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La vérité sur la crise financière

Couverture du livre La vérité sur la crise financière

Auteur : George Soros

Traducteur : Nicolas Wronski

Date de saisie : 23/09/2008

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Impacts

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-207-26088-3

GENCOD : 9782207260883

Sorti le : 11/09/2008


  • La présentation de l'éditeur

La crise des subprimes et l'éclatement de la bulle immobilière sont-ils les premiers symptômes de la plus grave crise économique que le monde ait connue depuis 1930 ?
George Soros en est persuadé. C'est donc l'urgence de réagir qui a dicté ce livre, véritable bréviaire anticrise. Les racines du mal remontent aux années 80 et au triomphe du fondamentalisme de marché. La Vérité sur la crise financière démontre combien ce modèle est dangereux et trompeur.
En détaillant point par point le déroulement de la crise, George Soros rend enfin compréhensible l'enchaînement d'erreurs qui a abouti à la situation actuelle. Fort de son expérience des marchés et avec un vrai talent de pédagogue, il donne une explication limpide du mécanisme de la crise et de ses implications.
Dans la lignée des tendances les plus novatrices de la théorie économique, il accorde ainsi une place fondamentale à l'influence des anticipations et des présupposés des acteurs financiers sur l'évolution des marchés. Bien souvent, les modèles économiques négligent presque entièrement la faillibilité des spéculateurs mais aussi des régulateurs, d'où les errements actuels.
Analyse clairvoyante et incisive de la crise actuelle, regard à la fois profond et critique sur les fondements mêmes du système capitaliste : c'est bien l'un des meilleurs connaisseurs du système financier international qui nous explique ici de quoi demain sera fait.

George Soros est le président du Soros Fund Management et le fondateur d'un réseau mondial de fondations philanthropiques intervenant notamment dans le domaine des droits de l'homme. Connu pour ses prises de position iconoclastes, il est l'auteur de plusieurs best-sellers sur l'économie et la finance mondiales.





  • La revue de presse Claire Gatinois - Le Monde du 19 septembre 2008

A 78 ans, George Soros semble avoir, enfin, l'occasion de démontrer la pertinence de sa thèse. Le milliardaire américain, qui assume tout autant son statut de "philosophe raté" que de spéculateur averti, estime que la crise financière qui sévit depuis plus d'un an illustre son idée iconoclaste que les marchés sont pervers. Que deux phénomènes dominent la vie économique : la recherche de vérité et celle qui tente de la manipuler. Que la seconde biaise la première, provoquant aussi bien l'euphorie des marchés que leurs descentes aux enfers...
Parti de Hongrie à 15 ans, diplômé de la London School of Economics à 22 ans, millionnaire à moins de 40 ans, M. Soros donne dans son ouvrage un peu de hauteur aux débats sur le désordre économique occidental. En dépit d'un vocabulaire parfois technique, l'écriture est appliquée, concrète, mais aussi accusatoire. George Soros fustige la finance sophistiquée, dénonce les crédits subprimes délivrés par des banquiers avides, les prêts "Ninja" trappe du surendettement, ou les crédits "Alt-A", encore appelés, des "prêts pour menteurs".



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Nous sommes au coeur de la plus grave crise finan­cière qui se soit produite depuis les années 1930. Elle ressemble à certains égards à d'autres crises qui se sont succédé au cours du dernier quart de siècle, mais elle est profondément différente. Elle marque la fin d'une ère d'expansion du crédit fondée sur le dollar comme monnaie de réserve internationale, alors que les précédentes crises faisaient partie d'un cycle boom-bust (expansion-contraction) plus large. Elle est le pic d'un «super-boom» qui a duré plus de vingt-cinq ans.
Nous avons besoin, pour comprendre ce qui est en train de se passer, d'un nouveau paradigme. Celui qui prévaut actuellement, et qui veut que les marchés finan­ciers tendent vers l'équilibre, est erroné et trompeur. Nos difficultés actuelles tiennent dans une large mesure au fait que le système financier international s'est construit sur cette base.
Le nouveau paradigme que je propose ne se limite pas aux marchés financiers : il met en jeu la relation même entre pensée et réalité. Il affirme que les idées fausses et les erreurs d'interprétation jouent un rôle majeur dans l'évolution du cours de l'histoire. J'ai commencé à développer ce cadre conceptuel lorsque j'étais étudiant à la London School of Economies - bien avant, donc, de m'occuper de marchés financiers. J'ai été très influencé, comme je l'ai écrit dans mes précédents livres, par la philosophie de Karl Popper,ce qui m'a amené à contester les postulats sur lesquels est fondée la théorie de la concurrence pure et parfaite, et en particulier le postulat de la connaissance parfaite. J'ai pris conscience de ce que les acteurs du marché sont incapables de fonder leurs décisions sur la seule connaissance, et que leurs perceptions biaisées sont susceptibles d'influencer non seulement les prix de marché, mais aussi les «fondamentaux» que ces prix sont censés refléter. J'ai souligné que la pensée des acteurs a une double fonction. D'un côté, ils s'efforcent de comprendre la situation dans laquelle ils se trouvent ; c'est ce que j'ai appelé la fonction cognitive. De l'autre, ils s'efforcent de changer cette situation ; c'est ce que j'ai appelé la fonction participative ou manipulatrice. Ces deux fonctions opèrent en sens inverse l'une de l'autre et peuvent, dans certaines circonstances, interférer l'une avec l'autre. J'ai donné à cette interférence le nom de réflexivité.
Depuis mes débuts, j'applique ce cadre conceptuel aux marchés financiers. Il m'a permis de mieux com­prendre les cycles boom-bust, ces processus cumulatifs à leur début et autodestructeurs à leur fin, et cette compréhension m'a été très précieuse dans mes activités de gestionnaire de hedge fund. J'ai exposé la théorie de la réflexivité dans un livre, L'Alchimie de la finance. Le livre a eu ses adeptes et même ses inconditionnels, mais la théorie elle-même n'a pas été prise au sérieux dans les milieux universitaires, au point que j'ai moi-même nourri des doutes quant à l'originalité et à la portée de mon propos. Je m'attaquais, en effet, à l'une des questions philosophiques fondamentales, à l'une de celles qui ont été le plus étudiées, et sur lesquelles tout a probablement déjà été dit. Ma théorie n'en demeure pas moins quelque chose de très important pour moi. Elle m'a aidé aussi bien à gagner de l'argent comme spéculateur qu'à le dépenser comme philanthrope, et elle est devenue constitutive de mon identité.


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