La femme en vert / Passion du livre

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.. La femme en vert

Couverture du livre La femme en vert

Auteur : Arnaldur Indridason

Traducteur : Éric Boury

Date de saisie : 07/06/2007

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque nordique

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-86424-624-4

GENCOD : 9782864246244

Sorti le : 07/06/2007

en vente sur


  • Le bouche à oreille des écrivains

Georges Labica - 11/06/2007



  • La présentation de l'éditeur

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.
L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.
Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.

Un Indridason grand cru !

«Ajoutez une plongée méthodique dans l'affreuse avidité du Mal, la solitude des êtres, et vous aurez un chef-d'oeuvre.»
A. Sebag, Le Point

«Un roman envoûtant - entre angoisse et ivresse.»
M. Laval, Télérama

Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit actuel­lement. Il est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres et La Voix; plusieurs sont des best-sellers internationaux.

Prix Clé de Verre 2003 du roman noir Scandinave, Prix CWA Gold Dagger 2005 (Grande-Bretagne) et Grand Prix littéraire des lectrices de elle 2007.





  • Les premières lignes

Il remarqua qu'il s'agissait d'un os humain dès qu'il l'enleva des mains de l'enfant qui le mâchouillait, assis par terre.
La fête d'anniversaire venait juste d'atteindre son point culmi­nant dans un bruit assourdissant. Le livreur était venu puis reparti, et les garçons s'étaient goinfrés de pizzas en avalant des boissons gazeuses et en se criant constamment les uns sur les autres. Ensuite, ils avaient quitté la table à toute vitesse comme si quelqu'un leur en avait donné le signal et s'étaient remis à courir de tous côtés, certains armés de mitraillettes, d'autres de revolvers, pendant que d'autres, plus jeunes, brandissaient des voitures ou des dinosaures en plastique. Il ne comprenait pas vraiment en quoi consistait le jeu. A ses yeux, toute cette agitation se résumait à un bruit à vous rendre fou.
La mère de l'enfant dont c'était l'anniversaire avait mis du pop-corn à éclater dans le four à micro-ondes. Elle avait annoncé qu'elle allait essayer de calmer les enfants en allumant la télévision et en mettant une vidéo dans le magnétoscope. Si cela ne suffisait pas, elle les expédierait tous dehors. C'était la troisième fois qu'elle fêtait les huit ans de son fils et elle avait les nerfs à fleur de peau. La troisième fête d'anniversaire à la suite ! Tout d'abord, ils étaient allés manger, en famille, dans un restaurant à hamburgers hors de prix où était diffusée de la musique rock à vous crever les tympans. Ensuite, elle avait organisé une fête réunissant les membres de la famille et les amis, ce qui tenait plus de la communion que d'un anniversaire. Aujourd'hui, elle avait autorisé le petit garçon à inviter ses camarades d'école et ses copains du quartier.
Elle ouvrit le micro-ondes, en sortit le sachet tout gonflé de pop-corn, en enfourna un autre en se disant que la prochaine fois, elle essaierait de faire les choses plus simplement. Qu'elle se contenterait d'une seule fête et que cela suffirait. Comme du temps où elle était petite.
Le fait que le jeune homme assis sur le canapé demeure muet comme une tombe n'était pas pour arranger quoi que ce soit à la situation. Elle avait bien essayé de discuter avec lui mais elle avait fini par y renoncer et sa présence dans le salon ne faisait que la rendre encore plus nerveuse. Les conversations n'étaient pas d'actualité ; le bruit et l'excitation des garçons étaient tels que les bras lui en tombaient. Il n'avait pas proposé de lui venir en aide. Il se contentait de rester assis à regarder droit devant lui en silence. Il est mort de timidité, pensa-t-elle.
C'était la première fois qu'elle le voyait. L'homme devait avoir dans les vingt-cinq ans, c'était le frère d'un des gamins invités à l'anniversaire par son fils. La différence d'âge entre les deux frères devait avoisiner une vingtaine d'années. Il était extrêmement maigre et, à la porte, lui avait serré la main : de longs doigts, une paume moite et une nature très réservée. Il était venu chercher son jeune frère, mais le petit avait refusé catégoriquement, d'ailleurs la fête battait son plein. Lui et la femme décidèrent donc qu'il valait mieux qu'il entre quelques instants. Ce serait bientôt fini, avait-elle dit. Il lui expliqua que leurs parents, qui occupaient une maison située plus bas dans la rue, étaient partis à l'étranger et qu'il s'occupait de son petit frère pendant leur absence, mais qu'à part ça, il louait un appartement dans le centre-ville. Il avait piétiné quelques instants, mal à l'aise, dans l'entrée. Le petit frère avait rejoint la fête.
Et maintenant, voilà qu'assis sur le canapé, il regardait la petite soeur du garçon dont c'était l'anniversaire.


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