Mangez-moi / Passion du livre

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.. Mangez-moi

Couverture du livre Mangez-moi

Auteur : Agnès Desarthe

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-87929-531-2

GENCOD : 9782879295312

en vente sur


  • Le message sonore
Un message sonore de Agnès Desarthe

Agnès Desarthe - 13/09/2006



  • La dédicace de l'auteur

Mangez-moi, c'est l'histoire de Myriam qui, au terme d'un parcours de vie, et même d'un parcours de plusieurs vies assez chaotiques, décide d'ouvrir un restaurant sans avoir aucune idée de ce que monter une entreprise représente. Tout ce qu'elle sait faire, c'est faire à manger, et c'est déjà beaucoup parce que, comme elle l'explique, elle fait à manger pour et par amour. Elle est donc très ambitieuse quant à sa cuisine, et très peu ambitieuse quant au profit. Elle va se heurter, bien sûr, à des tas de difficultés, matérielles en particulier : poursuivie par les huissiers, etc. Il y a donc toute l'aventure de Myriam et du fonctionnement de cette entreprise. Parallèlement, nous allons revenir avec elle sur son passé, un passé hanté, douloureux, très compliqué, et qui revient avec un rythme régulier, comme une marée, alors qu'elle est en train de s'échiner à faire marcher sa petite affaire qui s'appelle Chez moi. Son restaurant s'appelle Chez moi, parce que non seulement, elle y travaille, mais elle y dort aussi. Elle y accueille des tas de gens très différents dont beaucoup vont l'aider à s'en sortir, à faire fonctionner ce lieu qu'elle voit comme un lieu utopique. Elle aimerait que ce soit une sorte d'invention d'une société où tout serait possible, où tout le monde pourrait cohabiter, où les enfants pourraient être avec les adultes et inversement, où chacun pourrait trouver de quoi satisfaire ses appétits, puisque toutes les formes d'appétit passionnent Myriam. Cela a été une des raisons de sa perte, puisqu'on va découvrir, au fil du roman, qu'elle porte une faute, même plusieurs fautes douloureuses avec lesquelles elle a du mal à vivre et que ces fautes sont justement liées aux appétits, sexuels en particulier. C'est quelqu'un qui passe d'un appétit à l'autre d'une certaine manière, qui essaie de dompter le désir charnel en le canalisant, de passer d'une chair à l'autre, disons. C'est donc l'histoire de Myriam, de sa réconciliation avec son passé et de sa possible rédemption. Je vous souhaite une bonne lecture. Mangez-moi, cela veut aussi dire : lisez-moi, bien sûr...

(Propos recueillis par téléphone)



  • La présentation de l'éditeur

Ouvrir un restaurant ? Quelle idée...

C'est pourtant celle qui vient à l'esprit de Myriam, et qu'elle s'empresse de mettre à exécution. Les ennuis commencent car ce restaurant est aussi sa maison. Éviter la faillite, vivre en clandestine et garder le secret sur un itinéraire trop chaotique constituent l'exercice de jonglage auquel elle se livre chaque jour.

Qui est Myriam ? Une collectionneuse de contradictions.

Un oxymore ambulant. Bannie de chez elle pour une faute inavouable, c'est une âme errante qui n'aspire qu'à la stabilité, une téméraire qui déteste qu'on la surprenne. Son problème, c'est le temps. Comment faire pour que l'avant et l'après coïncident à nouveau ? Que le passé cesse d'être douloureux et que l'avenir s'éclaire ?

Ce livre dont le titre évoque l'Alice de Lewis Carroll est un roman d'aventures spirituelles, en même temps qu'une chronique d'un genre très particulier. Car on se bouscule dans le restaurant de Myriam. Fleuriste amoureux, jeunes filles philosophes, enfants du quartier, et jusqu'à ce cultivateur dont la science des plantes semble infinie, tous participent de la même comédie humaine, lumineuse, mystérieuse : le monde d'Agnès Desarthe. Un monde où le rêve et le réel s'entrelacent, où les disparus reviennent, où le désir voyage.





  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 28 septembre 2006

Agnès Desarthe sait l'art de faire grave et gai, profond et léger, de composer un délectable méli-mélo de personnages tragi-comiques. C'est qu'elle accommode chacune de ses phrases, chacun de ses chapitres en maîtresse cuisinière, nous faisant redécouvrir avec subtilité la saveur de chaque mot. A la fois concrète, poétique et métaphysique. Il faut donc se hâter de dévorer ce sorcier livre-là.


  • La revue de presse Thierry Gandillot - L'Express du 21 septembre 2006

Les jurés du Renaudot l'ont repérée, qui l'ont couchée sur leur première liste, pas ceux du Goncourt. Tant pis pour ceux-ci, tant mieux pour ceux-là. Mais la route est longue jusqu'au verdict de novembre et les académicien(ne) s de la place Gaillon peuvent encore se rattraper. Car Mangez-moi - un titre qui devrait mettre l'eau à la bouche des gourmets réunis chez Drouant - est l'un des romans les plus savoureux de cette rentrée littéraire. Elle s'appelle Myriam, tutoie la quarantaine et décide, après six années de galère dues à un coup de folie qui a mis sa vie cul pardessus tête et pour lequel elle a payé le prix fort, d'ouvrir un restaurant...
Dans l'immédiat, on suggère à la Sécurité sociale de rembourser son roman, plus efficace pour le moral que tous les anti-dépresseurs de la pharmacopée moderne.



  • Les premières lignes

Suis-je une menteuse ? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz. Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqués la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner à présent. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale ? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu.

Suis-je une menteuse ? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire. Je manie les spatules comme un jongleur ses massues; tel le contorsionniste, j'actionne avec souplesse, et indépendamment, les différentes parties de mon corps : d'une main je lie une sauce tandis que, de l'autre, je sépare les blancs des jaunes et noue des aumônières. Les adolescents aux lèvres duveteuses et au front constellé de boutons, le cheveu gras sous leur calot de marmiton, peuvent, il est vrai, maîtriser l'ambre d'un caramel à jamais moelleux, ils vous dressent un rouget sans perdre un milligramme de chair et tricotent la crépinette comme autant de Pénélope. Mais. MAIS ! Fourrez-les dans une cuisine avec cinq gosses qui braillent, meurent de faim, jouent dans vos pattes et doivent repartir à l'école dans la demi-heure (l'un est allergique aux produits laitiers, et l'autre n'aime rien), jetez nos braves apprentis chefs dans cette fosse aux lionceaux, avec un frigo vide, des poêles qui attachent, et le désir de servir aux bambins un repas équilibré, puis regardez-les faire.


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