Martha ou La plus grande joie / Passion du livre

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.. Martha ou La plus grande joie

Couverture du livre Martha ou La plus grande joie

Auteur : Francis Dannemark

Date de saisie : 22/05/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 9791027801206

GENCOD : 9791027801206

Sorti le : 01/06/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Martha a perdu de larges pans de sa mémoire à la suite d'un accident. Elle parle peu mais elle voit tout. Et quel sourire ! Au début de l'été, en nous rendant dans un joli village au bord de l'Yonne, nous ignorions qu'une femme âgée allait nous dévoiler son passé et nous plonger dans l'eau froide du nôtre. Pendant ce temps, en Irlande, un vieil écrivain, dont j'étais le traducteur et l'ami, serait accusé de plagiat et disparaîtrait dans la nature.

Mais lorsque je repense à ces journées, j'ai envie de retenir tout ce quelles ont eu de tendre, de farfelu et de merveilleux. J'ai envie de parler de la plus grande joie de Martha, qui pourrait bien être aussi la mienne. Et la vôtre.»

Francis Dannemark est né en 1955. Il est l'auteur d'une quarantaine de livres, principalement chez Robert Laffont et au Castor Astral, dont Choses qu'on dit la nuit entre deux villes, Qu'il pleuve, Le Grand Jardin et Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un). En duo avec Véronique Biefnot, sous le nom de Biefnot-Dannemark, il est aussi l'auteur de La Route des coquelicots et de Kyrielle Blues, ainsi que de Place des Ombres, après la brume.





  • Les premières lignes

I

Rencontre avec la rivière

Après avoir traversé la forêt en multipliant tours et détours, comme si la ligne droite n'était jamais qu'une vue de l'esprit sans grand intérêt, la route venait de se transformer en une douce courbe à flanc de coteau pour longer une vaste étendue de champs de blé et de prairies où des vaches, rares et lointaines, avaient pris des poses paisibles. Dans le ciel de ce début de juillet, quelques nuages se laissaient faire par le vent. L'un d'entre eux se penchait pour ramasser son chapeau. Léger, celui-ci lui avait déjà échappé deux fois. Je n'ai rien dit, Martha dormait, j'ai ralenti un peu pour profiter du spectacle.
«Tu as vu ? s'est-elle soudain animée en désignant le ciel. Le bonhomme a rattrapé son chapeau.»
J'ai souri et je me suis dit : voilà bien Martha...
- Tu es réveillée ?
- Presque. La route tournait beaucoup.
- Oui. Un peu de vertige ?
- Non ! C'était comme sur un bateau. J'ai pensé ça : on est sur un bateau. J'ai ouvert les yeux une seconde. Un bateau entre les arbres. Et j'ai dormi. C'était bien.
Je me suis tourné vers elle. Le soleil lui faisait un peu cligner les yeux. La très fine cicatrice qui courait le long de sa mâchoire inférieure était plus blanche que d'habitude. À cause de la lumière sans doute. L'autre cicatrice, près de sa tempe, avait vraiment la forme d'une île. Martha regardait le paysage avec attention, en souriant.
- Est-ce que nous avons un cadeau d'anniversaire pour... pour cette dame qui nous attend ? Comment s'appelle-t-elle ?
- Jeanne. Mais ce n'est pas une fête d'anniversaire. Ce n'est pas une fête, d'ailleurs. Si je me souviens bien, elle m'a dit qu'elle avait quatre-vingt-sept ans. Ça veut dire qu'elle est née en...
- En 1928. Ou en 1927 si elle est née dans la seconde partie de l'année.
- J'aimerais bien calculer aussi vite que toi.
- Je ne le fais pas exprès. Et puis, ça sert à quoi ? Je n'aime pas calculer, parfois ça calcule tout seul, tu sais.
Je lui ai dit que Cyril avait envoyé un texto. Elle n'a pas réagi. Comme si elle n'avait pas entendu. Je n'ai pas insisté, je savais que ça ne servait à rien. Quelques kilomètres se sont ajoutés au compteur.
- Mon fils n'est pas un homme très gentil, a-t-elle énoncé d'une voix neutre.
- C'est ce que dit Pauline dans le texto que j'ai reçu ensuite... Son frère et elle ne sont pas sortis de leur dispute, on dirait.
- C'est un beau prénom, Pauline. Il est tout lisse, on pourrait s'y baigner.
Je ne lui pas dit que, dans une autre vie, elle avait dû être un dauphin. Ou une loutre. J'étais heureux qu'elle fasse ce voyage avec moi. Loutre ou pas, elle était Martha pour moi, malgré tout.

(...)


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