Chasseurs de cyclones / Passion du livre

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.. Chasseurs de cyclones

Couverture du livre Chasseurs de cyclones

Auteur : Christine Avel

Date de saisie : 02/06/2017

Genre : Jeunesse à partir de 9 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium

Prix : 12.00 €

ISBN : 9782211232807

GENCOD : 9782211232807

Sorti le : 10/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Le collège, la maison, les copines : la vie d'Élise, à treize ans, est trop banale à son goût. Elle a beau se rêver photographe, elle se contente de prendre des photos avec son petit téléphone.
Jusqu'à ce jour où sa mère lui propose, pour premier voyage, de l'emmener aux Bahamas avec Léa, son amie d'enfance.
Les Bahamas, un paradis, comme le vantent les brochures touristiques ? On en est loin : sa mère n'est jamais disponible, Léa est l'amie trop parfaite. Pour comble de malchance, un cyclone tropical s'approche...

Christine Avel a beaucoup voyagé pour des projets de développement en Afrique et en Asie avant de poser ses valises à Montpellier.
Elle écrit des romans et des nouvelles à l'école des loisirs, au Dilettante (Double foyer, L'Apocalypse sans peine) et au Seuil (Autoportrait à la valise) ainsi que pour la radio et pour différentes revues.





  • Les premières lignes

Ma mère, vue de dos

Photo 48, mardi 10 octobre, 20 h 42.
Ma mère, de dos, à son bureau. Sa tête est penchée vers la gauche, appuyée sur sa paume. Sa pose habituelle. La lampe éclaire ses cheveux relevés en chignon tenu seulement par un stylo. Quand j'étais petite, elle prenait tous mes crayons d'école pour ses drôles de coiffures ; j'aimais choisir les couleurs assorties à son pull.
Je ne vois pas son visage, elle réfléchit ou s'ennuie à mort. L'écran d'ordinateur brûle devant elle, couvert de signes bizarres.

- Élise, tu as une minute ?
Je lève mon stylo, je mets la musique sur pause et j'attends. Silence. Ma mère a dû renoncer. Elle ferait mieux de venir me parler au lieu de hurler à distance, elle me le reproche toujours. Je monte le son. Rien de tel que la musique à fond pour me concentrer et trier les photos sur le minuscule écran de mon portable. J'écris sur mon carnet la légende de la dernière photo. Ma mère vue de dos.
La photo est floue et même pas droite, mais elle résume ma vie.
Ma mère passe ses journées et une bonne partie de ses soirées vissée à l'ordinateur, et pour quoi ? Elle parle toujours de projets pour des laboratoires pharmaceutiques. Elle triture des tableaux de chiffres et des courbes, petites ou grandes, jaunes, bleues ou rouges, sur un ordinateur. Puis parcourt le monde pour présenter les projets à des congrès, qui rassemblent des centaines de dingues passionnés eux aussi par ces chiffres, bizarrement.
De là elle rentre épuisée, cinq à six fois par an, après un long voyage en avion. Alors, ta semaine chez Louise ?, me demande-t-elle au retour. Tout va bien au collège ? Elle m'expédie faire mes devoirs, me dit de me coucher tôt. Quand je la bombarde de questions, elle se plaint de la fatigue et du décalage horaire ; mais au fond, elle adore voyager, elle ne résiste pas, pendant des heures elle me raconte des détails drôles ou terrifiants : les araignées grillées dévorées avec les doigts, un orage splendide vu de sa chambre d'hôtel, les rues inondées par la mousson. Ces soirs-là nous mangeons n'importe quoi sur le canapé, des chips et des bonbons. Avec le décalage horaire elle oublie l'heure et pousse un cri bien après minuit : Élise, mais tu as cours demain ! Mais je sais qu'elle se sent un peu coupable de partir, la preuve, ce petit cadeau qu'elle achète toujours au dutyfree de l'aéroport, un magnet bariolé, un parfum trop sucré. L'an dernier, elle m'a même rapporté de Corée un tee-shirt «Hello Kitty» que jamais, jamais, je n'oserai mettre. Mais au moins chacun de ses cadeaux a vu du pays.
(...)


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