J'aime pas les autres / Passion du livre

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.. J'aime pas les autres

Couverture du livre J'aime pas les autres

Auteur : Jacques André Bertrand

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-260-01719-6

GENCOD : 9782260017196

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  • Le bouche à oreille des écrivains

Gérard Pussey - 11/06/2007



  • La présentation de l'éditeur

«Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez. C'est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J'aime pas les autres.»
De la petite école à la grande, y compris celle de la vie, des premiers baisers à la longue quête de l'âme soeur, la jeunesse du narrateur, Anatole Berthaud, aurait pu être parfaitement heureuse... s'il n'y avait pas eu les autres. Entre roman d'apprentissage et récit autobiographique, le dernier livre de Jacques A. Bertrand nous enchante, comme toujours, par sa finesse, son humour et son élégance d'esprit.

Jacques A. Bertrand est, entre autres, l'auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (sixième édition), du Pas du loup (prix de Flore), de L'Infini et des poussières, La petite fille qui se souvenait d'avoir parlé avec l'ange, Derniers camps de base avant les sommets, L'Angleterre ferme à cinq heures et La Course du chevau-léger.





  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 12 décembre 2007

Jacques A. Bertrand a sans doute mis beaucoup de lui dans ce personnage d'Anatole, dont J'aime pas les autres constitue le tendre et ironique roman d'apprentissage. L'auteur a certainement aussi quelque peu inventé, arrangé la réalité, et de cette alchimie il a tiré un autoportrait tout en autodérision et en grâce.


  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match du 15 novembre 2007

Le Goncourt et le Renaudot sont tombés à l'indifférence générale. Mais dans le brouhaha habituel. Résultat : personne n'a entendu parler du prix Georges-Brassens. C'est bien dommage car il a été attribué à Jacques A. Bertrand. On est quelques milliers à adorer cet écrivain. C'est un paresseux, un fantaisiste et un impertinent. Depuis vingt ans, avec la régularité d'une trayeuse mécanique, il publie un petit livre par an. C'est toujours cocasse et plein de charme...
La fin du livre est un cas d'école de bigamie romantique. On rit et on est triste, mais, grâce à la pudeur et à l'humour de Jacques A. Bertrand, on est ému. Ses quiproquos amoureux sont beaux comme un saule pleureur en plein soleil. Et c'est de la vraie littérature. Mais comme c'est drôle, les grands prix ne la prennent pas au sérieux. Pour l'instant !


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 25 octobre 2007

J'aime pas les autres peut s'en aller rejoindre le rang des classiques, qui sont lisibles par tous. Est-ce de raconter une enfance de fils d'instituteur qu'il fait penser à Pagnol ? La dictature de l'orthographe, l'apparition des règles en plastique et du tourne-disque désignent les années 50 et 60. Mais les potaches sont éternels, et éternellement déphasés. Chez la crémière, Anatole ne sait plus ce qu'il est censé acheter. Finit par avouer qu'il devait aller chez le coiffeur. Tous les humoristes qui ont leur place au soleil étaient des enfants dans la lune. Jacques A. Bertrand vient de recevoir le prix Georges Brassens.



  • Les premières lignes

Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez.
C'est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres.
J'aime pas les autres.

Au début, je ne me suis pas méfié. Je parlais avec tout le monde. Pourtant, je ne maîtrisais pas encore parfaitement la langue. Je discutais avec les mouches. C'est comme les autres, les mouches. Vous espérez vous faire des copines, vous leur faites des politesses, de grands sourires et des bababas, et, toc, elles vous atterrissent dans l'oeil.
- Mais pourquoi cet enfant pleure ?
Ça, c'est ma mère. Elle insiste.
- Il a tout ce qu'il lui faut. Son pouce, sa girafe en caoutchouc, son parc avec les petites boules de bois qu'il peut faire tourner tant qu'il veut...
Mon parc, tu parles. Les boules. Il y a même des mouches qui piquent. Pas que des mouches.

Un peu plus tard, à la maternelle, pendant la récréation, ou au cours d'une séance de jeux interactifs, je ne sais plus, il y a cette gamine qui a l'air gentil, j'aime bien ses cheveux et sa petite robe, je vais la serrer dans mes bras. Elle se met à hurler. La maîtresse débarque en urgence avec ses yeux en forme de gyrophares, une hyperthyroïdienne.
- Mais qu'est-ce qu'il a, ce môme, il est obsédé sexuel ou quoi ?
Moi ?

Un peu plus tard encore, en cours préparatoire, je suis le premier à savoir lire et écrire. Mais je n'ai pas de pot : le maître, c'est mon père. Il s'occupe aussi du cours élémentaire.
Si je fais un quart de faute à la dictée, c'est le drame.
Si je suis premier, c'est normal. Si, par malheur, je ne suis que deuxième, ça tourne à la tragédie.
- Tu as fait trois quarts de faute !
(Quand je pense au nombre de fautes entières que la plupart des gens font...)
Si je ne suis pas premier, c'est Momo, le fils du pharmacien, qui l'est. Mon père lui dit :
- C'est bien, Momo.
Moi, il m'engueule. Je me mets à pleurer. Ça l'énervé. Il m'envoie chez ma mère. Il faut dire que nous habitons l'appartement au-dessus de la classe, c'est pas de pot non plus. Les autres mômes viennent de la campagne à vélo, même l'hiver, dans la neige, c'est rigolo. Moi, je descends de l'appartement en pantoufles. J'ai pas le droit d'aller dans la neige. J'ai pas de vélo.

Un jour, je suis premier et Momo, qui est deuxième, se met à pleurer. Mon père s'inquiète. Entre deux sanglots hoquetés, Momo s'explique :
- M'sieur, quand votre fils est deuxième, vous êtes fâché...
Mon père lui tapote l'épaule pour le réconforter.
- Mais deuxième, Momo, c'est très bien ! Quoi ? C'est bien, deuxième ? Du coup, c'est moi qui pleure. Ça agace mon père. Il m'envoie chez ma mère.
En plus, quand je suis premier, le père de Momo, le pharmacien, dit avec des airs de sous-entendus :
- C'est normal, c'est le fils du maître...


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