Le scandale des eaux folles. Volume 2, Les sortilèges du lac / Passion du livre

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.. Le scandale des eaux folles. Volume 2, Les sortilèges du lac

Couverture du livre Le scandale des eaux folles. Volume 2, Les sortilèges du lac

Auteur : Marie-Bernadette Dupuy

Date de saisie : 01/06/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France

Collection : Roman d'ailleurs

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782702157541

GENCOD : 9782702157541

Sorti le : 03/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

1928, dans le village de Saint-Prime, sur les rives du lac Saint-Jean, au Québec. Jacinthe, l'aînée des Cloutier, s'estime comblée. Elle exerce son métier d'infirmière avec passion. Heureuse en ménage, elle mène une existence en apparence paisible non loin de ses parents cultivateurs, de son frère Lauric et de sa soeur Sidonie, des jumeaux. Les Cloutier élèvent aussi Anathalie, la fille d'Emma, benjamine de la famille, morte tragiquement dans les eaux du lac en laissant cette enfant de père inconnu.
Les Cloutier, aussi unis soient-ils, n'ont jamais complètement surmonté ce drame. En quête de sérénité, Jacinthe s'acharne à découvrir l'identité du père d'Anathalie. Sans se douter que de nouvelles tragédies précipiteront le destin des uns et des autres dans le chaos...

Passée maître dans l'art de l'intrigue et des rebondissements, Marie-Bernadette Dupuy nous fait partager les joies, les peines, les angoisses, les bonheurs d'une famille extraordinairement attachante et nous entraîne dans un tourbillon de surprises et de révélations.

Marie-Bernadette Dupuy est née et vit en Charente. Elle a rencontré le succès dans les genres littéraires les plus variés, de la littérature de terroir au policier en passant par les grandes sagas romanesques. Traduite jusqu'en Russie, romancière généreuse et pleine de curiosité, elle ne cesse de gagner de nouveaux lecteurs.





  • Les premières lignes

Dans la tourmente

Saint-Prime, Lac-Saint-Jean, vendredi 4 janvier 1929
Un vent glacé balayait la piste. Certaines bourrasques d'une violence effrayante soulevaient la neige fraîche en créant des formes étranges, mais éphémères, qui faisaient songer à des silhouettes fantastiques nées de l'hiver et aussitôt détruites selon les caprices des rafales.
- Torrieux, nous v'là dans un maudit blizzard, hurla Josué le Borgne. Ben désolé, ma p'tite dame !
Jacinthe perçut vaguement sa voix grave et éraillée sans rien comprendre. Pelotonnée dans une épaisse couverture en laine sur le traîneau du pittoresque individu, elle se protégeait de son mieux du froid polaire. «Je n'ai pas eu le choix !» se dit-elle encore une fois.
Seuls ses yeux bleu vert étaient exposés à la tourmente, le reste de son visage étant caché par une écharpe, alors que son bonnet était rabattu jusqu'aux sourcils. De ce regard turquoise, la jeune infirmière considérait avec un effroi sacré le désert blanc qui semblait prêt à l'engloutir. Elle avait beau se raisonner, les grondements et hurlements de la tempête lui faisaient songer aux vociférations d'une meute de loups en chasse.
«Quand arriverons-nous, enfin ?» La question la taraudait. Les chiens trottaient depuis deux heures, obligés de mener une allure modérée tant il avait neigé la veille, ralentis de surcroît par la violence du vent. En fille du pays, Jacinthe Desbiens, née Cloutier, connaissait les dangers qui les menaçaient, le Borgne et elle.
Même si les jours s'allongeaient imperceptiblement à la mi-janvier, la nuit ne tarderait pas. Soudain furieuse, la jolie garde de Saint-Prime, comme on la surnommait, virevolta et se mit à genoux pour se cramponner au dosseret de la traîne. En faisant face à l'homme qui l'avait entraînée dans ce très mauvais pas, elle cria de toutes ses forces :
- Vous m'avez menti ! Je ne serai jamais de retour chez moi ce soir !
Il devina à peine ses paroles et haussa les épaules. Elle scruta le visage buriné de l'énigmatique personnage, dont l'oeil unique brillait de malice. Sa barbe grise était givrée, la fourrure de son capuchon aussi. Il ne daigna pas répondre, mais une grimace moqueuse dévoila un vestige de dentition jaunie par le tabac. Dans le même temps, d'un geste impérieux de la main gauche, il lui fit signe de se rasseoir.
Au bord des larmes, Jacinthe dut obéir. Soucieuse d'éviter les engelures, elle se dissimula entièrement sous la couverture et dompta sa peur en agitant ses doigts et ses orteils. Malgré ses mitaines en cuir fourrées de laine, ses deux paires de chaussettes et de solides bottes en peau retournée, elle n'était pas à l'abri d'un inconvénient de ce genre.
«Ne pas s'affoler, rester calme, avoir confiance en Dieu ! s'exhorta-t-elle en silence. Josué le Borgne est un brave type. Grâce à lui j'ai pu ramener Anathalie à la maison pour Noël. Un de ses amis est blessé ; je n'avais pas le choix. Je fais mon devoir de garde, mais je ne croyais pas que ce serait si mouvementé, ici, du côté de Saint-Prime.»
(...)


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