La lune de papier / Passion du livre

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.. La lune de papier

Couverture du livre La lune de papier

Auteur : Andrea Camilleri

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Thriller

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-265-08604-3

GENCOD : 9782265086043

Sorti le : 10/01/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Quand il était minot, son père lui avait raconté que la lune dans le ciel était en papier. Et lui, qui avait toujours confiance en ce que disait son père, il y avait cru. Et maintenant, homme mûr, il avait nouvellement cru comme un minot à deux femmes qui lui avaient raconté que la lune était en papier.

Le commissaire Montalbano s'interroge sur sa propre vieillesse et apprend à vivre avec l'obsession de la mort, lorsqu'une nouvelle affaire le conduit tout droit dans les eaux putrides de la passion...
Angelo Pardo est retrouvé mort sur la terrasse de son petit palais d'époque, de la banlieue de Vigàta, dans une tenue compromettante et le visage défiguré par un projectile. Mais son passé sordide en fait une victime qui est loin d'être innocente, et pour résoudre cette affaire, Montalbano devra jouer fin. Car les deux femmes troublantes qui partageaient la vie d'Angelo s'appliquent consciencieusement à brouiller les pistes du commissaire...

Avec La lune de papier, Camilleri montre un nouveau visage du «commissaire préféré des Italiens» en plein règlement de comptes avec ses passions et ses peurs les plus intimes. Et toujours les scènes de plaisirs gastronomiques, les références mordantes à la politique italienne, et cette langue, truculente...

À ce jour, Andréa Camilleri a vendu 10 millions d'exemplaires de ses oeuvres en Italie. Traduit dans une vingtaine de langues, c'est un succès unique dans l'histoire littéraire de la péninsule. Après une longue carrière dans le théâtre, la radio et la télévision, Andréa Camilleri a commencé à écrire des romans autour de sa terre de Sicile. Son désormais célèbre commissaire Montalbano, dont les aventures sont publiées au Fleuve Noir, a conquis un public fidèle en France.





  • Les premières lignes

Le réveil sonna, comme tous les matins depuis un an, à sept heures et demie. Mais lui, il s'était aréveillé une fraction de seconde avant l'alarme, il lui avait assuffi du déclic du ressort qui mettait en mouvement la sonnerie. Il eut donc, avant de sauter du lit, le temps de tourner les yeux vers la fenêtre; d'après la lumière, il comprit que la journée s'annonçait bonne, sans nuages. Après, il eut tout juste le temps de se préparer le café, de se boire une cafetière, d'aller faire ses besoins, de se faire la barbe et de se prendre la douche, de se boire une autre cafetière, de s'allumer une cigarette, s'habiller, sortir, démarrer la voiture, arriver à neuf heures au commissariat : le tout avec la rapidité d'un film comique de Larry Semon ou de Chariot.
Jusqu'à voilà un an, la procédure du réveil matutinal avait en fait suivi des règles différentes et, surtout, sans hâte et sans décarrade de coureur de cent mètres.
D'abord, pas d'utilisation du réveil.
Montalbano avait l'habitude après le sommeil d'ouvrir l'oeil de manière naturelle, sans qu'il soit besoin de stimulus externes : il y avait bien une espèce de réveil, mais il était en dedans de lui, caché certainement dans sa coucourde, il lui suffisait de pointer sur lui avant de s'endormir : Rappelle-toi que demain tu dois t'aréveiller à six heures, et à six heures pétantes, il s'aretrouvait les yeux ouverts. Il avait toujours considéré le réveil, l'objet de métal, pratiquement comme un instrument de torture : les trois ou quatre fois qu'il avait dû s'aréveiller avec ce bruit de foreuse parce que Livia, qui devait partir, ne s'était pas fiée à son réveil intérieur, il était resté toute la journée avec le mal de tête. Alors, Livia, après une engueulade, avait acheté un réveil de plastique qui, au lieu de sonner, faisait un bruit électronique, une espèce de biiiiiiip qui ne finissait jamais, comme le ronflement d'un moustique coincé dedans l'oreille et resté prisonnier. Un truc à devenir dingue. Il l'avait balancé par la fenêtre, déclenchant une bagarre mémorable.
Ensuite, il s'autoréveillait, volontairement, avec une certaine avance, au grand minimum une dizaine de minutes. Ah, qu'il était bon de rester recroquevillé sous le drap à pinser des conneries ! Ce livre dont tout le monde disait que c'était un chef-d'oeuvre, je me l'achète ou pas ? Aujourd'hui je vais manger à la trattoria ou je reviens à Marinella et je me bâfre ce que m'a priparé Adelina ? Je le lui dis ou je le lui dis pas, à Livia, que la paire de chaussures qu'elle m'a offertes, je peux pas me les mettre passqu'elles sont serrées ? Voilà, des trucs comme ça. Des tambasiate, des pertes de temps volontaires, en pensée. Mais en évitant soigneusement de se faire apparaître mentalement quelque chose qui concerne le sexe ou les gonzesses : ça pouvait, à cette heure, adevenir un terrain dangereux à explorer à moins qu'il y ait Livia endormie à côté, qui serait bien contente d'en subir les conséquences.


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