Sphères. Volume 2, Globes / Passion du livre

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.. Sphères. Volume 2, Globes

Couverture du livre Sphères. Volume 2, Globes

Auteur : Peter Sloterdijk

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 15/04/2010

Genre : Philosophie

Editeur : Maren Sell éditeurs, Paris, France

Prix : 29.00 €

ISBN : 9782355800122

GENCOD : 9782355800122

Sorti le : 04/03/2010

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  • La présentation de l'éditeur

Le livre Comme les autres volumes de sa trilogie Sphères, Peter Sloterdijk a pourvu Globes d'une abondante iconographie. Deux de ces images, dont le contenu et la forme sont largement commentés dans son texte, jouent un rôle majeur : celle de l'Atlante écrasé par le poids du globe terrestre (reproduite en couverture), et celle des philosophes réunis autour d'une sphère sur la mosaïque de Torre Annunziata. Autour de ces deux figures s'articule le changement radical de conception de la forme sphérique : la boule ? simple entité habitée et pesante ? et le globe ? incarnation même du principe du monde. Et c'est cette mutation que raconte ici Sloterdijk, avec son brio de conteur habituel.
Il nous conduit ainsi de la pensée antique à la philosophie contemporaine en passant en revue les différents stades qu'a parcourue la boule comme figure optimiste de la perfection, comme émanation d'un centre divin, et enfin comme principe philosophique du monde. La géométrie mène à l'étude de la boule réelle ? le globe terrestre, mais aussi le ciel et ses multiples " écorces ". Et cette étude de la boule mène à son tour, par la géométrie et la philosophie, avec Platon, à l'idée qu'il est possible de produire un monde idéel que l'on peut parfaitement considérer et traiter comme un monde réel. De là naîtra toute la philosophie médiévale, mais aussi la révolution de la conception du monde opérée notamment par Nicolas de Cues, Copernic et Giordano Bruno ? le passage du " monde clos à l'univers infini ". Ce deuxième volume de Sphères nous livre ainsi une histoire de la philosophie comme histoire des bouleversements dans la conception du monde sphérique.
Mais Peter Sloterdijk nous offre aussi avec Globes un impressionnant ouvrage d'histoire des rapports humains. Qu'il traite du lien entre le Soi et l'autre intime ? illustrée par exemple par les Confessions d'Augustin ou l'épopée de Gilgamesh ?, de la construction de la ville derrière des murailles disproportionnées dans la Mésopotamie antique, ou autour du cloaque dès les premières cités sédentaires, de la construction du Panthéon romain et de Saint-Pierre de Rome, il nous entraîne dans un voyage immense et passionnant à travers le monde et les époques, au gré de la position qu'y occupe le centre de la sphère.
L'auteur Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Il est notamment l'auteur de Sphères I ? Bulles (Pauvert, 2002), Ni le soleil, ni la mort (Pauvert, 2002), et chez Maren Sell Éditeurs : Sphères III ? Écumes (2005), Le Palais de cristal (2006), Derrida, un égyptien (2006), Colère et Temps (2007).

Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Il est notamment l'auteur de Sphères I - Bulles (Pauvert, 2002), Ni le soleil, ni la mort (Pauvert, 2002), et chez Maren Sell Éditeurs : Sphères III - Écumes (2005), Le Palais de cristal (2006), Derrida, un égyptien (2006), Colère et Temps (2007).





  • La revue de presse Nicolas Weill - Le Monde du 16 avril 2010

Les controverses que suscitent, à intervalles réguliers, les écrits foisonnants de Peter Sloterdijk donnent souvent envie de tenir un ouvrage de ce philosophe très médiatisé sur lequel on pourrait s'écrier finalement : "ah ! c'était donc cela !". Encensée ou diabolisée, l'oeuvre du recteur de l'Université des arts et du design de Karlsruhe (Allemagne) navigue depuis quinze ans entre des polémiques qui ont cette vertu d'obliger les plus réticents de ses critiques à s'occuper de lui...
La volumineuse trilogie des Sphères, dont le premier et le dernier volume sont parus en français (respectivement Bulles, chez Pauvert, en 2002, et Ecumes, chez Maren Sell, en 2005), est censée représenter l'esprit de profondeur de la démarche. Elle est servie par une langue magnifique, un génie de l'invention conceptuelle et, ici, une traduction particulièrement réussie.



  • Les premières lignes

Extrait du prologue

Idylle intensive

«On lui demandait un jour pourquoi il était né. Il répondit : "Pour observer le soleil, la lune et le ciel."»
Diogène Laërce, «Anaxagore».

«Mais l'âme est aussi nostalgie, et l'éternelle nostalgie de l'âme va toujours à l'espace.»
Max Bense, Raum und Ich.

Sept hommes d'un certain âge dans un paysage idéalisé, non loin d'une ville grecque, peut-être Acrocorinthe, peut-être Athènes, sûrement pas Sparte.
Ces messieurs, tous barbus, sont rassemblés sous un arbre et conversent, près d'un bois sacré dont l'entrée est indiquée par des piliers ; sur la poutre transversale, des récipients bombés contiennent des offrandes.
Tout dans cette scène témoigne de l'état d'exception : le lieu n'est pas un lieu quelconque ; les propos qu'on y tient ne le sont pas non plus. Visiblement, l'animation qui s'est emparée des personnes rassemblées ici tient à l'acuité du thème évoqué. L'homme debout à gauche vient d'achever son plaidoyer, celui qui préside y apporte une brève réponse en désignant la boule avec son bâton, et une sorte d'étonnement se répand parmi l'assemblée. Tout laisse penser qu'une idée fait la ronde et les traverse à la manière d'une attaque. Il y a dans l'air un certain affolement ; on a même du mal à se défaire de l'impression que la fascination de la dispute a laissé place, à cet instant, à une consternation commune. Une réflexion d'une hardiesse effrayante est vraisemblablement apparue et s'impose aux hommes assemblés avec la force de ce qui surgit pour la première fois. Rien n'interdit de s'imaginer qu'il s'agit de l'instant où du jamais osé, du jamais pensé, du jamais tenu possible sous cette forme prend possession, d'une manière pratiquement pathologique, des interlocuteurs. Dans cette dotta conversazione, l'instant fécond a surgi. La rhétorique s'est transformée en pensée ; s'élevant du discours gratuit, des idées capables d'embrasser le monde prennent leur vol. Une évidence sans précédent captive l'intelligence des personnes présentes.


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