Femmes d'Afrique : bâtisseuses d'avenir / Passion du livre

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.. Femmes d'Afrique : bâtisseuses d'avenir

Couverture du livre Femmes d'Afrique : bâtisseuses d'avenir

Auteur : Collectif

Date de saisie : 14/05/2010

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782915293630

GENCOD : 9782915293630

Sorti le : 23/04/2010

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un livre-temoignage constitué de 73 portraits de femmes de 31 pays d'Afrique.
Certaines sont des inconnues travaillant dans l'ombre, d'autres dans la lumière des médias. Chacune a confié ce que fut son éducation, la prise de conscience de son engagement, mais aussi les obstacles qu'elle a dû surmonter. Elles ont aussi parlé de leurs désirs profonds de femmes.

Elles arpentent des chantiers aussi divers, que la lutte contre les discriminations, l'éducation, la santé pour tous. Elles s'impliquent dans le mouvement social, posent des actes de résistance, bousculent les préjugés, font des choix courageux qui engagent parfois leur vie.

Créatrices, elles utilisent l'image, l'écriture, le pinceau ou les paroles de chansons pour éveiller les consciences, dénoncer les dérives ou faire tomber les tabous.

Elles ont un dénominateur commun : le refus de la résignation.

Elles symbolisent ces millions d'Africaines, actrices du quotidien et bâtisseuse de l'avenir de leur communauté, de leur Pays et du continent tout entier. C'est à elles que ce livre est dédié.

En 2005 l'AFASPA a réalisé le livre «Elles font bouger l'Afrique».
La belle pléiade de portraits d'Africaines a suscité un grand intérêt auprès de nos lecteurs. Après une première réédition aujourd'hui épuisée, la demande de cet ouvrage reste constante. Nous n'avons pas souhaité le reproduire tel quel. Il a un nouveau visage, un nouveau nom tout en préservant la présentation originale de sa maquette. Des portraits individuels et de collectifs de femmes l'ont enrichi, des textes ont été actualisés, d'autres ajoutés. Ainsi il nous a paru important de faire connaître le Protocole des droits des femmes en Afrique intégré depuis novembre 2005 à la Charte des Droits de l'homme et des peuples en Afrique et de mettre à jour la liste des États qui l'ont ratifié. Il a aussi changé de titre.

Le travail suscité par ce livre et la richesse des rencontres avec de nombreuses Africaines ont débouché sur la nécessité de développer les thématiques abordées. Une exposition a été réalisée en collaboration avec plusieurs femmes de cet ouvrage. Elle s'intitule «Devenir de femmes, avenir d'Afrique» et fut présentée au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba de Bamako lors du 4e Forum Social Mondial qui s'est tenu au Mali en février 2006. Elle circule actuellement en France dans les bibliothèques, les centres culturels et les comités d'entreprises. C'est l'occasion de riches débats sur les droits des femmes dans les sociétés d'Afrique, mais également dans le monde car c'est bien là un sujet universel.





  • Les premières lignes

LA RECONNAISSANCE DES DROITS DES AFRICAINES

Leur ténacité a abouti. L'Union Africaine a adopté le Protocole des Droits des femmes en Afrique en juillet 2003 qui a intégré la Charte des droits de l'Homme et des Peuples en 2005. Cet instrument juridique est le fruit de décennies de luttes. Il donne des perspectives d'émancipation à la moitié de la population du continent, reconnaît «le rôle crucial des femmes dans la préservation des valeurs africaines et condamne toute forme de violences verbales ou physiques, qu'elles aient lieu dans la sphère privée ou publique, en temps de paix ou en situation de conflit, notamment toute forme de mutilation génitale... de rapports sexuels non désirés». Il institue l'égalité des partenaires dans le mariage dont l'âge minimum est fixé à 18 ans pour les filles et préconise «l'élimination de toute pratique culturelle et traditionnelle néfaste, fondée sur l'idée d'infériorité ou de supériorité de l'un ou de l'autre sexe ou sur les rôles stéréotypés de la femme et de l'homme». Il prévoit l'égale protection devant la loi, ainsi que la participation au processus politique et de décision. Il engage les États «à protéger la petite fille contre toute forme d'abus, y compris le harcèlement sexuel».

Dans la représentation traditionnelle, la femme africaine symbolisait la fécondité et la survie de la communauté. Des femmes détenaient un pouvoir de prêtresse dans les cultes de la fertilité. Quand les communautés vivaient de cueillette et de chasse, le statut des femmes leur reconnaissait des rôles sociaux, certaines devenaient chef, guide spirituel ou religieux. Certaines furent de redoutables chefs d'armées. Leurs droits étaient protégés par une adhésion sociale, des normes et des valeurs, ainsi que par des croyances et des mythes religieux.

La production de biens a conduit à la division du travail suivant le sexe et l'âge dans laquelle les femmes furent dominées par les hommes qui bénéficièrent de la transmission des biens. Plus tard, pouvoir colonial et religions importées ont récupéré et approfondi ce principe. Traditions modifiées, Code civil, Code de la famille, ont contribué à placer les Africaines dans un statut d'infériorité, tant dans le domaine public que privé.

Aujourd'hui, des 54 pays du continent elles crient leur refus de la misère et des violences dans les conférences internationales comme à Pékin en 1995 et dans la Marche Mondiale des Femmes. Avocates, magistrates, juristes, syndicalistes, militantes associatives, ont grandement contribué aux avancées législatives de certains pays. Leurs associations les font connaître à celles qui n'ont pas eu accès au savoir et soutiennent l'accès à la Justice des femmes dont les droits sont bafoués. On le constate au Bénin, au Botswana, au Burundi, au Maroc où la Moudawana reste «ignorée» de certains magistrats. Ces féministes luttent pour faire évoluer les mentalités. En Algérie elles ont courageusement manifesté contre la régression de leurs droits en 1984 quand le Code de la famille les a faites mineures à vie.

Mais les freins à l'évolution progressiste et aux droits des femmes existent aussi parmi les femmes. Au nom d'une tradition que certaines contribuent à figer, à l'ignorance de celles qui n'ont pas eu accès à l'éducation ou sont militantes de l'obscurantisme religieux, à la jalousie de certaines «grandes dames» qui tentent de décourager les «bâtisseuses d'Afrique» et discréditent les candidates aux élections...

Sur le grand continent comme de par le monde, il faudra beaucoup de détermination aux femmes et aux hommes de progrès pour bousculer les mentalités et les privilèges masculins. Le Protocole des droits des femmes en Afrique ouvre des perspectives de développement sans précédent : sa mise en oeuvre aura des effets émancipateurs pour toute la société et pour l'avenir du continent, ainsi que l'espérait Thomas Sankara : La libération de la femme est une exigence du futur, et le futur, camarades, est partout porteur de révolutions. Si nous perdons le combat pour la libération de la femme, nous aurons perdu tout droit d'espérer une transformation positive supérieure de la société. Notre révolution n'aura donc plus de sens. Et c'est à ce noble combat que nous sommes tous conviés, hommes et femmes.


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