Le coeur régulier / Passion du livre

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.. Le coeur régulier

Couverture du livre Le coeur régulier

Auteur : Olivier Adam

Date de saisie : 23/09/2010

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782879297460

GENCOD : 9782879297460

Sorti le : 19/08/2010

en vente sur


  • Le message sonore
Un message sonore de Olivier Adam

Une courte lecture d'Olivier Adam



  • La présentation de l'éditeur

«Vu de loin on ne voit rien», disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là «si parfaite». Le coeur en cavale, elle s'enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d'un certain Natsume. En revisitant les lieux d'élection de ce frère disparu, Sarah a l'espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c'est sa propre histoire qu'elle va redécouvrir, à ses risques et périls.

Grâce à une écriture qui fait toute la place à la sensation, à l'impression, au paysage aussi bien intérieur qu'extérieur, Olivier Adam décrit les plus infimes mouvements du coeur et pose les grandes questions qui dérangent.

Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo. Il est l'auteur de nombreux livres dont Je vais bien, ne t'en fais pas, Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, À l'abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (Prix RTL/Lire 2009).





  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 23 septembre 2010

La construction du livre rappelle le ressac de l'océan  : ici et là-bas, présent et passé. Sarah est partie inconsciemment en quête d'elle-même. Le charme prenant de Coeur régulier tient à la découverte progressive du monde des sens par le personnage, au sein d'un pays inconnu qui le met entre parenthèses. Peu à peu, le contact, les odeurs, la caresse du vent parviennent à se faufiler dans ce corps, dans cette femme asséchée, quasiment morte, qui réorganise sa mémoire...
Il sait signifier en peu de mots choisis un milieu, les liens d'enfance si forts entre frère et soeur, la fragilité des dépossédés. Il impose une voix reconnaissable à un univers qui oscille entre le réalisme et une certaine forme d'expansion lyrique.


  • La revue de presse Anne Crignon - Le Nouvel Observateur du 9 septembre 2010

Sarah vient de perdre son frère. Comment se débrouillent ceux qui restent ? La question hante Olivier Adam dans «le Coeur régulier»...
Pas de sentimentalisme, un style âpre et ramassé, des phrases qui courent jusqu'au dénouement, Olivier Adam écrit contre le «refroidissement des âmes». La vie n'a aucun sens, il faut juste vivre. Il y a du Lawrence chez lui. Même panthéisme salvateur, la résurrection est toujours possible au contact de la nature - la mer houleuse n'est jamais loin. Même façon d'aborder autrui sans mise en scène de soi-même...
Tous les hommes tombent un jour ou l'autre. Olivier Adam raconte comment on se relève.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, septembre 2010

Olivier Adam explique avoir eu envie de parler "du Japon comme d'une sensation". D'un Japon qui n'est pas celui de Sofia Coppola, ni de Jean-Philippe Toussaint et encore moins celui d'Amélie Nothomb. Il a cherché à créer une "ambiance en demi-teintes" dans un roman qu'il voulait "brutal et apaisé à la fois". A creuser les contours d'une femme "qui s'est perdue de vue en prenant un chemin intime et social qui l'a déconnectée d'elle-même". Le personnage de Natsume est venu après la lecture du portrait de Yukio Shige en dernière page de Libération. Un ex-policier japonais (présent aussi brièvement dans Incident de personne d'Eric Pessan) officiant à Tojimbo, à 400 kilomètres au nord-ouest de Tokyo, au bord des falaises, où il tente d'éloigner les suicidaires du gouffre. Les fans d'Olivier Adam ne peuvent que croiser les doigts. Espérer que, cette année, les jurés Goncourt fassent le bon choix.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 27 août 2010

Le lecteur fidèle d'Olivier Adam sait que, d'un livre à l'autre, se poursuit à la fois l'exploration d'une langue et d'un territoire sentimental bien particuliers. Romancier de la mélancolie et de ses petits détails terribles, l'écrivain possède cette faculté rare de construire des cathédrales sur un fil, souvent fragile. Le Coeur régulier ne déroge pas à la règle, en prenant pour prétexte le désespoir et l'exil volontaire d'une femme loin de sa famille...
On a parfois reproché à Olivier Adam la trop grande fluidité de son écriture et la simplicité de ses intrigues. Des critiques rapides (voire absurdes), sans aucun doute, car la lecture de ce nouveau livre confirme que, chez lui, l'intrigue est dans la langue et dans le détail : sa fluidité est aussi évidente que complexe. De ce point de vue, Le Coeur régulier est exemplaire. Mieux : il est excellent.


  • La revue de presse Albert Sebag - Le Point du 26 août 2010

Qu'on se rassure, n'en déplaise à ses contempteurs, qui sont légion, Olivier Adam n'a jamais été aussi vivant et tous ses détracteurs vont enrager, en cette rentrée littéraire, tant son nouveau roman est étincelant, puissant et littérairement juste...
Vous allez ainsi découvrir un personnage extraordinaire, comme échappé des Ailes du désir, de Wenders. Natsume Dombori, "vêtu d'un pantalon gris et d'un coupe-vent noir, une casquette de base-ball vissée sur la tête", passe son temps à "surgir de nulle part" pour empêcher les désespérés de commettre l'irréparable au bord du précipice. Un ange aux yeux bridés qu'on ne pourra plus jamais chasser de sa mémoire. Oui, on vous le redit, du grand Adam.


  • La revue de presse Claire Lesegretain - La Croix du 25 août 2010

Un roman d'Olivier Adam, c'est d'abord un rythme, une respiration, du fait d'une écriture balancée et d'une construction en allers et retours. Cette fois-ci, les allers-retours se font entre la France et le Japon. Plus précisément, entre la région parisienne, où Sarah a vécu toute sa jeunesse chez ses parents, avec son frère Nathan, d'un an plus jeune qu'elle, et sa plus jeune soeur Clara, et un petit village du littoral japonais, non loin de Kyoto, où Sarah séjourne quelques semaines pour retrouver les traces de son frère, mort brutalement peu auparavant...
En se coulant ainsi dans la vie de ce frère instable, immature et contestataire, qu'elle a trop souvent délaissé ces dernières années par souci de respectabilité, Sarah va peu à peu se retrouver elle-même...
Avec ce septième roman, dont l'héroïne porte un prénom déjà rencontré sous sa plume, Olivier Adam explore d'une nouvelle manière le thème de la disparition cher à sa réflexion. Il accompagne avec la même délicatesse des destins abîmés et désorientés. Il leur tend des bouées dans leur désarroi et leur recherche de dignité, avec à l'horizon la possibilité de casser leurs habitudes, mais pas leurs rêves.



  • Les premières lignes

C'est une nuit sans lune et c'est à peine si l'on distingue l'eau du ciel, les arbres des falaises, le sable des roches. Seules scintillent quelques lumières, de rares fenêtres allumées, une dizaine de lampadaires le long de la plage, deux autres aux abords du sanctuaire, le néon d'un bar, un distributeur de boissons, myriade de canettes multicolores sous l'éclairage cru. Plus grand monde ne s'attarde à cette heure. La fin de l'été a ravalé les touristes, les dernières cigales crissent dans les jardins de la pension, nous sommes fin septembre mais il fait encore tiède. Par la baie entrouverte monte la rumeur du ressac. S'y mêlent le froissement des feuilles, le balancement des bambous, les craquements des cèdres. Les singes se sont tus peu après la tombée du jour, tout à l'heure ils hurlaient de panique, puis l'obscurité a tout recouvert et ils ont renoncé. Je rentrais des falaises par ce chemin sinueux que j'emprunte depuis déjà six jours. Sous la voûte des grands arbres où se croisaient les premières chauves-souris et les dernières buses, au milieu des fougères et des tapis de mousse, je longeais des lanternes déjà familières, des rosa rugosa encore fleuris des camélias aux feuilles luisantes, des érables encore verts, des maisons de bois par les fenêtres desquelles se devinaient des mobiliers à ras du sol, des cloisons de papier, l'écru blond des tatamis. Il n'était pas sept heures, mais déjà des repas s'y préparaient, répandaient leurs parfums moites de bouillon et d'algues, de thé vert et de soja. Trois gamins en tenue de base-ball me suivaient en bavardant, la batte sur l'épaule. Ils ont bifurqué dans mon dos sans que je m'en aperçoive, quand je me suis retournée il n'y avait plus personne, j'aurais aussi bien pu avoir été filée par des fantômes. Arrivée à la pension, je me suis installée près des fenêtres, accroupis autour d'une table en bois laqué nous n'étions que cinq à dîner, Katherine, moi-même et trois Japonais : un couple élégant et silencieux, tous deux vêtus de kimonos sobres et parfaitement coupés, visages aux traits si fins qu'on les aurait dits échappés d'un film, d'une photo. Et, légèrement en retrait, un homme d'une cinquantaine d'années, costume anthracite sur chemise claire, dont la bouche arborait en permanence une cigarette entièrement blanche. Il les sortait d'un paquet souple et bleu ciel et ne s'interrompait que pour avaler quelques bouchées ou boire une gorgée de bière d'une longueur inhabituelle, comme s'il tentait de vider son verre en un seul trait.


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