Thomas et Alexander Huber : à corde tendue / Passion du livre

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.. Thomas et Alexander Huber : à corde tendue

Couverture du livre Thomas et Alexander Huber : à corde tendue

Auteur : François Carrel

Date de saisie : 08/06/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Guérin, Chamonix, France | Paulsen, Paris, France

Collection : Le texte et l'image

Prix : 56.00 €

ISBN : 9782352211747

GENCOD : 9782352211747

Sorti le : 18/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Portrait d'une paire de play-boys qui écrit à quatre mains l'histoire de l'escalade libre et de l'alpinisme. Thomas et Alexander Huber : deux frères, une cordée...

Un jour de 1978, Monsieur Huber a emmené Thomas, son fils de 11 ans, faire sa première course en montagne. Alex, 9 ans, a trépigné. Rivaux et complices depuis l'enfance, les frères Huber de Bavière n'ont pas tardé à prendre leur envol, ensemble. Leur cordée a remonté au pas de course l'échelle des difficultés de l'escalade libre. Depuis plus de vingt ans, ils sont aux avant-postes de la révolution verticale. Ils sont si proches : frères presque jumeaux, amis, complices, voisins, compagnons engagés dans le haut niveau mais aussi parfois rivaux : les plus belles réussites de l'un aiguisent la hargne et l'ambition de l'autre. Du Yosemite à l'Himayala, en passant par les Alpes, les frères Huber jouent dans la cour des grands...





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Ce n'est qu'à quelques heures de sauter dans un avion en partance pour l'Himalaya pakistanais, ce 15 juin 2015, qu'Alexander et Thomas Huber m'ont donné, chacun à leur tour, leur accord formel à l'écriture de cette biographie, par deux e-mails laconiques. À 48 ans et 46 ans, ces deux Bavarois, chevelus, athlétiques, ouverts et dynamiques, à la fois frères et compagnons de cordée, n'étaient pourtant pas arrivés à l'heure de dresser un bilan final de leurs carrières : dans quelques jours, ils allaient s'attaquer ensemble à une fantastique muraille himalayenne, la sauvage face nord du Latok, devenue mythique pour avoir repoussé toutes les tentatives des plus grands alpinistes depuis près de quarante ans !
Le défi de ce livre ne s'arrête pas à cette dimension sportive. Ce n'est en effet pas d'une simple biographie dont il s'agit, mais bien de deux, conjointes et entremêlées. Thomas et Alexander sont frères, ils ne sont pourtant pas jumeaux, loin de là. Ils ne se confondent pas avec leur cordée, ils ont chacun leur personnalité et leur histoire bien distincte. Thomas, l'aîné et le plus grand des deux frères, le plus fougueux et expansif, est adepte d'un alpinisme instinctif et spontané. Enthousiaste, le corps tatoué et zébré d'innombrables cicatrices, il est attiré plus que tout par l'impossible et le défi physique et moral. Alexander, le cadet, plus réservé, est cérébral et méthodique, maître absolu de la performance technique, mentale et physique sur le rocher, adepte du solo intégral, âme généreuse et joyeuse mais secrètement cabossée.
Ils ne seraient néanmoins jamais allés aussi loin s'ils n'avaient pas été deux, s'ils ne s'étaient mutuellement poussés en avant dès l'enfance, aiguillonnés sans relâche par un mélange détonnant de complicité et de concurrence fraternelle. L'histoire de leur cordée, autant que celle de leurs parcours individuels respectifs, est celle d'une longue, tumultueuse et féconde relation entre deux frères. Aussi proches que différents l'un de l'autre, ils oscillent depuis leur enfance entre fusion et autonomie, complicité et rivalité, admiration et jalousie. Frères d'arme, ils sont aussi souvent frères en armes, s'opposant l'un à l'autre. S'ils ont connu des phases de convergence exceptionnelles, leur permettant de réaliser ensemble des performances inédites, ils se sont souvent séparés, parfois abruptement, pour réussir de grandes ascensions chacun de leur côté, les succès de l'un provoquant souvent en réaction ceux de l'autre...
Le troisième enjeu de ce récit est de parvenir à dépasser le fossé culturel qui nous sépare de Thomas et Alexander. Alpinistes professionnels, ils jouissent d'une large célébrité en terres germanophones où on les surnomme les Huberbuam, ou «garçons Huber» en dialecte bavarois. En Allemagne et en Autriche, mais aussi en Suisse et en Italie germanophones, des centaines de milliers de personnes ont assisté avec enthousiasme à leurs innombrables diaporamas. Les films réalisés sur leurs aventures ont été diffusés des centaines de fois à la télévision et ont rempli les salles de cinéma. Certains de leurs livres ont été vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires. Hors des pays de langue allemande en revanche, et en France en particulier, les frères Huber restent méconnus. La société hexagonale de l'alpinisme et de l'escalade elle-même n'a, le plus souvent, pas montré de grande passion pour leur parcours et leurs personnalités. Aucun de leurs nombreux livres n'a été traduit en français. On leur reproche parfois leur professionnalisme dans la communication, porté à un degré presque sans équivalent chez nous. Il faut dire qu'on les a peu vus grimper en France et qu'ils ne parlent pas notre langue ; ils font de fait partie d'un monde alpin germanophone largement ignoré de notre côté des Alpes.
L'immense famille des montagnards de langue allemande, à la superbe vitalité sportive, culturelle, économique et historique, nous reste étrangère. Question de langue, bien sûr, mais d'héritage historique aussi. Les traumatismes des deux guerres mondiales qui ont dressé les peuples allemand et français l'un contre l'autre n'ont pas totalement disparu et dans le champ alpin, tout nous sépare : nos références, nos histoires, nos héros, nos cotations de difficulté, nos sommets favoris... Le terrain de jeu de cette société montagnarde germanophone s'étend sur les massifs alpins de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et même d'Italie, puisque le versant nord des Dolomites, ou Tyrol du Sud, était autrichien jusqu'en 1918 et qu'on y parle toujours allemand. Les alpinistes de cette immense portion des Alpes, à la culture partagée, forment une forte communauté en montagne, se sont toujours associés pour faire progresser leur discipline et sont souvent restés entre eux. Les grands noms de l'alpinisme germanique, Paul Preuss, Hans Dülfer, Herman Buhl, Reinhold Messner, Wolfgang Güllich, Kurt Albert, Kurt Diemberger, Hans Kammerlander, Reinhard Karl et les autres ont tous réalisé leurs premiers faits d'arme sur les massifs germaniques, des Dolomites italo-autrichiennes au Frankenjura allemand, en passant par le Tyrol autrichien et le Valais suisse. Thomas et Alexander Huber, depuis leurs débuts, se sont toujours inscrits dans la référence à ces grands aînés et ont marqué à leur tour l'histoire de ces montagnes.


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