Rosa candida / Passion du livre

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.. Rosa candida

Couverture du livre Rosa candida

Auteur : Audur Ava Olafsdottir

Traducteur : Catherine Eyjolfsson

Date de saisie : 18/11/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-84304-521-9

GENCOD : 9782843045219

Sorti le : 19/08/2010

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  • Le message sonore
Un message sonore de Audur Ava Olafsdottir

Une courte lecture d'Audur Ava Olafsdottir



  • La présentation de l'éditeur

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte.

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Audur Ava Ólafsdóttir est née en 1958. Elle a fait des études d'histoire de l'art à Paris et est actuellement maître-assistante d'histoire de l'art à l'Université d'Islande. Directrice du Musée de l'Université d'Islande, elle est très active dans la promotion de l'art. A ce titre, elle a donné de nombreuses conférences et organisé plusieurs expositions d'artistes.
Rosa candida, traduit pour la première fois en français, est son troisième roman après Upphækkuð jörð (Terre relevée) en 1998, et Rigning í nóvember (Pluie de novembre) en 2004, qui a été couronné par le Prix de Littérature de la Ville de Reykjavík.
Rosa candida, publié aux éditions Salka en 2007 et réédité en livre de poche l'année suivante, a reçu deux prix littéraires : le Prix culturel DV de littérature 2008 et le Prix littéraire des femmes (Fjöruverðlaun). Le roman a été traduit de l'islandais en anglais, danois et allemand.
Les droits cinématographiques ont été acquis par un producteur européen.
Audur Ava Ólafsdóttir vit à Reykjavík avec ses deux filles. Le Théâtre national islandais vient d'acquérir les droits de sa première pièce de théâtre, qui sera jouée dès l'automne 2011.





  • La revue de presse André Clavel - L'Express, novembre 2010

Le voyage quasi initiatique d'un jeune homme féru de botanique qui vient de perdre sa mère. Un magnifique conte nordique...
Ce roman de la rose aurait pu tourner à la bluette mysticoïde, façon Coelho, mais on y découvre au contraire un hymne panthéiste à la vie, un cantique embaumé par une prose gourmande. Joliment décalé. Et lumineux. Comme ce rayon de soleil qui, à la fin, transperce le vitrail d'une église pour aller caresser la joue d'une petite fille au nom prédestiné - Flora Sol.


  • La revue de presse Anne Crignon - Le Nouvel Observateur du 28 octobre 2010

Un humour baroque et léger irradie tout au long de cette histoire où rien décidément ne se passe comme il faut, ni comme on s'y attend. Ce que ce livre dit joliment, c'est que dans la vie on se fait peur plus que de raison et qu'à trop s'en faire on se désole en vain. Nos deux jeunes héros prennent les choses comme elles se présentent et leur fatalisme paisible fait toute la saveur de ce conte nordique qui connaît, en France, un étonnant succès : prix Page des Libraires, en lice pour le Femina étranger, il s'en est vendu 40.000 exemplaires, et ça n'est pas fini...


  • La revue de presse Yves Simon - Paris-Match du 27 octobre 2010

Une rose à huit pétales et «Rosa candida» sans épines, telles sont les obsessions de Lobbi. Aller en Italie où, dans un vieux monastère, s'étend une roseraie qu'il a repérée dans d'antiques livres de botanique, ses livres de chevet. Cette roseraie est unique par son ampleur, sa beauté, et il veut en devenir l'architecte contemporain, celui qui redonnera vie à ce jardin des délices...
Ce livre que l'on croyait dévolu à la volupté des roses se transforme en roman initiatique, puisque le héros va apprendre à devenir père. «Les femmes sont comme ça. Elles surgissent tout à coup devant vous, au seuil d'une nouvelle vie, un marmot sur les bras pour vous signaler que c'est à votre tour d'endosser la responsabilité d'une conception intempestive, d'un enfant-accident.» Un roman magnétique sur l'existence, le doute et les roses, la jeunesse qui un jour s'interrompt afin qu'un homme se déclare tel, face au monde.


  • La revue de presse Natalie Levisalles - Libération du 7 octobre 2010

Rosa candida est une rose à huit pétales que le jeune Arnljotur, dit Lobbi, a cueillie dans sa serre islandaise pour la repiquer dans le jardin d'un monastère européen. La manière dont il transporte les trois boutures de sa précieuse plante à travers l'Europe et les rencontres qu'il fait en chemin font de la première partie du roman un road-movie poétique...
Ce roman très inhabituel a un charme rare. Les moments, les sentiments, les idées, existent d'abord par une couleur, un parfum, une sensation...
Contrairement à ce que le lecteur a pu croire, la mythique roseraie existe et Lobbi la trouve dans un village perché. Commence alors la deuxième partie du roman, et une nouvelle vie pour le jeune jardinier, avec une chambre aux murs mauves, des dîners où on lui sert des anneaux d'encornet dorés et des flans à la vanille, et une amitié avec l'abbé Thomas, polyglotte et cinéphile, qui ne connaît de la vie et des femmes que ce que lui en a appris le cinéma.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 8 octobre 2010

En quelques chapitres, Rosa candida se révèle un roman de la félicité et de l'amertume, de l'évidence et de l'indécision. Plongé dans un environnement qui lui est tout à fait étranger, les oreilles pleines d'un patois qu'il ne comprend pas, incompétent à tous égards, Arnljótur se laisse guider à la fois par une contemplation épurée des choses, et par le bouillonnement de ses angoisses, de sa sexualité et de sa solitude...
Son cheminement poétique, spirituel et charnel, entre les couches de Flora Sol, le désir d'Anna, le jardin d'un monastère sous le soleil et le lent écoulement des souvenirs est aussi délicat que fragile. Incontestable réussite littéraire, Rosa candida démontre qu'une grande subtilité s'énonce parfois simplement. Sa gourmandise de détails et de petits événements, dont la beauté aussitôt fanée nourrit la mémoire des personnages comme du lecteur, est contagieuse.



  • Les premières lignes

Comme je vais quitter le pays et qu'il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman - quelque chose qu'elle aurait pu cuisiner en pareille occasion.
«J'ai pensé, dit-il, à de l'églefin pané à la poêle et ensuite une soupe au cacao avec de la crème fouettée.» Pendant que papa essaie de trouver comment s'y prendre pour la soupe au cacao, je vais chercher mon frère à son foyer dans la vieille Saab qui va sur ses dix-huit ans. Jósef m'attend depuis un moment, planté sur le trottoir et visiblement content de me voir. Il est sapé à bloc parce que c'est ma soirée d'adieu, il porte la chemise que maman lui a achetée en dernier, violette à motifs de papillons. Pendant que papa fait revenir l'oignon alors que les morceaux de poisson attendent, tout prêts, sur leur lit de chapelure, je vais dans la serre chercher les boutures de rosier que je vais emporter. Papa m'emboîte le pas, ciseaux à la main, pour couper de la ciboulette destinée à l'églefin et Jósef, silencieux, le suit comme son ombre. Il n'entre plus dans la serre depuis qu'il a vu les débris de verre causés par la tempête de février qui a réduit en miettes beaucoup de vitres. Il reste dehors, près de la congère, et nous suit du regard. Papa et lui portent le même gilet noisette avec des losanges jaunes.
«Ta mère mettait toujours de la ciboulette avec l'églefin», dit papa, tandis que je lui prends les ciseaux des mains et m'étire pour atteindre dans le coin de la serre la touffe toujours verte dont je lui tends une poignée. C'est moi le seul héritier de la serre de maman, comme papa me le rappelle régulièrement. Ce n'est pas qu'il s'agisse d'une culture de grande envergure comme trois cent cinquante pieds de tomate et cinquante plants de concombre qui se transmettraient de mère en fils; il ne s'agit en fait que de roses qui poussent toutes seules, sans qu'on ait besoin de s'en occuper spécialement, et peut-être de la dizaine de plants de tomate qui restent. Papa se chargera d'arroser en mon absence.
«Je n'ai jamais été porté sur les légumes, mon petit Lobbi, c'était le dada de ta mère. Moi, je pourrais tout au plus manger une tomate par semaine. À ton avis, à la récolte, ça va donner combien de fruits par plant ?
- Tâche de les donner, alors.
- Je ne peux tout de même pas frapper à tout bout de champ chez les voisins avec mes tomates.
- Et Bogga ?»


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