La sociologie à l'épreuve de l'art. Volume 2 / Passion du livre

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.. La sociologie à l'épreuve de l'art. Volume 2

Couverture du livre La sociologie à l'épreuve de l'art. Volume 2

Auteur : Nathalie Heinich | Julien Ténédos

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Aux lieux d'être, La Courneuve, France

Collection : Entretiens

Prix : 9.50 €

ISBN : 978-29160632265

GENCOD : 9782916063225

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  • La présentation de l'éditeur

Auteur d'ouvrages-clefs de la sociologie de l'art, Nathalie Heinich retrace dans cet entretien son parcours intellectuel. La sociologue revient sur la constitution d'une pensée originale et novatrice, tant par ses objets que par sa méthode. Statut d'artiste, perception esthétique, reconnaissance, identité, valeurs : autant de problématiques à partir desquelles Nathalie Heinich éclaire les enjeux de notre société et met à l'épreuve la sociologie elle-même.
Au fil de ces discussions se dessine également une description concrète du travail sociologique : comment se construit une carrière de chercheur ; comment émergent les thèmes de recherche ; comment se fabriquent les enquêtes ; comment s'écrivent et se publient les articles et les livres, et à quelles lectures parfois inattendues ils donnent lieu.
Ce deuxième volume traite de l'identité féminine, de l'usage de la fiction en sociologie, et revient sur la constitution d'une sociologie de l'art, la question de l'interdisciplinarité, et les raisons d'une approche compréhensive et descriptive des phénomènes sociaux.

Née en 1955, Nathalie Heinich est directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (Cral, EHESS), et membre associé au Laboratoire d'anthropologie et d'histoire sur l'institution de la culture (Lahic). Elle a publié une vingtaine d'ouvrages, dont La Gloire de Van Gogh (Minuit. 1991). Le Triple Jeu de l'art contemporain (Minuit. 1998). Être écrivain (La Découverte. 2000). L'Élite artiste (Gallimard, 2005), ainsi que États de femme (Gallimard, 1996) et, avec Caroline Eliacheff. Mères-filles (Albin Michel. 2002).





  • Les premières lignes

L'identité féminine

Nathalie Heinich - Mon intérêt pour la question de l'identité est né de ma collaboration aux travaux de Michael Pollak sur les crises d'identité en situation concentrationnaire. J'aurais aimé que Michael, après son livre sur Auschwitz (L'Expérience concentrationnaire. Essai sur le maintien de l'identité sociale) et celui sur l'identité homosexuelle (Les Homosexuels et le sida. Sociologie d'une épidémie), puisse aller vers une conceptualisation de cette question de l'identité". Malheureusement, il est mort en 1992. Il n'avait même pas 45 ans.
Aujourd'hui, parler d'identité, c'est un peu «tarte à la crème», mais à l'époque la question n'était pas tant rebattue. On trouvait peu de traitements sociologiques frontaux ; la sociologie n'utilisait d'ailleurs que rarement le terme, et sans vraiment le conceptualiser. Pourtant, autant le terme de «sujet», même s'il peut se construire sociologiquement, a quelque chose de paradoxal dans une problématique sociologique, qui tend à privilégier le collectif, autant la notion d'identité a l'avantage d'admettre plusieurs entrées : l'une plutôt psychologique, par le sentiment d'identité, l'autre plutôt sociologique, par les processus d'identification, de labellisation, de catégorisation. C'est justement l'articulation de ces différentes dimensions que je trouve passionnante dans la problématique de l'identité.
Après mes deux premiers livres, sur Van Gogh et sur l'histoire de la notion d'artiste, j'ai voulu revenir à cette question de l'identité, sur laquelle j'avais continué à réfléchir depuis le milieu des années 1980. La notion d'identité était utilisée un peu n'importe comment en sociologie, souvent en rapport avec des problématiques politiques liées à la question du communautarisme. Avec la guerre en ex-Yougoslavie, les revendications «identitaires» sont devenues synonymes de «communautaires». La problématique s'est trouvée ainsi biaisée par des usages politiques qui n'étaient pas du tout dans ma perspective. En même temps, la question devenait de plus en plus actuelle ; je ressentais le besoin de définir le terme, pour en faire un outil intellectuel de compréhension des phénomènes, et non pas, justement, un instrument de lutte politique.


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