comporte de manière scandaleuse la nuit de son mariage. Malvinia, attirée par les feux de la rampe, va tomber dans les filets d'un dandy peu scrupuleux. Octavia, la moins rebelle, trouvera sa «récompense» non loin de chez elle. Samantha, la plus douée, se dévouera entièrement à l'oeuvre de son père... et en subira les lourdes conséquences. Quel sera leur sort à la veille du siècle nouveau ? Joyce Carol Oates nous offre avec La légende de Bloodsmoor un étonnant mélange à la lisière du mythe et de l'Histoire. D'un humour féroce, elle fait se fondre le sublime et le grotesque, en dépeignant une famille qui plonge dans l'ignominie et une certaine Amérique en train de naître.

Née en 1938, Joyce Carol Oates a publié son premier roman en 1963. Son père travaillait pour la General Motors et c'est à Detroit, au début des années 1960, qu'elle découvre la violence des conflits sociaux et raciaux. Devenue professeur de littérature à l'université de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des carrières littéraires (une trentaine de romans, des essais, des nouvelles, des pièces de théâtre, de la poésie). Les éditions Stock ont notamment publié les très remarqués Blonde, Eux, Confession d'un gang de filles.





  • Les premières lignes

Notre histoire de la remarquable famille Zinn, qui doit prendre fin le 31 décembre 1899, au dernier coup de minuit, débute vingt ans plus tôt par un splendide après-midi de septembre, dans la brume dorée de l'automne 1879 - ah, comme le temps passe ! - quand, à la honte mêlée d'horreur de sa famille aimante et à la consternation de tous les habitants de Bloodsmoor, Mlle Deirdre Louisa Zinn, fille adoptive de M. et Mme John Quincy Zinn, partit en promenade d'un pas fougueux, non accompagnée, et fut en plein jour enlevée sur les terres de la majestueuse demeure de ses grands-parents, le château historique de Kiddemaster.
Voilez-vous donc la face, reculez d'effroi à ce mot barbare, enlevée ; nul autre, je le crains, ne peut honnêtement le remplacer.
J'aimerais beaucoup, en ma qualité de chroniqueur officiel de la famille Zinn, présenter avec plus de tact au lecteur un état de choses aussi terrible et alarmant ; j'aimerais préserver les Zinn et les Kiddemaster du monde pernicieux des mauvaises langues, des colporteurs de ragots, des imbéciles bien intentionnés et des journalistes de toute espèce qui ne tarderont pas à les harceler au milieu de leur chagrin. Il n'existe pas de remède : La Légende de Bloodsmoor : histoire véritable des Zinn de la vallée de Bloodsmoor, doit commencer en cette journée ignominieuse, avec la disparition subite de la dernière des demoiselles Zinn, sous les yeux, je dois le dire, de ses soeurs terrifiées.
Que la jeune Deirdre, brune, le teint pâle, fût arrachée à ses parents pleins d'amour et à ses soeurs dévouées à l'âge précoce de seize ans, est certainement tragique ; qu'elle fût emportée, en des circonstances aussi extraordinaires, par un ballon hors la loi en soie d'un noir sinistre, manoeuvré par un pilote non identifié, est un événement singulier, sans précédent dans les annales de la vallée ou d'ailleurs, au point qu'on ne peut condamner entièrement les mauvaises langues. Une enfant innocente, en vérité - quelle enfant de bonne famille ne l'est pas ? - et pourtant, n'y avait-il pas quelque chose d'étrange chez la plus jeune des filles Zinn, un côté obstiné, agressif, ténébreux, indélicat ? Était-elle reconnaissante d'avoir été adoptée par une famille aussi illustre ? Était-ce une chrétienne assez pieuse ? Et bien qu'elle fît partie de la famille Zinn depuis environ six ans, et fût considérée comme une fille, une soeur, chérie de tous, n'était-elle pas curieusement déloyale ?
Pour les médisants, leurs propos, je suis heureuse de le dire, sont rarement revenus aux oreilles de la famille, lui épargnant ainsi un chagrin supplémentaire.
Ah, Deirdre, tant de malheurs naîtront de cette première infortune ! Combien de larmes versées, de coeurs brisés ; de passions inconvenantes, enflammées ; d'élans irréfléchis, déchaînés, destructeurs, s'emparant d'êtres exemplaires. Et tout cela parce qu'une jeune fille têtue avait décidé de fausser compagnie à ses soeurs sans se soucier des sentiments des autres !
A l'instant où ma chronique commence, j'éprouve comme un frisson de répulsion à l'idée de ce que devront endurer au cours des années les Zinn et les Kiddemaster, à la suite de cet épisode regrettable - survenu dans l'air immatériel de Bloodsmoor : l'air tiède, luxuriant, irréel, doré d'une journée d'automne brumeuse à l'approche du crépuscule, peu après l'heure du thé.


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