Auteur : Pierre Basset
Date de saisie : 17/10/2009
Genre : Art - Peinture
Editeur : Un certain regard éditions, Flassans-sur-Issole, France
Prix : 100.00 €
ISBN : 978-2-9531498-0-7
GENCOD : 9782953149807
Sorti le : 30/06/2009
C'est à la fin des années 80, en flânant dans les galeries parisiennes qu'un petit tableau du peintre Cara-Costea allait changer ma vie. La découverte, à travers cette oeuvre, de la vraie peinture, celle que l'on appréhende avec le coeur et non avec l'intelligence, allait me bouleverser. A partir de ce jour je décidai de consacrer tout mon temps à la Jeune Peinture, à la faire reconnaître, à faire redécouvrir ce pan entier de l'art totalement oublié. Ce livre en est l'aboutissement. Dix années de travail auront été nécessaires avec des recherches minutieuses à la Bibliothèque Nationale de France. Plus de 200 citations d'époque appuient mes propos. Un livre d'art se juge aussi à la qualité de ses reproductions et je voudrai ici signaler l'attention particulière qui a été accordée à chaque reproduction pour qu'elle soit le reflet exact du tableau. Merci à tous ces prêteurs qui ont accepté de confier leurs tableaux et merci au photograveur de bien avoir voulu recevoir ces tableaux souvent immenses pour que la chromie soit respectée. Ce livre fut donc un travail de titan. Il n'aurait pu être réalisé sans le concours de ma compagne Florence Condamine qui partage avec moi cette même passion pour la Jeune Peinture. Notre plus grande satisfaction a été l'émotion ressentie par les quelques peintres encore vivants ayant appartenu à ce mouvement et qui, suite à la lecture de ce livre, nous ont gratifiés de leur avoir fait revivre avec émotion ces beaux moments de leur jeunesse.
Pierre BASSET
Dans les années cinquante règne un grand trouble artistique. Au travers des remises en question qui caractérisent l'époque, naît un des mouvements les plus importants de l'après-guerre, celui de la Jeune Peinture. Mouvement massif, il réunit autour de son nom près d'un millier de peintres qui s'opposent aux schémas cérébraux des maîtres de la modernité. De rares individualités tels Bernard Buffet, Guerrier, Bernard Lorjou, André Minaux, Pollet, Rebeyrolle ou Michel Thompson composent la substantifique moelle, la colonne vertébrale, de cette nouvelle vague. Replaçant l'homme au centre de la peinture et rétablissant la permanence des choses, la Jeune Peinture s'impose comme une des plus grandes révoltes picturales du XXe siècle. Ce livre en retrace l'épopée.
Né en 1961, diplômé de l'I.A.E. Paris-Sorbonne, Pierre Basset se consacre depuis près de vingt ans à la Jeune Peinture.
À partir de 1995, il organise avec sa compagne, Florence Condamine, de nombreuses expositions sur le sujet. Parmi elles, citons les importantes rétrospectives des peintres Claude Venard en 1995, Guerrier en 1996, Bernard Lorjou en 1997, Heaulmé en 1998, Michel Thompson en 1999, Pollet en 2000, André Minaux en 2001, Roger Lersy en 2003, Michel de Gallard en 2004, et les expositions thématiques suivantes : Autour du nu en 2001, Intérieurs - Extérieurs en 2002, Partie de campagne en 2003, La Nature morte dans les années cinquante en 2006, Fragments de vie en 2007 ou Paysages de France en 2008.
Pierre Basset et Florence Condamine préparent actuellement les catalogues raisonnes de l'oeuvre peint d'André Minaux et de Michel Thompson.
Un musée virtuel de la Jeune Peinture est consultable sur le site : www.jeune-peinture.com
Extrait de l'avant-propos
Les années cinquante sont un moment charnière de l'histoire de l'art moderne. À cette époque, Paris en est la capitale incontestée. Le monde entier s'y presse. On y construit la modernité. Descartes règne en maître. À l'image de la recherche scientifique, la peinture se place dans une logique de progrès. Elle devient un grand laboratoire. On y explore des voies nouvelles. On découvre. On se spécialise dans la forme, la couleur, la matière. La peinture se voit dépouillée de toute dimension humaine. Elle n'est plus révélatrice de ce que Martin Heidegger nomme «la clairière de l'être», cette présence qui est de tout temps et qui se situe dans l'exacte certitude du vif de l'instant. La conséquence en est une perte d'universalité au profit d'un scientisme pictural qui s'érige alors en avant-garde. L'art abstrait entre naturellement dans cette dialectique et devient l'unique sésame de cette poursuite vers un absolu fixé par la raison.
Dans ce contexte obligé, de jeunes peintres vont se rebeller et refuser de se soumettre à ce diktat. Marqués par les horreurs de la guerre, ils vont chercher à réhumaniser la peinture. Ils se posent en témoins de leur époque et évincent de leurs oeuvres toute gratuité esthétique, toute intellectualisation, toute volonté d'outrepasser le vrai. Ils retrouvent une peinture totale, universelle, humaine. Comprendre est pour eux un barbarisme. Il s'agit de sentir, de faire sentir, d'être sans concession, de laisser parler une rudesse généreuse qui, ni ne flatte, ni ne brutalise. Ils réfutent cette liberté de «non-parole» qu'est l'abstraction, cette froide esthétique qui refuse la vie. Ils veulent «vivre la peinture» et, à travers elle, témoigner de leur quotidien, magnifier la beauté d'un simple objet, parler de l'existence dans ce qu'elle a d'essentiel, rétablir la permanence des choses.
De cette rage de peindre naît un des plus importants mouvements du XXe siècle. Près d'un millier de peintres y adhèrent. Ils se regroupent sous le terme Jeune Peinture et créent leur propre salon. Il est le fer de lance de leur insoumission. Mouvement massif, il s'impose par la présence en son sein de rares individualités tels Bernard Buffet, Guerrier, Bernard Lorjou, André Minaux, Paul Rebeyrolle ou Michel Thompson. Ils composent la substantifique moelle, la colonne vertébrale, de cette nouvelle vague.
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