De l'amitié, aujourd'hui / Passion du livre

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.. De l'amitié, aujourd'hui

Couverture du livre De l'amitié, aujourd'hui

Auteur : Michel Polacco | Michel Serres

Date de saisie : 14/06/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : France-Info, Paris, France | le Pommier, Paris, France

Collection : Le sens de l'info

Prix : 9.00 €

ISBN : 9782746512542

GENCOD : 9782746512542

Sorti le : 09/06/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Puisqu'il est si difficile de parler de l'amitié... Michel Serres et Michel Polacco ont laissé parler l'amitié !

L'amitié est, depuis bien longtemps, un sujet prisé des philosophes. Montaigne disait pour parler de ses liens avec La Boétie : «parce que c'était lui, parce que c'était moi».
Michel Serres sait de quoi il parle lorsqu'il évoque l'amitié : on se souvient de la complicité intellectuelle qu'il entretenait avec René Girard ou avec Hergé, son «ami de vieillesse». Il l'évoque au travers de ses voyages, de ses rencontres, dans des chroniques aussi diverses que Japon, Vouvoiement ou confiance. On dit souvent que l'on ne choisit pas sa famille, mais que l'on choisit ses amis. Vraiment ?

Voici une réflexion jubilatoire sur l'un des piliers des sociétés humaines.

Membre de l'Académie française, Michel Serres est l'auteur de nombreux essais philosophiques et d'histoire des sciences, dont les derniers, Petite Poucette et Darwin, Bonaparte et le samaritain notamment ont été largement salués par la presse. Il est l'un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture.

Michel Polacco a dirigé France Info de 2002 à 2007 et est secrétaire général de l'information de Radio France.





  • Les premières lignes

L'amitié

Cette semaine, l'amitié : «Inclination réciproque entre deux personnes n'appartenant pas à la même famille», dit le dictionnaire. «Parce que c'était lui, parce que c'était moi» écrivait Montaigne, parlant de son illustre lien avec La Boétie, se sentant incapable de donner une explication plus superficielle (sic). L'amitié, c'est la philanthropie des Grecs. «Celui qui a beaucoup d'amis n'a pas d'amis» professait Aristote. Être amis sur les réseaux sociaux serait donc un leurre, Michel ? !Alors, mon ami, je vous laisse la parole puisque c'est vous qui avez voulu traiter ce sujet.
- Je voudrais partir de la chimie. Depuis des siècles, les chimistes s'étonnent qu'il existe des corps qui interagissent et d'autres qui font comme s'ils étaient complètement indifférents. Or, beaucoup de philosophes ou de littérateurs ont essayé d'appliquer aux passions humaines les résultats des sciences. Les socialistes utopistes du XIXe siècle ont voulu, par exemple, utiliser l'attraction universelle de Newton pour comprendre la politique et les passions humaines : je t'aime, tu m'aimes, nous sommes attirés l'un vers l'autre.
Goethe, qui était un assez bon chimiste, a écrit Les Affinités électives et, pour ce faire, a pris comme modèle une réaction chimique : deux couples se rencontrent, échangent leur conjoint et forment deux nouveaux couples, tout comme, dans une réaction chimique, des corps échangent certaines de leurs molécules pour en former d'autres. Mais voilà, Goethe, en parlant des Affinités électives, parle de l'amour et se donne, à mon avis, les facilités du sexe. Le corps passe devant, dans ce cas, et le sexe permet une attirance qui est souvent passionnelle, mais cache une attirance vraie, derrière cette chaleur. Et une fois que les feux du sexe sont éteints, comment prévoir si l'attirance va perdurer ? Or, l'amitié est une attraction, ou une affinité, qui se passe des facilités du sexe.
De plus, je crois que l'amitié peut passer la barrière des espèces. Il m'est arrivé, en visitant un zoo, de m'asseoir une fesse sur le mur, pendant que le gorille, de l'autre côté de la grille, appuyait sa fesse de l'autre côté. Il mangeait une tige, j'ai sorti une tartine. On a mangé ensemble et on se souriait : on avait tous les deux les mêmes poils blancs, on avait l'impression de deux compères...
- Deux vieux copains !
-... comme si l'on avait été à la maternelle ensemble. Donc l'amitié traverse la barrière de l'espèce. Elle peut traverser la barrière des langues : j'étais très ami avec un vieux Bambara, au fond de la brousse malienne. Je ne touchais pas une balle en bambara, et il ne touchait pas une balle en français, mais avec des gestes, des tapes sur les cuisses...
-... vous arriviez à vous comprendre.
(...)


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