Gazage de concentrationnaires au château de Hartheim : l'action 14F13 1941-1945 en Autriche annexée : nouvelles recherches sur la comptabilité de la mort / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Gazage de concentrationnaires au château de Hartheim : l'action 14F13 1941-1945 en Autriche annexée : nouvelles recherches sur la comptabilité de la mort

Couverture du livre Gazage de concentrationnaires au château de Hartheim : l'action 14F13 1941-1945 en Autriche annexée : nouvelles recherches sur la comptabilité de la mort

Auteur : Jean-Marie Winkler

Préface : Yves Ternon

Date de saisie : 28/11/2010

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 30.00 €

ISBN : 9782915293616

GENCOD : 9782915293616

Sorti le : 26/11/2010

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Au château d'Hartheim, non loin de Mauthausen, en Haute-Autriche, les nazis tuent au monoxyde de carbone, dès 1940. Les nazis font procéder à partir de la fin 1939, sur le territoire du Reich, à l'enregistrement puis à la sélection des handicapés et des malades, déclarés «bouches inutiles» ou «indignes de vivre». Le centre d'euthanasie nationalesocialiste est implanté au château d'Hartheim qui devient un lieu d'assassinat planifié des handicapés, avec la construction d'une chambre à gaz et d'un crématoire. À partir de 1941, les assassinats des handicapés furent officiellement suspendus, et les installations de gazage mises au service du système concentrationnaire, les nouveaux assassinats apparaissant, dans les registres des camps, comme morts «spéciales», désignées sous le code «14f13». Les autocars fantômes amènent à Hartheim, cette fois, des concentrationnaires. Les «experts» formés à Hartheim sont choisis pour diriger des camps d'extermination comme Belzec, Sobibor et Treblinka, cela prouverait qu'il s'agissait bien là de l' «école des meurtriers» (Simon Wiesenthal), de la première étape vers ce que l'on désigne, en janvier 1942, comme «solution finale».
En 1999 pour transformer le château d'Hartheim en mémorial, on a exhumé des cendres contenant de restes humains. Et on y a aussi retrouvé des plaques matricules, en fer-blanc, des camps de Mauthausen et de Gusen, parmi lesquelles un certain nombre correspond aux listes des transports pour le prétendu «sanatorium de Dachau». Quelle que soit la méthode choisie, toute tentative scientifique visant à mettre en lumière ne fût-ce qu'une parcelle de cette réalité historique est une victoire de l'esprit sur l'extermination, au service de la vérité.

L'auteur : Jean-Marie Winkler, né le 30-11-1960 à Mulhouse (68), Professeur de Universités ; PR 2C PEDR ; Université de Rouen ; Équipe de Recherches Interdisciplinaires sur les Aires Culturelles (ERIAC). Apublié aux éditions Tirésias : L'euthanasie nationale-socialiste. Hartheim - Mauthausen (1940-1944). Coll. «Ces Oubliés de l'Histoire». Paris, 2005 Le «Douaumont de la Déportation». Le projet d'ossuaire du camp de concentration de Mauthausen (1955-1961). Coll. «Ces Oubliés de l'Histoire». Paris, 2007.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface d'Yves Ternon

En lisant le manuscrit de Jean-Marie Winkler, je me suis reporté près de quarante ans en arrière. Nous venions de publier avec Socrate Helman le second volume de notre trilogie sur la médecine allemande sous le national-socialisme, une étude consacrée au massacre des aliénés, c'est-à-dire à l'Aktion T4. Notre démarche était celle de médecins. Ayant consulté les minutes du procès des médecins allemands devant un tribunal américain à Nuremberg, nous avions d'abord concentré nos recherches sur les expériences médicales conduites dans les camps de concentration. Nous avions vite réalisé que ces crimes s'inscrivaient dans la logique d'un système qui avait depuis longtemps abandonné les principes éthiques sur lesquels est fondée la civilisation et que cette perversion se situait à un stade avancé d'un processus dont l'origine remontait au XIXe siècle, à une dérive de la pensée scientifique européenne, face obscure des Lumières, qui, après la défaite allemande de 1918, avant même la prise du pouvoir par Hitler, avait développé une idéologie singulière où le médecin occupait la place centrale : le racisme biologique. La première expression meurtrière de ce «biopouvoir», comme le qualifie Michel Foucault, avait été la mise à mort sélective et programmée des pensionnaires des asiles psychiatriques d'Allemagne et d'Autriche annexée. Dans les années soixante, la recherche historique allemande sur les crimes nazis était centrée sur la «pseudo-euthanasie» - c'est ainsi qu'on l'appelait -, alors qu'en France aucune étude n'avait encore été entreprise. Nous avions donc défriché un terrain inexploré. C'est pour cela qu'en 1972 je fus contacté par Henri Bulawko qui me demanda mon avis sur la chambre à gaz de Mauthausen. À mon grand regret, je lui répondis que je n'avais aucune information sur la question, notre étude de l'Aktion 14/13 s'étant limitée aux expertises menées dans les camps par les experts de la «T4», et singulièrement à la correspondance du docteur Mennecke publiée par Bert Honolka, et à l'envoi des victimes dans le centre d'extermination le plus proche, donc Hartheim pour Mauthausen. Henri Bulawko était indigné par l'affirmation d'Olga Wormser-Migot qui prétendait démontrer qu'il n'y avait pas de chambre à gaz à Mauthausen. Il me fit parvenir peu après le livre de Pierre Serge Choumoff dans lequel était insérée une feuille de l'amicale des déportés et familles de disparus de Mauthausen, avec cette note dactylographiée du bureau de l'amicale : «Ci-joint l'étude que nous avons été contraints d'entreprendre au sujet de l'existence des chambres à gaz de Mauthausen». Cet ouvrage contenait les vingt pages sur le château de Hartheim que Jean-Marie Winkler reproduit fidèlement.


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli