Dossier kastor / Passion du livre

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Couverture du livre Dossier kastor

Auteur : Catherine Fradier

Date de saisie : 15/05/2017

Genre : Policiers

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Collection : Littérature générale

Prix : 20.00 €

ISBN : 9791030701029

GENCOD : 9791030701029

Sorti le : 23/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Depuis Camino 999, les intrigues de Catherine Fradier, inspirées par des questions de société, autopsient les défis environnementaux d'aujourd'hui et de demain. Après les dangers que font peser les grands semenciers sur l'alimentation mondiale dans Cristal Défense, elle s'attaque ici au nucléaire, à travers une nouvelle héroïne, Lauren Valance, récemment nommée commissaire à l'énergie et au climat à Bruxelles.
Le meurtre d'un physicien belge de l'Agence nucléaire de l'OCDE, détenteur d'informations sensibles, puis de celui d'un ingénieur nucléaire français, exécutés selon le même mode opératoire, vont confronter Lauren à une menace inédite : le terrorisme nucléaire. Embarquée dans une course contre la montre haletante, elle naviguera à vue dans les eaux troubles de l'activisme écologiste, du terrorisme d'État et des mouvances radicales.

L'AUTEUR
Membre de la brigade de nuit du 13e arrondissement de Paris, agent de sécurité, Catherine Fradier a beaucoup bourlingué avant d'écrire. Romancière, scénariste et nouvelliste, elle a été récompensée par le Grand prix de littérature policière en 2006 pour La Colère des enfants déchus et par le Prix SNCF du polar français en 2008 pour Camino 999.
Elle est l'auteur au Diable vauvert de Cristal Défense (Prix Michel Lebrun), La Face cachée des miroirs, Le Stratagème de la lamproie, trilogie d'espionnage économique rééditée aux éditions Pocket, et d'un roman jeunesse, Une petite chose sans importance.





  • Les premières lignes

Une humidité sournoise le fit frissonner, il n'était pas assez habillé. L'habitacle de la voiture chauffé par un soleil généreux l'avait trompé. A Bruxelles, le début d'automne pouvait mordre. Un courant d'air mortifère qui circulait dans le bâtiment ouvert aux quatre vents s'enroulait autour de ses chevilles avant de l'envelopper d'un suaire de glace. Il consulta sa montre. Trop tard pour redescendre récupérer son manteau dans la voiture, la fille allait arriver. Sa ponctualité à la minute était l'une de ses manies, comme celle d'exiger qu'il reste assis dos à l'entrée, les mains à plat sur la table. Une fois, c'était à leur troisième rendez-vous, il n'avait pas respecté la consigne, autant par bravade que pour la tester. Assis sur la table les bras croisés dans une posture désinvolte, il l'avait attendue. Et le regrettait encore.
Sans même marquer un temps d'arrêt dans l'encadrement de la double porte aux battants dégondés, elle avait traversé la longue salle poussiéreuse aux recoins jonchés de détritus et s'était arrêtée devant lui, à portée de main. Les pupilles noires au coeur de l'iris bleu pâle translucide l'avaient sondé depuis les tréfonds de l'abîme en prémices de la sanction. Les doigts de la fille s'étaient refermés sur ses cervicales et leur étau lui avait broyé la nuque. Dans un râle étouffé, il s'était lourdement affaissé sur les genoux, sonné. Accroupie à sa hauteur, elle lui avait alors murmuré «Assis» au creux de l'oreille. Il lui avait fallu plusieurs tentatives pour se hisser sur la chaise.
Des frissons le secouèrent. Il ne sut si c'était à cause du froid ou de l'appréhension de cette dernière livraison dont la collecte lui avait donné des sueurs. Déjouer la sécurité, contourner les protocoles, leurrer les différents niveaux d'accréditation s'était révélé plus ardu que les fois précédentes. Compte tenu de la valeur de ces ultimes informations, il avait exigé le double. La fille avait accepté sans discuter, sans en référer. Avec du recul, là au milieu de nulle part dans ce bâtiment désert, crispé sur une chaise bancale face à une table métallique, rescapées d'une entreprise qui avait connu des jours meilleurs, il douta. Un oeil vers la serviette de cuir posée devant lui, il entreprit d'évaluer les options. Elles n'étaient pas nombreuses. Courir et dévaler les quatre étages, ou bien attendre. Attendre encore un peu et être riche de quelques milliers d'euros supplémentaires. Cent pour être précis. Cent mille euros qui s'ajouteraient au pactole. Oubliant le froid qui le paralysait dans son costume trop léger, il ferma les yeux à la recherche de la sensation du sable brûlant sous son corps, le visage et le torse rafraîchis par les embruns du ressac de l'océan. Il aurait bientôt le loisir de s'en repaître jour après jour et pas seulement pour une semaine ou deux à l'occasion de courtes vacances.
Une ombre glissa. Il ouvrit les yeux, le coeur battant. Elle était là devant lui, une esquisse de rictus au coin de la bouche. Ses lèvres à peine teintées et sa pâleur extrême renforçaient son inquiétante personnalité. Si on faisait abstraction de son allure androgyne avec son blouson et ses chaussures montantes, elle lui rappelait ces mannequins filiformes qui arpentaient les podiums d'une démarche saccadée. Sauf que cette fille-là avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Nul besoin d'être un spécialiste pour constater ses désordres intérieurs qui transparaissaient à l'aune de quelques détails : l'absence par intermittence dans le regard, les haussements d'épaules convulsifs, les rafales de battements de cils en signe de contrariété, sa façon de croquer des Tic Tac et de balancer la boîte vide d'un coup de pied.
C'était une dingue et il s'appliquait à ne pas l'irriter.


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