Chroniques d'ailleurs / Passion du livre

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.. Chroniques d'ailleurs

Couverture du livre Chroniques d'ailleurs

Auteur : Paul Steinberg

Préface : Jorge Semprun

Date de saisie : 10/01/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ramsay, Paris, France

Collection : Ramsay poche. Récit, n° 21

Prix : 6.50 €

GENCOD : 9782841148486

Sorti le : 10/01/2007

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Lance Bellamy - 15/06/2007


  • Le bouche à oreille des écrivains

Lance Bellamy - 08/06/2007



  • La présentation de l'éditeur

En 1943, Paul Steinberg, à la veille de ses dix-sept ans, est déporté à Auschwitz. Fait exceptionnel : il sortira vivant de ce camp d'extermination. Après plus de cinquante ans de silence, il restitue l'inconcevable, en des tableaux parfois oniriques dans leur absurdité et leur horreur, La villa pimpante et fleurie du chef de camp au milieu des charniers. Un match de boxe organisé par les SS entre Young Perez et des soldats allemands, un soir d'hiver, le public en pyjama rayé massé autour d'un ring pour voir à l'oeuvre un authentique champion du monde déporté.
Parce qu'il parle un allemand parfait, l'adolescent échappe à la première sélection. Par chance, il a pu acheter lors de son arrestation un manuel de chimie, qu'il a appris par coeur dans le train de Drancy à Auschwitz. Il réussit donc, par un coup de bluff téméraire, à se faire admettre dans le commando de chimistes qui travaille à la Buna. Il y rencontrera Primo Levi. Et Paul Steinberg aura un jour, beaucoup plus tard, la stupéfaction de se reconnaître dans «Henri», décrit par le récit de Si c'est un homme.
Mais à cette chance incroyable s'ajoute vite une habileté de vieux routier pour s'orienter dans la jungle du camp.

Ce récit, exceptionnel, distancié à l'extrême, dénué de tout pathos, est un témoignage majeur dans l'histoire de la Shoah.




  • Les premières lignes

Le noviciat

J'étais en première M, au lycée Claude-Bernard. J'allais avoir dix-sept ans. J'avais passé mon premier bac de justesse, repêché à un point et demi de la moyenne.
C'était un 23 septembre et je venais de vivre quelques mois d'euphorie absolue, ce qui, en 1943 an de disgrâce, peut paraître peu crédible.
J'étais victime depuis un an de la fièvre du jeu.
L'année précédente, un copain de lycée, qui devait par la suite faire une brillante carrière de chroniqueur hippique, m'avait entraîné à Auteuil. Je n'ai pas été difficile à convaincre. À partir de ce jour, j'étais pos­sédé. Je séchais les cours pour aller aux courses, l'hiver je comptais les jours me séparant de la reprise des courses d'obstacles et de plat, Vincennes étant trop loin. En peu de temps j'étais endetté jusqu'au cou, à hauteur de deux ans d'argent de poche.
Pas un copain de lycée, pas un ami de la famille, pas de vague relation que je n'eusse tapé, jusques et y compris le vieux Russe, prêteur de livres à domicile.
J'en étais à raser les murs, on chuchotait que j'avais vendu l'argenterie de famille, ce qui était excessif : tout au plus avais-je fauché un peu d'argent dans les poches de mon père.
C'est à ce stade de détresse que mon jour est venu. Le jour de gloire que chaque joueur rencontre deux ou trois fois dans sa vie. Je devais par la suite en connaître deux autres, beaucoup plus tard, mais n'étant plus joueur je ne fus guère bouleversé par le résultat.


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