Hollywood ne répond plus... / Passion du livre

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.. Hollywood ne répond plus...

Couverture du livre Hollywood ne répond plus...

Auteur : Olivier Rajchman

Préface : Alex Mankiewicz

Date de saisie : 28/05/2017

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : Baker street, Paris, France

Prix : 21.00 €

ISBN : 9782917559475

GENCOD : 9782917559475

Sorti le : 18/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Au début des années 1960, la 20th Century Fox traverse une crise sans précédent qui manque de la faire sombrer. Au coeur de cette tempête naissent pourtant deux films : Cléopâtre et Le Jour le plus long, qui marqueront l'histoire du cinéma, ainsi qu'un troisième, Something's Got to Give, qui demeurera inachevé. Leurs destins, comme ceux de leurs protagonistes, sont étroitement liés.
Ce livre met en scène un mythe blond - Marilyn Monroe - face à une légende brune -Elizabeth Taylor. La descente aux enfers de l'une, quand la vie de l'autre se rallume au feu d'une passion.
Il fait aussi revivre un immense cinéaste, Joseph L. Mankiewicz, dont les ambitions se heurtent à celles du grand producteur Darryl F. Zanuck.
De Los Angeles au Cinecittà de la Dolce Vita, de Londres à Paris en passant par New York, Hollywood ne répond plus nous entraîne dans un monde de pouvoir, de jalousies et de créations. Ce récit d'une épopée, humaine et artistique, est également celui de la fin de l'âge d'or hollywoodien.

Né en 1971, Olivier Rajchman a écrit pour Le Figaro et Télérama. Auteur, en 2010, d'une biographie croisée de Delon et Belmondo (Ed. Timée), intervenant sur des éditions DVD (L'Homme de Rio, Rocco et ses frères), ayant interviewé, parmi d'autres, Jean Marais, Claudia Cardinale, Robert Redford, Michael Caine, Faye Dunaway, Ettore Scola ou Woody Allen, il signe, chaque mois, des portraits pour Studio Ciné Live, et dirige la rubrique documentaires et sagas à Télé Star.





  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point, mai 2017

Olivier Rajchman raconte comment ce qui devait être un simple remake à petit budget est devenu le super-péplum qui a viré au film-catastrophe. Ce ne devait être qu'un péplum bon marché à 2 ou 3 millions de dollars, le remake d'un film muet de la Fox, avec une actrice de second rang. Cléopâtre restera comme un des sommets du délire hollywoodien. C'est le triomphe de Ben Hur, produit par la MGM, en 1959, qui bouleversa la donne. Comme au poker, la Fox voulut surenchérir et, le 1er septembre, contacta pour le rôle-titre Elizabeth Taylor...



  • Les premières lignes

New York, 12 juin 1963

New York était sa ville. Active, brillante, spirituelle. Mais ce soir de juin, après une journée sans chaleur ni éclat, il s'était senti comme un corps étranger en elle. Chaque bâtiment, le moindre repère familier, depuis les immeubles flambant neufs du Lincoln Center jusqu'à ses adresses habituelles de Park Avenue, avaient l'aspect contrefait, cette réalité différente, parallèle, qu'ont les lieux chers aux hommes dans leurs mauvais rêves.
Joseph L. Mankiewicz domina son malaise, en le tenant à distance. Mais il ne fit que croître lorsqu'il descendit de la limousine mise à sa disposition par la production.
Déferlant depuis Times Square et le Rockefeller Center, la foule, informe, menaçante, s'amassait à l'angle de la 49e Rue et de Broadway. Ses vagues se pressaient contre les vitrines des restaurants Howard Johnson et Jack Dempsey. Le lendemain matin, la police dénombrerait plus de 10 000 curieux rassemblés pour l'événement. En attendant, le cinéaste ne vit qu'un peuple aux pulsions barbares, attiré par l'odeur du sang.
Sa mise à mort.
Pressant la main de son épouse Rosemary, Mankiewicz releva la tête. Sous les huit colonnes doriques du Rivoli Théâtre, de chaque côté des neuf lettres en graphie antique de Cléopâtre, s'étalait l'affiche de l'illustrateur Howard Terpning, témoignant de son pacte avec le diable. Elizabeth Taylor s'y tenait, alanguie, comme indifférente à son malheur, entre Rex Harrison et Richard Burton.
C'était une promesse à la fois fallacieuse et fidèle au désir du studio. Cette image ne figurait pas, en effet, dans le film, mais reflétait bien la volonté de Darryl Zanuck de réduire le diptyque voulu par Mankiewicz à une seule histoire.
Rex Harrison y avait, à sa façon, contribué. Constatant qu'il était exclu du premier projet d'affiche réunissant Taylor et Burton, le comédien avait exigé et obtenu qu'il y soit remédié.
Avec un ou deux amants au programme, le sacrifice de Cléopâtre allait de toute façon être consommé. Qu'il ait lieu, pour sa première, dans ce faux temple gréco-romain était une ironie que goûtait Joe Mankiewicz, amateur de clins d'oeil du destin. L'architecture de ce cinéma, vieux d'un demi-siècle, n'avait pourtant rien à voir avec la décision d'y présenter sa superproduction. Avec son écran large incurvé, la salle était, depuis sept ans, destinée aux projections des oeuvres tournées en format Todd-AO 70 mm. L'exploitant avait, pour l'occasion, innové : l'acoustique déjà exceptionnelle du Rivoli serait magnifiée par un nouveau son substituant au système d'origine quarante-trois amplificateurs permettant à la musique d'Alex North de couler d'un bout à l'autre du film. La technique, du moins, lui offrirait une somptueuse veillée funèbre.
Pour le reste, Mankiewicz ne se berçait pas d'illusions.
Cléopâtre avait été projeté la veille, lors de deux séances réservées à la presse. Le metteur en scène savait que les critiques seraient sans pitié. «Aussi essentiels, selon lui, à l'industrie du cinéma que les fourmis à un pique-nique», ils ne laisseraient rien des reliefs du festin. Son film avait été une telle gabegie, menaçant de faire sombrer la Fox, tuant dans l'oeuf les autres productions du studio, générant sa propre publicité au point d'alimenter sans relâche la chronique des médias planétaire depuis deux ans, qu'il fallait, à présent, sonner la curée.


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