Embruns / Passion du livre

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.. Embruns

Couverture du livre Embruns

Auteur : Louise Mey

Date de saisie : 05/06/2017

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve éditions, Paris, France

Prix : 18.90 €

ISBN : 9782265116481

GENCOD : 9782265116481

Sorti le : 11/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Béa, Chris et leurs deux rejetons de presque vingt ans sont charmants, sportifs, talentueux et, surtout, ils forment une équipe complice.
Voilà une famille qui a le bon goût dans le sang, chérit les matières nobles, les fruits du marché, le poisson jeté du chalutier, la tape amicale dans le dos des braves. Voilà une team unie qui porte haut les valeurs d'authenticité, d'équité, d'optimisme. Les Moreau - c'est leur nom - ne perdent pas une miette de leur existence. Ils sont insupportablement vivants.
Et comme le veut l'adage, les chiens ne font pas des chats : Marion et Bastien sont les dignes héritiers de leurs parents. Ils ne les décevront pas. Pour l'heure, tous les quatre se sont réfugiés le temps du pont du 14 Juillet sur une île de Bretagne. Un coin de paradis si prisé qu'il est impossible d'y séjourner sans passe-droit. Mais, même l'espace d'un week-end, impossible n'est pas Moreau.

Seulement, quand au retour d'une balade Béa, Chris et Bastien trouvent la maison vide, la parenthèse enchantée prend soudain l'allure d'un huis clos angoissant. La petite île, devenue terrain boueux d'une battue sous la pluie pour retrouver Marion, va révéler un autre visage : celui d'une étendue de terre entourée d'eau où vit une poignée d'individus soudés comme des frères et aguerris aux tempêtes.

Après les Ravagé(e)s (2016), Embruns est le deuxième roman de Louise Mey.

À propos des Ravagé(e)s :

«Une jeune auteure à suivre.»
ELLE

«On la suit de près...»
Le Parisien Magazine

«Un polar qui ne manque ni de mordant ni de rythme.»
Kim, librairie Ombres blanches, Toulouse

«Ce premier roman qui a le souci du réalisme est une belle découverte !»
Lucie, espace culturel Leclerc «Océane», Rezé





  • Les premières lignes

- Mais qu'est-ce que tu fabriques ? !
Sur la banquette arrière, Bastien s'immobilisa et ravala à demi son chewing-gum. La boule caoutchouteuse resta collée à sa lèvre ; un filet de bave coula le long du menton du jeune homme. A côté de lui, Marion gloussa.
- Je veux dire... reprit Béa, se tournant encore davantage vers ses enfants, d'un ton nettement moins dramatique, est-ce que tu... est-ce que tu as un business plan précis pour ton chewing-gum, qui n'impliquerait pas d'out-dropping ?
Derrière le volant, Chris eut un rire sonore. Il leva les yeux et chercha le regard de son fils dans le rétroviseur.
Il avait créé un journal spécialisé dans le tourisme sportif, qui marchait bien malgré le contexte de crise globale de la presse écrite. Le magazine s'était constitué au fil des années une audience fidèle, et Chris n'avait pas à se plaindre. Il continuait même à embaucher. C'était un nouveau salarié qui était à l'origine de la phrase étrange que venait de prononcer sa femme. Chris avait recruté voilà quelques mois un jeune commercial chargé de s'assurer que les annonceurs maintenaient, voire augmentaient, leurs budgets. Il restait de l'argent chez les «CSP++» ; il suffisait de convaincre les marques que le magazine de Chris était le bon endroit où venir le chercher. Une page sur une montre de luxe. Deux sur un croisé berline tout-terrain, pour les hommes qui se rêvaient avec un quotidien d'aventurier élégant, un quotidien qui nécessiterait de passer des immensités de l'Alaska aux funérailles d'un ministre. Une double centrale sur du matériel d'escalade haut de gamme, avec un couple svelte et bronzé qui gravitait à flanc de montagne. Le gamin qui avait rejoint l'équipe s'appelait Alexandre, il aimait les croisés berline tout-terrain, espérait un jour assister à des funérailles de ministre avec au poignet une montre hors de prix. Il courait quinze kilomètres chaque matin en pensant à des femmes aux jambes musclées et aux seins moites, gravitant à flanc de rocher. Il était parfait. Il faisait du chiffre. Et, avec son arrivée, Chris avait commencé à prendre un peu plus de temps pour lui. À rentrer un peu plus tôt. En rapportant à la maison le franglais improbable qui avait envahi ses locaux avec Alexandre. Chaque soir, il livrait à sa famille les trouvailles linguistiques de son employé, comme on déclame l'éphéméride du jour.
On avait ri et commencé à adopter de temps à autre le même vocabulaire hybride, pour plaisanter. Se focuser était un mélange de to ficus et de l'infinitif français. Forwarder suivait la même logique. Comme si se concentrer ou faire suivre, leurs traductions exactes, étaient moins efficaces.
Béa, sur le siège avant, avait conscience de son ton dramatique, et son premier réflexe avait été de recourir à cette blague récurrente pour tempérer sa remarque. Mais elle n'avait pas la moindre intention de transiger sur le fond : elle trouvait ridicule de jeter des déchets à l'extérieur, alors que l'intérieur de la voiture de luxe était pourvu de poubelles.


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