Double vague : le nouveau souffle du cinéma français / Passion du livre

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.. Double vague : le nouveau souffle du cinéma français

Couverture du livre Double vague : le nouveau souffle du cinéma français

Auteur : Claire Diao

Date de saisie : 14/06/2017

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 9791030701289

GENCOD : 9791030701289

Sorti le : 18/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

L'attribution de la Caméra d'or à Houda Bényamina en 2Q16 pour Divines a braqué les projecteurs sur ces réalisateurs de double culture grandis dans les quartiers populaires, souvent autodidactes et déjà auréolés de prix internationaux. Pour en finir avec les clichés sur «le cinéma de banlieue», plus de cinquante réalisateurs parmi lesquels Alice Diop, Maïmouna Doucouré, Rachid Djaïdani, Djinn Carrenard, Franck Gastambide, Jean-Pascal Zadi... s'expriment ici.

Une génération montante qui, affranchie de la Nouvelle Vague, incarne un nouveau souffle du cinéma français, audacieux, réaliste et surtout très divers. Riche d'une centaine d'heures d'interviews, cette enquête journalistique conduite sur dix ans leur donne enfin la parole.

Glaire Diao est une journaliste et critique de cinéma franco-burkinabè, à l'initiative du programme Quartiers Lointains, la revue Awotélé et la société Sudu Connexion. Double Vague est son premier livre.

Ouvragé publié avec - concours de La région Occitanie Pyrénées - Méditerranée





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

«Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.
À te regarder, ils s'habitueront.»
René Char

Qui sont ces Français nés à l'étranger ou nés de parents venus de l'étranger ? Eux qui ont grandi avec la sensation de ne pas être «vraiment» français ? À qui l'on renvoyait toujours leurs origines métissées ? Qui ont été bercés de rêves du passé, alors qu'ils se battaient face aux difficultés du présent ? Qui ont été davantage spectateurs qu'acteurs et ne se sentaient pas représentés sur les écrans ?
Ils ont grandi dans la même société, ont fait les mêmes sourires édentés sur les photos de classe, étudié les mêmes manuels d'histoire, récité les mêmes poésies. Mais ils se sont sentis mis de côté parce que leurs noms de famille ou la couleur de leur peau rappelaient des origines lointaines qu'il fallait démasquer. «D'où tu viens ?», «C'est comment dans ton pays ?» sont autant d'interrogations qui, dès l'enfance, ont sous-entendu qu'ils n'étaient pas français. «Veuillez présenter une preuve de votre nationalité française» est, lors du renouvellement des cartes d'identité - pour ceux nés à l'étranger - le coup de poing qui renforce à l'âge adulte le sentiment d'être toujours un peu plus différent.
Il faut avoir grandi aux quatre coins de la métropole pour savoir à quel point la France, par le prisme des médias et du cinéma, est à 95 % parisienne. Il faut avoir vécu aux antipodes de l'Hexagone pour savoir à quel point les DOM-TOM sont absents du discours national. Il faut avoir défendu une langue régionale pour savoir à quel point la République demande à chacun de s'assimiler. Il faut avoir des origines multiples pour savoir à quel point l'image que la France véhicule est passéiste, immuable et monochrome.
Combien de discriminations devront encore subir certains Français dans leur propre pays ? Jusqu'où ira ce mal-être ? Combien sont-ils de double culture à ne pas savoir sur quel pied danser ? On leur propose régulièrement de les déchoir de leur double nationalité, de faire un choix, d'aimer la France ou de la quitter. Mais quand donc la France les a-t-elle aimés ? Lorsqu'elle leur a proposé d'être animateurs de centres aérés ? Lorsqu'elle les a poussés dans les filières techniques pour renflouer les rangs des usines autrefois entretenues par leurs pères fatigués ? Lorsqu'elle leur a indiqué le chemin de Pôle emploi une fois qu'ils étaient diplômés ? Lorsqu'elle a commencé à les promouvoir sous couvert de «diversité» ? Ou lorsque certains d'entre eux ont commencé à peser économiquement ?
Il est clair qu'il y a mille et une façons d'être français. On peut grandir en milieu rural ou être citadin. Prôner le retour à la terre ou avoir l'appât du gain. Bénéficier d'une ascension sociale ou dériver de services sociaux en services sociaux. Être athée, catholique, musulman, juif ou bouddhiste. Hétérosexuel, bisexuel, transsexuel ou homosexuel. Petit ou grand. Gros ou mince. Chevelu ou dégarni. Beau ou moche. Gentil ou méchant. Avoir les yeux bleus, noirs, marron, verts ou gris. Globuleux ou bridés. Des cheveux raides, frisés, bouclés ou crépus. Il n'y a pas «un type» de Français. Et pourtant.


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