Tideland / Passion du livre

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.. Tideland

Couverture du livre Tideland

Auteur : Mitch Cullin

Traducteur : Hélène Collon

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Naïve, Paris, France

Collection : Naïve fictions

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-35021-037-7

GENCOD : 9782350210377

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Bientôt le pré s'est illuminé çà et là de brefs éclairs, à la fois vifs et doux, qui répandaient une phosphorescence couleur citron. Les lucioles étaient arrivées, comme l'avait prédit mon père, et je les ai contemplées bouche bée, émerveillée, les lèvres sèches et les mains qui glissaient avec impatience sur le devant de ma robe. [...] Moi c'est Jeliza-Rose», j'ai dit, assise en tailleur, en faisant de petits bonds sur place.

Jeliza-Rose a quitté Los Angeles pour une ferme décrépie du fin fond du Texas en compagnie de son père, un ex-rockeur héroïnomane. Livrée à elle-même, la fillette explore les alentours. De rencontres singulières en inquiétantes découvertes, elle plonge dans un monde où les trains deviennent des requins, où les écureuils se prennent pour Spiderman et où des Hommes des Marais prennent vie à la nuit tombée...

Mélange d'Alice au pays des merveilles et de Psychose, ce roman happe le lecteur, guidé dans un univers psychédélique par Jeliza-Rose. L'écriture lumineuse de Mitch Cullin donne magistralement vie à cette peinture désenchantée de l'Amérique, où le plus beau des cauchemars est aussi le pire des rêves.

Mitch Cullin est l'auteur de sept romans très remarqués par la critique littéraire américaine, qui le compare à Carlson McCullers. Il réside en Californie. Tideland est son premier livre publié en France. Son adaptation cinématographique est réalisée par Terry Gilliam.

«Un travail d'orfèvre [...], les images ont surgi du livre et se sont imprimées dans ma rétine - Magnifiques, limpides, hantées.» Terry Gilliam

«Brillant et beau» Jim Lewis, The New York Times





  • La revue de presse Philippe Garnier - Libération du 1er juin 2006

Une Alice au pays des merveilles version texane où le sang coule à flots.

Le passage qui suit devrait donner une idée du sac de noeuds. «Alors je l'ai embrassée, mais ce n'était pas pareil qu'avec Dickens : ça ne me chatouillait pas dans le ventre. Alors je l'ai prise tout entière dans ma bouche et je l'ai sucée au bout de mon doigt en faisant comme si elle était une truite et moi une baleine. Sa peau avait un goût de savon, et ses cheveux de réglisse. J'ai failli m'étouffer alors je l'ai recrachée dans ma paume.

"Tu es répugnante."

Elle aurait dû pleurer, récriminer, mais non. Au lieu de ça, elle s'est mise à rire.

"C'était bien, ce que tu viens de faire ! Ça m'a beaucoup plu.

­ Tu es cinglée, je me suis dit. Plus folle que le vent."

Puis on a toutes les deux éclaté de rire.

"Tu es ma meilleure amie, j'ai fait.

­ Toi aussi.

­ Et je suis amoureuse de Dickens.

­ C'est le prince charmant. Le roi en personne.

­ C'est du jus de pomme et du beef-jerky (lanières de bison) ;

­ On forme une famille unie.

­ Exactement."»

On pourrait révéler que l'entité dans la bouche de Jelisa-Rose, l'héroïne de Tideland, est une tête de poupée Barbie, qu'elle porte généralement au bout de son doigt. Qu'elle en a cinq comme ça, quand elle ne les balance pas dans un terrier de lapin sans fond. Que Dickens le prince charmant est un grand haricot blanc comme un cachet qui porte des lunettes de natation en permanence. Ou que la dînette qu'est le roman de Mitch Cullin est une sorte d'Alice au Pays des merveilles version «gothique» texane. Sauf qu'il n'y a jamais eu de Carabosse portée sur la taxidermie chez Lewis Carroll, comme la bonne femme Dell ici, qui taille aussi des pipes au livreur bègue qui lui amène ses provisions de l'épicerie... il y a dans cette dînette ­ qui se passe après tout surtout dans la tête d'une petite fille ­ des scènes qu'on déconseillerait même aux lecteurs de Thomas Harris ou autres dépeceurs d'agneaux, des scènes où on ne compte plus les seaux de sang. Mais bon, Mitch Cullin est aussi le genre de gazier qui a écrit un poème narratif ( !) sur un shérif abusif qui ferait passer celui de Jim Thompson (le Démon dans ma peau) pour le gendarme de Saint-Tropez... un livre... défrisant que Tideland, qui, surtout dans cette traduction impeccable, nous fait l'effet d'une tartine au beurre de cacahuète saupoudrée à l'acide lysergique...



  • Les premières lignes

Pour mon premier soir dans la cambrousse, j'ai dévalé gaiement les marches de la terrasse en laissant mon père à la ferme avec la radio allumée et sans défaire ma petite valise à autocollants fluo en forme de fleurs, et je me suis aventurée en direction du car scolaire renversé que j'avais aperçu depuis la fenêtre de l'étage. Entre deux haies d'herbes de Cuba plus hautes que moi, j'ai suivi un étroit sentier tout sinueux tracé par le bétail qui avait dû passer par là, en écartant les bras bien droit pour que mes paumes s'enfoncent entre les tiges et effleurent les graminées.

Tu plies mais ne romps point», ai-je murmuré tandis que les hautes herbes me giflaient les mains ; je fredonnais à demi la chanson que mon père avait écrite pour moi :

Tu plies mais ne romps point /

Tu donnes, donnes mais ne prends rien Jeliza-Rose /

Alors je ne sais pas /

Très bien quoi faire pour toi.

J'ai avancé comme ça sur le petit chemin pendant un bon moment en bifurquant à gauche, puis à droite, et de nouveau à gauche, jusqu'à déboucher dans un pré piqueté de queues-de-renard, parmi lesquelles on voyait aussi les derniers lupins de la saison. C'était la fin du printemps. Une petite brise chahutait légèrement l'air chargé d'humidité et déjà le ciel s'assombrissait. Mais les lupins qui poussaient au ras du sol étaient encore d'une couleur radieuse, alors quand j'ai traversé le pré, je les ai enjambés en faisant bien attention.


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