Le cuisinier / Passion du livre

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.. Le cuisinier

Couverture du livre Le cuisinier

Auteur : Martin Suter

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 23/08/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-267-02093-9

GENCOD : 9782267020939

Sorti le : 06/05/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Maravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle au Huwyler, un restaurant suisse "nouvelle cuisine" fréquenté par le monde de la presse et de la finance. Il est pourtant loin de n'être qu'une petite main : au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Devenu en Suisse un fin connaisseur de la cuisine moléculaire, il se lance, chez lui, dans des expériences sophistiquées pour retrouver les fumets de sa jeunesse. Lorsqu'Andrea, son ancienne collègue qui rêve de se mettre à son compte, lui propose qu'ils s'associent pour réaliser des dîners aphrodisiaques à domicile, Maravan hésite un temps, craignant de corrompre sa passion. Mais la nécessité de porter secours à sa famille l'emporte vite, le précipitant dans un écheveau d'expérimentations culinaires, de tractations avec des Tigres tamouls suspects, le tout sur fond de crise financière mondiale.

«Suter maîtrise l'art du détail juste qui crée un sentiment de vérité, de familiarité.» Isabelle Rüf, Le Temps

" Le cuisinier commence comme un délicieux et acerbe roman social parfumé de senteurs exotiques. Au fil du récit, le moraliste caché déploie les mailles de son filet narratif avec une élégance emprunte d'une telle nonchalance qu'en un rebondissement, aussi surprenant que brillant, le noeud coulant semble se refermer de lui-même. " (Süddeutsche Zeitung) "

Né à Zurich en 1948. Publicitaire à Bâle, Martin Suter multiplie les reportages pour Géo, devient scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt, écrit des comédies pour la télévision. Il vit entre la Suisse, l'Espagne et le Guatémala.
Small world a obtenu le prix du Premier Roman, catégorie «romans étrangers».





  • La revue de presse Emilie Grangeray - Le Monde du 25 juin 2010

Sexe, épices et trafic d'armes : telle est la recette - parfaitement réussie - élaborée par Martin Suter. Après Small World (Christian Bourgois, 1998), thriller remarquablement bien mené qui lui apporta le succès, certains lecteurs avaient été déçus par les livres suivants du romancier suisse allemand. Ce ne devrait pas être le cas avec cet ouvrage remarquablement documenté, au rythme enlevé et appétissant...
Et, tout en nous faisant saliver sur les arômes de l'Inde du Sud et du Sri Lanka, l'écrivain parvient à nous livrer une juste observation de notre monde actuel.


  • La revue de presse Philippe Delaroche - Lire, juin 2010

Un jeune réfugié tamoul, expert en nourriture ayurvédique : une vision du monde entre Occident et Orient...
D'Aristophane à Shakespeare et de Molière à Feydeau, qui dit comédie ne signifie pas Grand-Guignol. C'est affaire de générosité, d'intelligence et d'audace. L'écrivain zurichois en fait la démonstration depuis Small World(prix du Premier Roman étranger 1998)...
Usant de l'"effet papillon" du romancier, l'écho hic et nunc d'un événement passé ou lointain, Martin Suter montre combien, loin d'être étanche, tout microcosme, même exotique, est un point d'échange avec une foultitude d'autres points du grand tout, parfois improbables. Il en administre une nouvelle preuve avec Le cuisinier, son huitième ouvrage...
Tout arrive à table, la comédie comme le drame. Décent, Suter garde ses larmes ; généreux, il fait partager les rires.


  • La revue de presse Guillaume Goubert - La Croix du 16 juin 2010

Un livre peut aborder des thèmes scabreux sans jamais verser dans le graveleux. C'est le cas de ce Cuisinier. Il suffit à ce stade de mentionner la spécialité du chef : la cuisine aphrodisiaque. Le grand talent de Martin Suter est d'en faire le ressort d'une intrigue captivante tout en nous faisant éprouver certaines des plus grandes tensions de notre époque : l'argent triomphant, les trafics d'armes, les guerres oubliées, les travailleurs clandestins trimant derrière les façades luxueuses de nos villes européennes...
Le Cuisinier n'est pas seulement un livre à rebondissements dont on tourne les pages impatiemment. Derrière les péripéties bien agencées, derrière le tableau aigu de notre époque, il y a aussi une réflexion morale. Comment rester fidèle à soi-même et ne pas trahir ses convictions lorsque le cynisme de l'argent l'emporte et que la violence se déchaîne ? Maravan trouvera son chemin.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, mai 2010

Des toques et des recettes, il y en a beaucoup dans Le Cuisinier, un polar culinaire parfumé de senteurs exotiques...
Des salons feutrés de Zurich aux maquis orientaux où gronde la révolte tamoule, l'auteur d'Un ami parfait tisse un long suspense en mêlant gingembre et odeur de sang, éros et thanatos, guerre civile et Kama-sutra. Un cocktail explosif et néanmoins savoureux, à la sauce Suter : miel et fiel dans la même assiette.


  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 13 mai 2010

Froid ou chaud, la vengeance est un plat qui se mange - et qui se cuisine...
On croirait, à la température, à la consistance et au goût près, que Martin Suter décrit ici son travail d'écrivain. Il métamorphose une vie promise au misérabilisme en un réjouissant épanouissement. «Les cuisiniers aussi ont une conscience.» Le roman est assurément solidaire de celle de son personnage quand il s'agit enfin de choisir la victime de son intrigue...
Quelque chose d'irrésistiblement émouvant s'attache à Maravan tout au long du roman. Dans son portrait de l'artiste en cuisinier, Suter n'a pas à craindre de sentir l'artiste en lui «négligé», comme son personnage.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 12 mai 2010

La tournure romanesque que Martin Suter donne au destin de Maravan lui ouvre une large palette de registres et de tons. Tableau social d'une société occidentale en crise et sur la défensive, Le Cuisinier s'offre aussi à lire comme un roman d'apprentissage teinté de mélancolie, mais encore comme une fable à portée morale dont l'art culinaire, tout de précision et de sensualité, serait le motif métaphorique central. Et même, pourquoi pas, ultimement, comme un thriller géopolitique ? C'est dans l'ouverture à cette richesse d'interprétations que réside l'art de l'habile Martin Suter (né en 1948), auteur au talent protéiforme dont le succès international, surgi dès son premier roman - le très beau Small World -, ne s'est depuis lors pas démenti.


  • La revue de presse Minh Tran Huy - Le Magazine Littéraire, mai 2010

Tout comme son personnage, l'auteur maîtrise à merveille les textures et les matières, les saveurs et les parfums ; il sait choisir, doser et mélanger les ingrédients adéquats, «transformer des produits bruts en produits finis». Interrogé sur ses ambitions par une compatriote, Maravan, pris au dépourvu, tient ce discours en forme de profession de foi : «Je veux aller plus loin. Continuer à métamorphoser ce qui l'a déjà été. [...] Je veux... (Il chercha les mots justes.) Je veux faire du neuf avec du familier. Quelque chose de surprenant avec de l'attendu.» C'est bien sûr la définition même de la manière Martin Suter, l'homme qui écrit ce qu'il aime lire - l'artiste qui se dissimule, en souriant, derrière la modestie et le savoir-faire de l'artisan.



  • Les premières lignes

Mars 2008

- Maravan ! Siphon !
Maravan posa d'un geste rapide le couteau affûté à côté des fines lamelles de légumes, se rendit à l'armoire chaude, y prit le siphon en acier inoxydable et l'apporta, avant qu'il ne refroidisse, à Anton Finie.
Le siphon contenait la pâte du sabayon à l'ail des ours que l'on servait avec les maquereaux marinés.
Avant même qu'il n'ait atteint la table, la pâte serait retombée, Maravan en aurait mis sa main au feu. Il avait vu Fink, le spécialiste de cuisine moléculaire, utiliser de la gomme xanthane et de la farine de caroube. Au lieu de xanthane et de farine de guar, comme il convenait pour les mousses chaudes.
Il déposa le siphon sur le plan de travail, devant le cuisinier qui attendait avec impatience.
- Maravan ! Julienne !
Cette fois, c'était la voix de Bertrand, l'entremétier, à la demande duquel il était censé préparer la julienne. Maravan revint en vitesse à sa planche de bois. En quelques secondes, il eut fini de découper le reste des légumes - Maravan était un virtuose du couteau - et les apporta en lamelles à Bertrand.


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