L'arche de Darwin / Passion du livre

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.. L'arche de Darwin

Couverture du livre L'arche de Darwin

Auteur : James Morrow

Traducteur : Sara Doke

Date de saisie : 06/07/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 23.00 €

ISBN : 9791030701159

GENCOD : 9791030701159

Sorti le : 18/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Actrice sans rôle, Chloe Bathurst décroche un emploi de gardienne de zoo chez Charles Darwin où elle rencontre toutes sortes d'animaux exotiques, ainsi que différentes théories scientifiques d'une modernité étonnante.
Pour sortir son père de l'hospice, elle vole la première mouture de la théorie de l'évolution et s'inscrit au Grand concours de Dieu, qui offre 10 000 £ à qui prouvera ou réfutera l'existence d'un être suprême.
Alors que d'autres aventuriers recherchent l'arche de Noé sur le mont Ararat et qu'un enseignant britannique rencontre l'origine de l'humanité dans une fumerie de haschich, Chloe s'embarque dans un périple en bateau et montgolfière à travers le Brésil, l'Amazone et les Andes pour rapporter les spécimens nécessaires à ses ambitions.
Parvenue aux Galápagos, elle va user de toute sa ruse, et du texte de Darwin, pour un procès en blasphème...

Né en 1947, diplômé de Harvard, James Morrow a écrit de nombreux romans pleins d'érudition et de fantaisie. Il a remporté les prix Nebula, World Fantasy et Théodore Sturgeon, ainsi que le Grand Prix de l'Imaginaire.





  • La revue de presse François Angelier - Le Monde du 6 juillet 2017

Avec L'Arche de Darwin, le franc-tireur swiftien s'attaque aux virulents débats qu'a suscités l'auteur de L'Origine des espèces, paru en 1859. Dans le Londres de 1848, son héroïne, Chloé Bathurst, théâtreuse nantie d'un frère joueur et d'un père soumis au travail forcé pour insolvabilité, décide, pour le faire libérer, de gagner les 10 000 livres du singulier «Grand concours de Dieu», créé par des libertins d'Oxford afin de récompenser celui ou celle qui apportera la preuve formelle de l'existence ou de l'inexistence de dieu...
Au fil de cette geste prodigieuse où se croisent, portés par une écriture ouvragée, les fastes du roman d'aventures ­stevensonien ou vernien, Morrow, en bon fils des Lumières, prouve que le meilleur moyen de poser des problèmes hautement philosophiques réside dans les réjouissances de l'humour, les embardées du grotesque et les folies de l'érudition.


  • La revue de presse Hubert Prolongeau - Télérama du 21 juin 2017

Résumer un roman de Morrow est périlleux, tant se mêlent une imagination débordante, un humour cinglant et l'art de construire des fables aventureuses qui se dévorent tout en faisant réfléchir. Tous les personnages - y compris ceux qui ne reflètent pas les opinions de l'auteur, puissamment athée - sont suffisamment fins pour exister à part entière et permettre d'éviter l'écueil du roman à thèse. Hilarant et provoquant, L'Arche de Darwin est, à sa façon, une divine comédie...



  • Les premières lignes

Ce samedi marin, le révérend Granville Heathway prononça «Le testament des arbres», le sermon le plus ambitieux de sa carrière. Il prêcha pendant pas loin d'une heure sur la totalité de la création, des champignons aux grives, des lys aux alligators, des guêpes aux homards, des kangourous aux chrétiens, y compris les paroissiens mêmes qui lui accordaient si obligeamment leur attention. Les sermons de Granville étaient normalement plus modestes - de petites homélies douillettes, comme les appelait avec affection sa femme, Evelyn -, mais la lecture du remarquable volume de William Paley, Natural Theology, l'avait encouragé à déclamer ses arguments en chaire.
De toutes les énigmes religieuses qui troublaient régulièrement les ouailles de Granville, aucune ne les vexait plus que l'apparent consentement du Seigneur à la souffrance humaine et animale, paradoxe auquel Mr Paley apportait une solution astucieuse. Le caractère superflu des choses définissait le monde. En produisant une surabondance de progénitures, chaque couple de créatures terrestres payait la survie de son espèce en nature. Inévitablement, cette redondance reproductive apportait la famine, la maladie et la mésaventure à de nombreux individus, mais une telle douleur était logiquement nécessaire. Dieu n'aurait pas pu concevoir les lois de la nature différemment.
Lorsqu'il se permettait un répit loin de ses responsabilités cléricales, Granville recherchait des activités aussi modestes que ses sermons habituels. Il cultivait son potager, relisait les romans de Mrs Radcliffe et jouait au cribbage avec son fils, Bertram, certainement le jeune homme le plus brillant de County Kent. Mais la principale passion de Granville était l'élevage des pigeons. Il avait acheté trois pigeons bisets femelles et leurs compagnons lorsqu'il avait été promu pasteur de St Mary's Church, à Down Parish, une décennie auparavant, et il ne fallu pas longtemp avant que sa chère Evelyn et lui se trouvent à la tête d'une grande famille d'oiseaux, tous doués d'un troublant instinct pour retrouver leur colombier.
Après le service du dimanche, Granville avait pris l'habitude d'offrir un exemplaire du sermon du jour à chaque communiant et, si le paroissien le souhaitait, il y ajoutait un pigeon vivant dans une cage d'osier. Les paroissiens rentraient chez eux, écrivaient une courte question ou une remarque liée à l'homélie, fixaient le message à la patte de l'oiseau et l'envoyaient rejoindre le presbytère. Les dimanches matin, avant de monter en chaire, Granville distribuait des réponses écrites, détaillées et individuelles. C'est ainsi qu'il maintenait une correspondance privée avec les membres les plus curieux de sa congrégation, et rassurait avec gentillesse leur confusion concernant le bien et le mal, le péché et le salut, le paradis et l'enfer.
En terminant son sermon sur la théologie naturelle, Granville réalisa que, étant donné la complexité du sujet, la demande de pigeons allait être importante. Il n'avait cependant pas anticipé la réaction d'une de ses paroissiennes, Emma Darwin, maîtresse de Down House et épouse d'un naturaliste et géologue renommé. À peine avait-elle accepté un pigeon du nom de Cicéron des mains de Bertram, qu'elle fit venir son fils de six ans et sa fille cadette. Les enfants transportaient leur propre cage en osier - Willy agrippait un côté, Annie l'autre - qu'ils présentèrent immédiatement à Granville. Son occupant agité et roucoulant était un pigeon biset d'une élégance singulière.
(...)


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