Maillots jaunes : le Tour de France par ceux qui ont écrit sa légende / Passion du livre

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Couverture du livre Maillots jaunes : le Tour de France par ceux qui ont écrit sa légende

Auteur : Claude Droussent

Date de saisie : 06/07/2017

Genre : Sports

Editeur : Gründ, Paris, France

Prix : 24.95 €

ISBN : 9782324019753

GENCOD : 9782324019753

Sorti le : 15/06/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un siècle après son apparition en 1919, le maillot jaune incarne plus que jamais le Tour de France. Et il en est l'emblème universel : il n'est plus une région du monde où ne parviennent les images de l'événement, focalisé autour de celui qui mène la course.
Il consacre à Paris les plus grands, mais aussi, chaque année, trois semaines durant, des champions plus anonymes, sublimés par le port de l'étoffe si prisée. Leur vie, souvent, en est bouleversée tant ils basculent d'un coup dans une notoriété qu'ils n'auraient jamais osé imaginer.
Avant l'édition 2017, deux cent soixante et onze coureurs ont connu le bonheur et l'honneur de revêtir le maillot jaune. Un symbole si ancré dans notre histoire contemporaine qu'aucun scandale n'a entamé sa force, son impact.
Maillots jaunes raconte l'histoire de tous ces héros du Tour. Aucun n'a été oublié. Chacun a été célébré. De celui qui a porté la fameuse tunique le plus souvent, Eddy Merckx, à celui qui a juste eu le temps de l'enfiler avant de devoir la rendre. Ironie, il s'agit de Patrick Sercu, le meilleur ami de Merckx !
Maillots jaunes rend également hommage aux grands champions - il en existe - qui n'ont pas eu cette chance. Raymond Poulidor au premier rang. Anquetil, Gimondi, Aimar, Merckx, Van Impe l'en ont toujours privé dans les années 1960 et 1970. Poulidor, qui a également vu se parer brièvement de jaune son complice et compagnon de chambre Jean-Pierre Genêt, son quasi-homonyme italien Giancarlo Polidori, et même son futur gendre, Adrie van der Poel... Maillot jaunes retrace au plus près la grande et les petites histoires du Tour de France.

L'auteur : Claude Droussent commence sa carrière de journaliste sportif en 1981 au quotidien Le Parisien comme reporter au service des sports. De 1989 à 1993, il est grand reporter à L'Équipe, puis devient rédacteur en chef du mensuel Vélo Magazine. En 1995, il devient rédacteur en chef de L'Équipe Magazine, puis directeur adjoint de la rédaction de L'Équipe en 2000, et enfin directeur de la rédaction de 2003 à 2008.





  • Les premières lignes

LE ROMAN D'UN MAILLOT

«AIMONS ET RESPECTONS TOUJOURS CET EMBLÈME QUI PERSONNIFIE LA FORCE D'ACTION DE L'HOMME DE NOTRE TEMPS, COMME IL SYMBOLISE L'EFFORT DU CHAMPION DE NOTRE TOUR.»
Jacques Goddet

Un petit jeu, pour commencer. Imaginons la représentation mentale d'un podium final du Tour de France. Visualisons les attributs du vainqueur. Que tient-il entre ses mains ? Un bouquet de fleurs jaunes, oui. Un lion en peluche aussi, mascotte d'un partenaire majeur de l'épreuve. C'est tout ? Non. Également un trophée évasé, de taille raisonnable. Un vase de céramique en provenance de la manufacture de Sèvres, aux portes de Paris. Une demande, en 1975, de Valéry Giscard d'Estaing, alors président des Français. Pour la première arrivée du Tour sur les Champs-Élysées, il avait craint de se retrouver les mains vides. Depuis, plus un président de la République n'est venu. Le vase, initialement remis à Bernard Thévenet, est resté.
Sa présence est anecdotique. Le véritable trophée du vainqueur de l'épreuve la plus difficile au monde, suivie chaque année tout autour de la planète, est un morceau d'étoffe. Le maillot jaune, qui désigne jour après jour le leader du classement général, comme l'a voulu en 1919 Henri Desgrange, père fondateur du Tour seize ans plus tôt. Le maillot jaune, qui identifie à Paris le vainqueur final. Le maillot jaune, emblème universel, Graal du sport cycliste, rêve éveillé du mois de juillet.
Il n'existe, parmi les plus grands événements sportifs, qu'un autre exemple d'une même veine : la veste verte que le vainqueur sortant enfile à son successeur, chaque mois d'avril depuis 1949 au terme du Masters de golf, aux États-Unis. Et il n'y a pas grand-chose d'aussi prestigieux dans ces tons, si ce n'est l'or olympique. Pas même la tunique auriverde de la sélection brésilienne de football, ni le maillot des basketteurs des Los Angeles Lakers.
Le maillot jaune aura bientôt cent ans. Il est apparu juste après l'Armistice de 1918, et ce n'est pas rien. Le Tour de France qui suit la Grande Guerre est un symbole, et c'est souvent dans les moments les plus intenses que les hommes ont les plus belles idées.
Mais l'épreuve est terrible : lorsque Eugène Christophe se voit remettre le premier signe distinctif, un tricot un peu délavé, à Grenoble, à cinq étapes de Paris, il n'y a plus que dix coureurs à ses côtés. La pluie, le froid, les casses mécaniques - quand ce ne sont pas les séquelles de blessures du conflit mondial - ont eu raison des cinquante-six autres concurrents. A Paris, Firmin Lambot est un Maillot jaune discret. Le journal L'Auto, qui a inspiré la couleur de la tunique, n'a mentionné l'initiative qu'à trois reprises... Quel contraste avec les plus célèbres et les plus performants coureurs, au bout d'un siècle d'histoire. Avec Eddy Merckx, le plus grand. Quatre-vingt seize jours - plus de trois mois de sa vie ! - maillot sur les épaules. Et, en 1969, par-delà les cols du Tourmalet, du Soulor et d'Aubisque, 140 kilomètres seul pour le plus grand exploit accompli en juillet par un champion en jaune. Merckx, auquel on peut aisément opposer Bernard Hinault, avec sa phénoménale statistique : pas un seul de ses huit Tours disputés de 1978 à 1986 sans au moins un jour en jaune ! Dans leurs roues, une échappée de rêve : Jacques Anquetil, Miguel Indurain, Louison Bobet, Greg LeMond et, désormais, Chris Froome, tous abonnés au port de la tunique sacrée. Restent tous les autres. D'immenses champions et de plus modestes, deux cent soixante-dix hommes qui ont ri, brillé, plané, rêvé, pris des risques, souffert, pleuré parfois dans le même tissu. Ottavio Bottecchia, si heureux en 1924 qu'il reprit le train pour Venise avec son dernier maillot jaune sous son veston. Jean Robic et Jan Janssen, épatants lauréats du dernier jour. Parmi les plus malchanceux, Luis Ocaiia en 1971, bien entendu, martyr du col de Mente et lointain héritier du Christophe de 1919, brisant sa fourche à deux jours de Paris. Laurent Fignon aussi, évidemment, privé en 1989 pour 8" d'un troisième sacre sur les Champs-Élysées. N'avait-il pas bénéficié lui-même de l'insigne malchance, en 1983, de Pascal Simon, accidenté au lendemain de sa prise de pouvoir dans les Pyrénées ? Et si le maillot jaune avait de la mémoire ?
Il n'en fait aussi parfois qu'à sa tête, débusquant l'inattendu (Bakelants, Gerrans et Impey en 2013) ou traquant le champion d'envergure (Cavendish, Sagan et Van Avermaet trois ans plus tard). «Avec le maillot jaune, un coureur entre dans une histoire qui le dépasse», notait avec pertinence le journaliste et collectionneur Serge Laget dans l'hebdomadaire Le la l'été 2016. De Darrigade à Voeckler, d'Altig à Kittel, de Simpson à Wiggins, de Lambot à Boonen, de Guerra à Nibali, il a franchi toutes les frontières, gagné tous les continents, jusqu'à l'Afrique, grâce à Froome, «le Kenyan blanc». Mais comment a-t-il pu ignorer Poulidor, qui l'a tant courtisé, approché et même accueilli pendant une nuit, dans la chambre qu'il partageait en 1968 avec Jean-Pierre Genêt ? «Aimons et respectons toujours cet emblème qui personnifie la force d'action de l'homme de notre temps, comme il symbolise l'effort du champion de notre Tour», avait écrit Jacques Goddet, héritier de Desgrange. Il avait 95 ans lorsqu'il disparut, un jour de décembre 2000. Le deux cent soixante et onzième homme en jaune, qui manque depuis 2012 à l'appel, avait alors remporté les deux premiers de ses sept triomphes sans scrupule ni partage. Goddet pouvait-il imaginer qu'un champion de l'envergure de Lance Armstrong puisse le trahir à ce point ? Faut-il que le maillot jaune ait la maille solide pour résister aux nombreux outrages auxquels il a dû faire face ? Armstrong, mais aussi Floyd Landis en 2006 ou Alberto Contador en 2010... Tout seul, c'est certain, un vase de Sèvres ne s'en serait pas remis.


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