L'enfant de la rue et la dame du siècle : entretiens inédits avec Germaine Tillon / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. L'enfant de la rue et la dame du siècle : entretiens inédits avec Germaine Tillon

Couverture du livre L'enfant de la rue et la dame du siècle : entretiens inédits avec Germaine Tillon

Auteur : Michel Reynaud | Germaine Tillion

Date de saisie : 04/03/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Tirésias, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782915293548

GENCOD : 9782915293548

Sorti le : 08/12/2010

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Germaine Tillion, dans ces entretiens, sur le ton badin de la conversation, va nous promener dans les grands chambardements de son temps, comme si de rien n'était et surtout partager avec nous son amour de la vie et sa «répulsion» viscérale de la mort commandée, ordonnée.

Michel Reynaud (auteur)



  • La présentation de l'éditeur

Grande dame du siècle, Germaine Tillion, née en 1907, traverse l'histoire et y met son grain de sable pour empêcher les hordes hitlériennes d'envahir le monde et d'imposer le pouvoir de la force contre la raison ou pour empêcher l'État de broyer les proscrits, de torturer et d'exécuter impunément, pour empêcher les combattants du FLN de tuer aveuglément, pour promouvoir l'éducation pour tous, et donner le statut d'étudiant aux prisonniers. Infatigable et fragile, elle dresse sa silhouette contre les injustices comme un géant qui ferait rempart de son corps contre la détresse et le désespoir, elle sait que résister c'est avant tout rester debout et vivre, se moquer de soi, tirer leçon de la fleur poussée dans les cendres du camp. Toute sa vie, elle usera de sa propre dérision comme source d'énergie.

Germaine Tillion prend par la main son ami des mots, son ami écrivain et poète et l'entraîne dans la folle épopée de ses colères et de ses émois. Un enfant de la rue, Michel Reynaud a pour habitude de dire qu'il est un enfant sans mémoire, c'est pour cela qu'il soigne si bien celles des autres, de nos valeurs humaines. Résistance, déportation, exil, sont ses engagements, recherches, combats. Quoi de plus naturel, en poursuivant les ombres de l'histoire, ceux dont jamais on ne parle, que ses pas croisent et se mêlent à ceux d'une grande Dame qui a traversé, non construit au corps à corps, notre histoire de sa marche têtue.

Entrez dans l'intimité de la grande Dame et de son ami, l'enfant des rues, que rien ne disposait à une rencontre, mais qui pourtant ont su trouver le chemin l'un de l'autre pour partager notre siècle et apprendre l'humilité dans ce dédale des «Grands de l'Histoire». Entre un déjeuner préparé par elle et la promenade du chien, nous allons de l'un à l'autre pour savoir, les courages et les défilades des hommes. Une rencontre exceptionnelle entre Histoire et intimité, dans l'alchimie de la littérature et de la poésie dans la complicité et l'alliance de l'intelligence et de l'action par le verbe.

Véronique Olivares

Michel Reynaud né à Montpellier en 1951 a publié un nombre considérable d'ouvrages sur les oubliés de l'histoire dans les grands conflits, révélant à chaque fois des catégories d'humains délaissés à la mémoire confisquée. Écrivain, il a travaillé sur la poésie dans les camps de prisonniers, sur la Résistance et sur la déportation depuis plus de trente ans. Sa parole aujourd'hui fait référence. Il a écrit entre autres : Une seule pensée liberté, La Foire à l'homme, Files et Fax l'Algérie, Homocrène, Sommons le somme du sommeil. Paul. Matthieu Terre. Le roman des Glières les Espagnols eu Haute-Savoie (prix littéraire de la Résistance), Elles et Eux et la chanson. L'insurgé de la République, livret de l'album collector... de Cali, 2010.





  • La revue de presse - Le Monde du 3 mars 2011

C'est un livre d'entretiens qui mériterait d'avoir un large écho dans la presse et intéressera plus d'un historien. "L'enfant de la rue", c'est Michel Reynaud, poète, historien, éditeur atypique, âgé aujourd'hui de 59 ans. Un homme blessé, qui se dit "né sans histoire, fils du vide" et se bat comme un fou pour éditer des textes auxquels il croit. La "dame du siècle", c'est Germaine Tillion, résistante, déportée à Ravensbrück, ethnologue, médiatrice dans le conflit algérien, l'un des grands témoins du XXe siècle, née en 1907 et décédée en 2008...
Avec L'Enfant de la rue et la dame du siècle, Michel Reynaud et Germaine Tillion nous offrent une rencontre exceptionnelle, entre Histoire et intimité. L'ouvrage fourmille d'anecdotes ou de faits précis, certains bouleversants.



  • Les premières lignes

J'écris lorsque le besoin s'en fait sentir comme les vagues de la mer se retirent et lèchent les coquillages de la plage je vais à ma page...

D'une poésie, nous faisions dentelle des mots

«L'amour représente tout ce qu'il est nécessaire de savoir et de retenir. Il n'y a rien d'autre à apprendre. Celui qui sait cela, sait tout.»

J'ai pris ce temps, qui peut paraître long, à faire ouvrage de cette moisson d'humanité, cette récolte d'espoir, de bonté, ce contre-pied à l'insupporté de notre histoire contemporaine car la parole qu'il recèle est unique, et rare est le parcours de cette dame du siècle que l'écrit me donna le privilège de rencontrer et de partager notre curiosité pour la Littérature, la Civilisation, l'Histoire, l'Homme. Il me fallait cette attente pour réfléchir à l'utile d'une telle démarche en livre, mais aussi à l'égard de mes engagements envers la grande Dame, car la richesse du quotidien de ces échanges scellait un pacte fraternel d'amitié, de confiance, de respect. Cette réalité, ce parcours, ce vécu, cette réciprocité ne seraient peut-être que communs s'il n'y avait pas eu cette immense tendresse et un très haut respect de l'un pour l'autre, de l'autre pour l'un, jamais dévoilé pour que rien ne puisse en rien gêner le temps suspendu à ce partage.

Je voulais être maître horloger de cette mécanique rare : la rencontre de deux univers d'apparence si lointains, si différents et si distincts. Ces mots, ces dits, ce texte issu de tête-à-tête entre Germaine Tillion et moi prolonge ce partage comme un partage de midi, si cher à notre dramaturge et qui fit couler tant de rêves et sans hasard des croyances au mieux des vocations. Ce partage est aussi le symbole d'une rencontre entre deux mondes si différents, tout séparait les protagonistes dont je suis l'un deux, la naissance, l'âge, les études, le milieu familial, la position sociale... Tout aurait dû nous éloigner, pourtant et cela peut paraître incroyable ou même inconcevable, tout de fait nous rapprocha, nous lia même intellectuellement et poétiquement au sens littéral du terme. Je veux vous ouvrir ce chemin comme devrait être l'éternel recommencement de tout engagement pour que la vie de l'humanité soit de pérennité notre raison à exister, penser, créer, espérer...

C'est ici que commence l'histoire de la grande Dame avec l'enfant de la rue ; de cet enfant sans mémoire et qui restera un message d'amour, d'enseignement et de confiance. Tout comme Madame, vous nous l'avez écrit dans ce poème dont j'extrais ces quelques vers : «Passant, notre planète est bizarre, / Entre nécessité et hasard... / Mais les planètes de rechange n'existent pas ; / Et nous devons nous arranger avec celle-là.» Ces vers resteront avec certitude une raison à l'histoire de notre vie mais aussi un combat simplement de vie à notre espoir pour notre génération et celle à naître.

En plus nous avions une part commune, une marque qui scella cette histoire : l'amour que nous portèrent nos mères. Souvent Germaine Tillion m'affirma non me susurra : «Votre chance est que votre mère vous aimait...» et ô combien cela est vrai ! Tout comme la fin de maman prit des habits de douleur concentrationnaire. Cette affirmation berça, au mieux bascula la déchirure du fils blessé, outragé que j'étais devant cette désincarnation, cette déshumanisation, cette première mort qui fut prélude à une mort plus définitive d'apparence, mais dont sa genèse en restera l'horreur et l'ignoble d'une déchéance non de l'animalité d'un être qu'elle avait été, mais de l'innomé qu'elle était devenue. Si une maman mourut de l'Alzheimer, la mienne, l'autre maman fut exterminée dans une chambre à gaz à Ravensbrück, et se nommait Emilie Tillion et elle était celle de la grande Dame.


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli