La ligne pourpre / Passion du livre

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.. La ligne pourpre

Couverture du livre La ligne pourpre

Auteur : Wolfram Fleischhauer

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 17/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Pocket, Paris, France

Collection : Pocket. Best, n° 13015

Prix : 7.60 €

ISBN : 978-2-266-16343-9

GENCOD : 9782266163439

Sorti le : 17/01/2008

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

La Renaissance touche à sa fin. Henri IV s'est emparé d'une France épuisée et déchirée par les guerres de Religion. Il s'apprête à épouser Gabrielle d'Estrées, sa maîtresse, qui porte son enfant et qu'il aime follement, alors qu'on lui destine Marie de Médicis et sa fabuleuse dot. Mais Gabrielle meurt brutalement quelques jours avant le mariage et ce décès transforme un amour légendaire en l'une des plus étranges énigmes de notre Histoire. Empoisonnement ? Vengeance de femme ? Complot politique ? Et si la clé se trouvait dans ce tableau aussi célèbre que mystérieux où l'on voit une jeune femme pincer le sein de Gabrielle ? En déchiffrant tous les motifs, personnages et symboles de la toile du Louvre, un jeune universitaire avance vers la vérité. Il s'en approche. Il brûle...

«Sous une forme romanesque,Wolfram Fleischhauer se penche avec talent sur une énigme oubliée.»
Evelyne Lever - Madame Figaro





  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

Hier j'ai revu son portrait.
Dans la pénombre, faiblement éclairée par la lumière tamisée du musée, elle regarde sans me voir la salle qui s'étend derrière moi.
Située à ma droite, elle paraît encore plus immobile que le tableau lui-même, d'où tout mouvement a fui. Elle tient la tête bien droite au-dessus de son corps dénudé et crayeux, illuminé par un puissant éclairage latéral. Sous ses cheveux coiffés en hauteur, à la manière d'une perruque, son visage exprime l'étonnement ; un instant plus tard on aurait peut-être pu y lire une émotion, mais le peintre n'a pas voulu nous la montrer. La petite bouche, comme dessinée pour le baiser - mais il s'agit là encore d'un souhait que notre regard complète au fil de sa quête -, est du même rouge que les lourds rideaux repoussés en plis volumineux vers le bord du tableau, rappelant une scène de théâtre que l'on viendrait de dévoiler. Une perle en forme de larme orne l'anneau d'or qu'elle porte à l'oreille ; de là, une ombre allongée passe par l'épaule et le bras, pour descendre jusqu'à la main gauche. Le bras, plié à l'horizontale à hauteur du nombril, repose sur le rebord garni de tissu d'une baignoire en pierre dans laquelle se tient la femme. Devant, sa main gauche est comme suspendue, un geste qui n'a que l'apparence du refus. En réalité, sa main nous montre quelque chose : entre le pouce et l'index se trouve une bague en or enchâssant un saphir. Mais comment la tient-elle ? À peine au contact de l'éminence des doigts, l'anneau semble être seulement saisi par les ongles, avec d'infinies précautions, comme si l'or était trop chaud ou le saphir empoisonné. Nous cherchons une explication, peut-être dans la main droite, mais celle-ci pend mollement sur le bord de la baignoire, le petit doigt étrangement écarté.
Juste au-dessus des doigts qui tiennent la bague, nous voyons la pointe du sein, couleur noisette, de la femme au bain. Nous croyons alors comprendre aussi l'expression énigmatique de son visage, une première intuition traverse notre esprit, car le pouce et l'index d'une autre main tentent d'attraper ce mamelon comme pour en extraire une épine. Ces doigts sont longs et fins, mais d'un rouge terre de Sienne, une couleur incomparablement plus chaleureuse que celle des membres laiteux de la dame qui tient l'anneau. Et de nouveau cette intuition s'insinue en nous, comme une pensée qui reculerait devant les mots. À moins que notre imagination ne nous joue des tours ?
Deux femmes se tiennent là. Sans têtes, les deux sil­houettes sont parfaitement équivalentes, deux bustes nus dans une baignoire, reliés par le jeu des mains, la droite reposant sur le rebord tandis que la gauche serre du bout des doigts une bague pour la première, le bout du sein pour la seconde. Mais le visage de la dame de gauche a l'air triomphal et sournois. Un souffle de rouge vivace éclaire sa peau.
L'espace intérieur, l'arrière-plan éloquent du tableau s'ouvre peu à peu, révélant derrière les rideaux bor­deaux à demi tirés, une autre silhouette, une femme de chambre peut-être, qui se tient assise près d'une cheminée. Elle est penchée sur son ouvrage, une étole blanche qui descend de part et d'autre de ses genoux. Accroché au mur, derrière elle, un miroir au cadre d'or dont le reflet n'est pas argenté, mais noir.


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