Brève apologie pour un moment catholique / Passion du livre

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.. Brève apologie pour un moment catholique

Couverture du livre Brève apologie pour un moment catholique

Auteur : Jean-Luc Marion

Date de saisie : 05/06/2017

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782246856801

GENCOD : 9782246856801

Sorti le : 24/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

«On peut invoquer, bien sûr, "l'âme de la France", même si l'on ne croit plus guère sans doute à la réalité de sa propre âme à soi. Mais si, comme responsable politique, l'on prend ce risque, il faut mesurer ce que l'on dit et surtout ce que l'on ne peut pas dire. Seuls les chrétiens peuvent mettre en jeu leur âme dans la communauté française, parce qu'eux seuls savent ce que c'est que de la donner, pour donner une communion à une communauté, qui, sans eux, ne serait plus une et indivisible. Il se pourrait que, contre toute attente et toutes les prédictions des sages, des experts et des élites supposées, nous allions au-devant d'un extraordinaire moment catholique de la société française. Ou plutôt, il se pourrait qu'un tel moment, décidément hors de portée du pouvoir et de la rationalité positiviste de la politique contemporaine, constitue la seule option raisonnable qui nous reste, tandis que nous nous approchons du coeur du nihilisme...»
J.-L. M.

Y a-t-il un avenir catholique dans la France actuelle ? Faut-il parler de laïcité ou de séparation ? Peut-on penser «l'utilité de la communion» ? N'ayez pas peur, disait Jean-Paul II au balcon de l'histoire. «N'ayez pas peur de nous !» affirme Jean-Luc Marion, qui nous offre une méditation littéraire et philosophique sans équivalent dans le monde actuel.

Jean-Luc Marion, professeur émérite à l'Université Paris-Sorbonne, enseigne toujours à l'Université de Chicago. Il a publié, chez Grasset, L'Idole et la distance (1977), Le Phénomène érotique (2003) et Certitudes négatives (2010), et son oeuvre philosophique est traduite dans de nombreuses langues. En 2010, il a fait son entrée sous la Coupole, en prononçant l'éloge de l'homme qu'il connut et conseilla : le cardinal Lustiger.





  • Les premières lignes

ADRESSE :

La croix sans la bannière

«N'ayez pas peur !», cette injonction de Jean-Paul II lancée du balcon de Saint-Pierre juste après son élection, il y a presque quarante ans, entendait réconforter les catholiques du monde entier. Il semble qu'aujourd'hui ce soient plutôt les catholiques français qui devraient répéter ces mots à quelques Français non catholiques, effrayés d'un retour du cléricalisme, voire à certains catholiques intimidés par leur existence même. Je vous le dis donc : «N'ayez pas peur de nous !»
Car il semble que vous ayez peur, ou du moins que vous vous inquiétiez, à lire l'amoncellement de déclarations, qui font tapage sur le «retour» des catholiques (mais d'où tenait-on qu'ils avaient disparu ?), sur leurs choix politiques (mais pourquoi seraient-ils les seuls citoyens à ne pas en faire ?), sans parler de ceux qui s'étonnent que Dieu ne soit pas «mort» (comme si la proposition avait un sens). L'incompréhension va même parfois jusqu'à l'absurde ou à l'inconvenant, quand on reproche à un candidat à la présidence de la République d'admettre être chrétien (est-ce un délit ?), ou au pape de n'être pas vraiment «progressiste» parce qu'à la fin des fins il maintient le dogme (n'est-ce pas son simple devoir ?). Cette crainte fait bien de l'honneur aux catholiques, qui n'en méritent pas tant. Car enfin, imagine-t-on vraiment que ce qui menace aujourd'hui la sérénité de la nation française et l'unité de la République, ce soient les catholiques, à qui les mêmes athées officiels reprochent surtout leur trop petit nombre et leur manque de conviction ? Peut-on vraiment prendre au sérieux les fantasmes que nous déversent les éditoriaux peu pensés, les enquêtes biaisées et les révélations de vaticanistes approximatifs ? Il me semble que tout ce fatras sort de sacristies assez imaginaires, parce que en fait on ne va guère voir les catholiques là où ils sont vraiment, je veux dire dans les célébrations et les messes, les Écritures et la prière. Bref, de quoi et de qui parle-t-on quand on s'inquiète ? D'ailleurs que sait-on d'eux ? A dire vrai, pas grand-chose, faute de fréquenter beaucoup les églises (sinon on n'irait pas répétant qu'elles sont toutes vides) ; faute de pratiquer souvent la Bible (bien qu'on continue d'y chercher des étonnements) ; faute de travailler la théologie (ou alors, plutôt que chez Lubac, Bouyer et Balthasar ou saint Augustin, dans le Da Vinci Code, que me recommandait un soir très sérieusement un collègue de l'université de Chicago, professeur de biochimie et positiviste serein, qui ne voulait, avec bienveillance, me déniaiser un peu de mon papisme) ; et il faudrait aussi, parfois, visiter les pauvres, les malades et les prisonniers (au lieu d'en parler trop à son aise). Restons sérieux quand on nous évoque ces choses, puisqu'on n'oserait pas afficher avec une telle bonne conscience son ignorance sur aucun autre sujet (ni en économie, ni en politique, ni en littérature, ni en peinture, ni en musique, ni même en oenologie, ni bien sûr en amour, pour s'en tenir à l'essentiel). Pourquoi se le permet-on, quand s'il s'agit de Dieu et de la foi des catholiques ? En fait, même le moyen des catholiques devrait rester discret, car seuls les saints parlent décemment de Dieu, et ont qualité pour critiquer l'Église et les catholiques : ils ne se sont d'ailleurs pas gênés pour le faire, et avec la plus grande efficacité.
(...)


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