La vie des autres / Passion du livre

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.. La vie des autres

Couverture du livre La vie des autres

Auteur : Florian Henckel von Donnersmarck

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 26/10/2007

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : Saint-Simon, Paris, France

Prix : 12.00 €

ISBN : 978-2-915134-32-2

GENCOD : 9782915134322

Sorti le : 26/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Dans l'Allemagne de l'Est des années 1980, le metteur en scène Georg Dreyman et sa compagne comédienne, portés par le succès sans se compromettre avec le régime ni prendre le risque de le contester publiquement, forment un couple exemplaire... jusqu'au jour où le caprice d'un ministre les précipite tous deux dans les griffes de la Stasi - la police politique est-allemande. Wiesler, l'officier modèle qui enseigne les techniques d'interrogatoire permettant de prendre possession d'un être humain, de le percer à jour, est chargé de les espionner. Jusqu'où suivra-t-il le système qu'il incarne dans la poursuite de son enquête ? Ce thriller palpitant qui plonge dans l'atmosphère d'une dictature et cette histoire d'amour tragique ont conquis un immense public. Le film a été primé dans le monde entier - Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.

«Une intrigue parfaitement vissée, dont aucun des rouages ne grince, sur l'évolution de personnages dessinés avec une grande précision.»
Pascal Mérigeau (Le Nouvel Observateur)

Captivant de bout en bout, prenant et surprenant.»
Alain Spira (Paris Match)

«C'est à un duel qu'on assiste, une partie d'échecs entre volonté de pouvoir et envie de possession, ordre et désordre, loi et transgression.
Un premier film magistral.» Frédéric Strauss (Télérama)

Florian Henckel von Donnersmarck, né à Cologne en 1973, a grandi entre New York, Berlin, Francfort et Bruxelles. Après des études de russe à l'Institut national de Leningrad (Saint-Pétersbourg), il entre en sciences politiques, philosophie et économie à l'université d'Oxford, puis intègre l'Ecole supérieure de cinéma et de télévision de Munich. Das Leben der anderen (La Vie des autres), qu'il a écrit et réalisé, est son premier long-métrage. Il vit aujourd'hui entre Los Angeles et Berlin.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos de Florian Henckel von Donnersmarck :

A l'École du cinéma de Munich, notre professeur avait une théorie : pour lui, l'imagination était un muscle qu'il fallait entraîner comme Arnold Schwarzenegger exerce ses pectoraux. Mais tandis que Schwarzenegger augmentait progressivement le poids de ses haltères - cinq kilos de plus par mois -, Längsfeld croyait, pour sa part, à l'effet de la surcharge immédiate : dès les huit premières semaines du premier semestre, chaque étudiant se devait d'écrire qua­torze ( !) projets de films et de les remettre à son assistant - on nous informa que l'on ne ferait aucune exception et que l'on n'admettrait aucune excuse. Les cours de technique occupaient la totalité de nos journées, et il ne nous restait que les nuits pour nos idées de films. Mais peut-on créer à la demande ?
Au cours de ces premières semaines à Munich, j'habitais chez ma tante dans l'Ismaninger Strasse, et je me retirais toujours de bonne heure après le dîner - pour travailler, disais-je, mais en réalité, je faisais les cent pas dans ma chambre et me demandais si j'avais choisi le bon métier. Je me revois encore très bien, pris de désespoir, m'allonger sur le sol, juste à côté de mon lecteur de cassettes, pour écouter un enregistrement de la Sonate au clair de lune par Emil Gilels.
L'espace d'un instant, j'en oubliais que devait me venir à l'esprit l'une au moins des quatorze histoires : je me contentais d'écouter la musique. Et soudain, je me rappelai que Lénine avait dit qu'il s'interdisait d'écouter trop souvent l'Appassionata : il était alors pris par l'envie de «dire d'aimables bêtises et de caresser les gens» sur lesquels il aurait au contraire dû «taper, taper sans pitié» pour mener la révolution à son terme. Avec l'Appassionata, ça ne me serait jamais arrivé, mais la Sonate au clair de lune me permit de comprendre tout d'un coup ce que disait Lénine : il arrive qu'une musique vous force à placer l'humain au-dessus de l'idéologie, le sentiment au-dessus des principes, l'amour au-dessus de la rigueur.
Je me demandai ce qui se serait produit si l'on avait pu forcer un Lénine à écouter l'Appassionata. S'il avait pu croire qu'il était forcé d'écouter l'Appassionata pour servir la cause révolutionnaire.
(...)


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