Neuengamme : camp de concentration nazi / Passion du livre

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.. Neuengamme : camp de concentration nazi

Couverture du livre Neuengamme : camp de concentration nazi

Auteur : Amicale de Neuengamme

Date de saisie : 20/09/2010

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 33.00 €

ISBN : 9782915293647

GENCOD : 9782915293647

Sorti le : 15/10/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Depuis leur retour des camps, les déportés n'ont cessé de se poser cette question sans réponse : «pourquoi suis-je revenu et pourquoi pas les autres ?» Dès lors, ils se sentent porteurs d'une dette à l'égard de tant de camarades qui ne sont pas rentrés.
Au monde qu'ils ont trouvé à leur retour, ils n'appartenaient plus tout à fait : ils dérangeaient, «on» voulait vivre et oublier la guerre et ses horreurs. Leur parole n'a pas toujours été entendue. Pourtant, depuis plus de soixante ans, inlassablement, ils nous redisent ce qui s'est passé derrière les barbelés des camps.
Dès 1945, les déportés de Neuengamme, réunis en Amicale, se sont donné une mission qu'ils ont inscrite dans leurs statuts, créer une commission d'histoire pour faire connaître l'histoire du Camp.
Ce livre est l'aboutissement du travail de mémoire de l'Amicale tout entière, par l'intermédiaire de sa commission d'histoire, sous la direction de ses présidents successifs. La gestation fut longue, il a été enfanté dans la douleur.
Soixante ans après, il nous livre la parole des témoins, «nos semblables, nos frères», de tous âges, de toutes conditions.
C'est à un voyage initiatique que nous vous convions aujourd'hui, à travers ces magnifiques documents.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

«Si la mémoire n'existait pas, il n'y aurait pas de camp de concentration».
Robert Antelme. L'Espèce humaine.

Neuengamme, «le camp méconnu», établi aux portes de Hamburg, la deuxième ville d'Allemagne, a vu passer au Camp central et dans ses Kommandos extérieurs plus de 13 % des quatre-vingt-six mille Français et Françaises déportés de répression dans le Reich, de 1940 à 1945.
Cent six mille hommes et femmes de toutes nationalités, dont 11 500 Français, ont été persécutés au camp de concentration de Neuengamme : cinquante-cinq mille d'entre eux, dont plus de 7 000 Français, périrent d'épuisement dû au travail et aux brutalités, de faim et de froid, de manque de soins, torturés, pendus, fusillés, gazés, brûlés, abattus au cours des marches d'évacuation ou noyés à bord des navires coulés en baie de Lübeck.
Le camp de Neuengamme et ses 80 Kommandos satellites de travail forcé est un exemple incontestable de camp de concentration. C'est un camp de répression, peuplé majoritairement, pour ce qui est des Français, de déportés politiques et résistants, d'opposants à l'idéologie nazie et à ses affidés français. C'est aussi un camp d'extermination à petit feu, mais à durée économiquement calculée par un savant barème de souffrances physiques et morales infligées à la population de «sous-hommes» que martyrisaient les SS. Leurs dignitaires avaient précisément déterminé tout le profit qu'ils pouvaient tirer de la main-d'oeuvre concentrationnaire innombrable, gratuite, à éliminer après usage et très vite remplacée grâce aux sbires de la Gestapo.
Lorsque le camp de concentration de Neuengamme a été libéré par les Britanniques, un des tout derniers, le 5 mai 1945, les avaient totalement évacué tous les déportés, précipités sur les routes, entassés dans des wagons, poussés vers des mouroirs ou des camps flottants. Les reporters n'eurent pas à le visiter, à en photographier les horreurs. Les monceaux de cadavres décharnés gisaient ailleurs, dans des fosses communes improvisées au bord des chemins, empilés dans des charniers ou flottant au gré des eaux de la mer Baltique.
Le camp de Neuengamme a immédiatement été converti en camp d'internement pour les soldats de la Wehrmacht et les SS prisonniers, qui y ont été confortablement installés et convenablement traités selon les conventions internationales. L'accès en a donc été interdit à tout pèlerin, déporté survivant ou parent de disparu.
Dès 1948, les autorités anglaises ont restitué les terrains occupés par le Camp et ses installations à la Ville libre et hanséatique de Hamburg qui y fit aussitôt construire un pénitencier, vite peuplé par des condamnés de droit commun. Les constructions restantes furent utilisées pour des activités parfaitement irrespectueuses du caractère sacré des lieux où sont morts des milliers de déportés et où ont été épandues les cendres de leurs dépouilles, incinérées dans les fours crématoires.
Il s'est agi, alors, pour les survivants du camp de concentration de Neuengamme qui le pouvaient encore, et pour les familles des disparus, d'enfreindre la loi du silence et de l'oubli dont les bourreaux nazis ont toujours voulu couvrir leurs forfaits. Ni en Allemagne, ni dans aucun des pays dont des ressortissants avaient été déportés, le camp de concentration de Neuengamme ne devait disparaître des mémoires. Les rescapés et les familles avaient saisi, dès 1945, que cette tragédie de la Déportation ne pouvait tomber dans l'oubli.


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