Liberté antique, liberté moderne : les fondements de la démocratie de l'antiquité à nos jours / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Liberté antique, liberté moderne : les fondements de la démocratie de l'antiquité à nos jours

Couverture du livre Liberté antique, liberté moderne : les fondements de la démocratie de l'antiquité à nos jours

Auteur : Wilfried Nippel

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 13/12/2010

Genre : Histoire

Editeur : Presses universitaires du Mirail-Toulouse, Toulouse, France

Collection : Tempus

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782810701278

GENCOD : 9782810701278

Sorti le : 16/12/2010

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Tel un talisman moderne, le concept de démocratie est constamment invoqué par les hommes politiques, les journalistes ou les simples citoyens. Mais comment s'est-il forgé, au fil des siècles ? Dans quels contextes, et au prix de quelles métamorphoses ?
Wilfried Nippel se propose de retracer, de l'Athènes du Ve siècle avant J.-C. à la récente constitution européenne, le long parcours de ce concept politique fondamental. Il entraîne le lecteur dans un passionnant voyage qui le conduira de la Grèce de Périclès à la Rome républicaine, puis dans l'Angleterre et les États-Unis des XVIIe et XVIIIe siècles, à Paris sous la Terreur et dans le Berlin des XIXe et XXe siècles - bref, toute une série de moments historiques singuliers où les acteurs sociaux se sont réclamés des notions de démocratie et de liberté, et ont joué, de façon subtile et complexe, avec la référence à l'Antiquité grecque.
C'est une fresque magistrale de l'histoire des idées et des pratiques politiques que propose cet ouvrage. Il s'agit là d'un livre indispensable aux spécialistes de science politique et de sciences sociales, mais aussi à tous les lecteurs désireux de découvrir, dans la longue durée, les visages multiples de la démocratie.

Wilfried Nippel est professeur d'histoire ancienne à l'université Humboldt de Berlin et membre de l'Académie des Sciences de Berlin-Brandebourg. Spécialiste d'anthropologie et de sociologie historiques, figure éminente des sciences de l'Antiquité en Europe, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les mondes grec et romain. Il a également publié des études remarquées sur diverses figures de l'historiographie et de la sociologie du XIXe siècle (Weber, Droysen) et rédige actuellement un livre consacré à Humboldt.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

La démocratie athénienne a duré moins de deux siècles, même si l'on ne peut être certain de sa date de fondation. Alors que, rétrospectivement, les Athéniens aiment à présenter leur grand législateur Solon (594 av. J.-C.) comme son père fondateur, la recherche moderne considère majoritairement depuis la fin du XIXe siècle que les réformes de Clisthène (508-507 av. J.-C.) ont donné la principale impulsion à un processus qui a mené, vers le milieu du Ve siècle av. J.-C, à la constitution de la démocratie. Celle-ci se maintient jusqu'en 322 av. J.-C, avec de brèves interruptions - celles des régimes oligarchiques établis en 411 et 404-403. Sous la domination macédonienne, on établit ensuite une constitution qui, en dépit des restrictions apportées à la capacité d'agir à l'extérieur, tolère toujours un gouvernement des citoyens par eux-mêmes, mais en réserve l'exercice aux notables. Elle cesse alors d'offrir à tous les citoyens les amples possibilités de participation qui ont, jusqu'alors, caractérisé la démocratie.
Ce système politique, mis au point dans le cadre d'un État de petite taille - selon les critères modernes -, a fasciné la postérité jusqu'à nos jours, tantôt comme un repoussoir - la «domination de la populace» -, tantôt comme un modèle exemplaire d'autodétermination collective dépassant nettement toutes les formes modernes de démocratie indirecte et représentative. Dans ce débat qui traverse toutes les époques, la réflexion sur l'Antiquité s'associe à une question : comment, dans les conditions radicalement différentes des temps modernes, peut-on instaurer une société de citoyens libres encadrée par un ordre constitutionnel adéquat ? D'autres communautés grecques des Ve et IVe siècles av. J.-C, qui portaient dans l'Antiquité le nom de «démocraties», ne jouent aucun rôle dans ce débat, d'une part parce qu'elles n'ont qu'un rapport limité avec le modèle athénien, d'autre part parce qu'on sait peu de chose sur leurs structures internes et que, globalement, elles n'ont pratiquement pas laissé de traces dans la vision historique ultérieure de l'Europe. L'élargissement des connaissances que l'histoire moderne de l'Antiquité a apporté sur la situation politique en dehors d'Athènes, notamment par le biais de l'exploitation systématique des inscriptions, n'a rien pu changer à cette fixation sur le cas exemplaire que constitue Athènes.


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli