Le neveu d'Amérique / Passion du livre

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.. Le neveu d'Amérique

Couverture du livre Le neveu d'Amérique

Auteur : Luis Sepúlveda

Traducteur : François Gaudry

Date de saisie : 16/05/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Suites. Suite hispano-américaine

Prix : 9.00 €

ISBN : 9791022606868

GENCOD : 9791022606868

Sorti le : 11/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Fidèle à la promesse faite à son grand-père d'aller un jour en Andalousie, dans le village de la famille, Luis Sepúlveda emprunte une route pleine de détours. Depuis Santiago du Chili ce voyageur infatigable, curieux de paysages mais surtout de rencontres, nous invite à l'accompagner dans quelques péripéties de sa vie ; de sa découverte, sous la tutelle du vieil anarchiste, d'un militantisme qui l'amènera à la prison et à l'exil dans divers pays d'Amérique du Sud, jusqu'au bonheur du retour, des années après, en Patagonie et en Terre de Feu. Avec un inégalable sens de la rencontre avec les autres, il nous fait connaître des marins, des professeurs amateurs de casinos et de femmes, des filles à marier à tout prix, les vainqueurs d'un championnat de mensonges et un aviateur fou... Un itinéraire personnel vagabond qui ne prend son sens qu'avec l'accomplissement de la promesse faite à son grand-père.
Incomparable raconteur d'histoires, Luis Sepúlveda transforme la réalité en littérature.

«Une vraie fête, un voyage parfois amer mais toujours jubilatoire, avec la tendresse pour unique boussole.» L'Express

«Conteur impénitent et coriace, capable de vous faire aimer un petit bled hagard bourré d'histoires à l'autre bout du monde.» Lire

«Un vrai bonheur de lecture.» Le Journal de Genève

Luis Sepúlveda est né en 1949 au Chili et vit actuellement en Espagne, dans les Asturies. Il est l'auteur, entre autres, du Vieux qui lisait des romans d'amour, du Monde du bout du monde, de la Folie de Pinochet, et tout dernièrement de La Fin de l'histoire. Il a écrit plusieurs livres pour les plus jeunes, dont l'Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler. Il est traduit dans 50 pays.





  • Les premières lignes

Dans la maison mexicaine de Mari Carmen et Paco Ignacio Taibo I, il y a une table immense autour de laquelle peuvent se réunir vingt-quatre invités. C'est là qu'un beau jour j'ai entendu prononcer la phrase qui donne son titre à un livre de Taibo I : "Pour arrêter les eaux de l'oubli." Lorsque plus tard j'ai lu le livre, j'ai senti croître ma tendresse et mon admiration pour l'écrivain asturien et j'ai appris du même coup qu'on a beau aimer certains textes et les considérer comme une part fondamentale de son intimité, on ne peut éviter de s en séparer.
J'ai décidé de me séparer de ces notes, compagnes d'une longue route, qui surent toujours me rappeler que je n'avais guère le droit de me sentir seul, déprimé ou abattu.
Elles ont été écrites en divers lieux et circonstances. Je n'ai jamais su comment les baptiser et ne le sais encore pas.
Quelqu'un m'a dit un jour que je devais sûrement avoir de nombreux textes dans mes tiroirs ; surpris par le propos, je demandai des explications.
- Des fonds de tiroirs, de ces annotations qu'on écrit sans savoir pour qui ni pourquoi, répondit mon interlocuteur.
Eh bien, non. Ce ne sont pas des fonds de tiroirs, car ils impliqueraient l'existence d'un tiroir, c'est-à-dire d'un bureau, or je n'ai pas de bureau. Je n'en ai pas ni ne veux en avoir, car j'écris sur une grosse table héritée d'un vieux boulanger de Hambourg.
Par un après-midi de skatt - un jeu de cartes du nord de l'Allemagne - le vieux boulanger annonça à ses compagnons que l'arthrite l'obligeait à jeter l'éponge et à fermer la boulangerie.
- Et qu'est-ce que tu vas faire maintenant, vieux radin ? demanda aimablement un des joueurs.
- Comme aucun de mes enfants ne veut prendre la relève et que mes machines ont été jugées bonnes pour la casse, je préfère tout envoyer au diable et offrir les objets auxquels je tiens encore, répondit le vieux Jan Keller, qui nous invita aussitôt après à faire la fête dans sa boulangerie.
C'est ainsi que j'ai hérité de la grosse table sur laquelle il avait pétri le pain pendant cinquante années, et c'est sur elle que je pétris mes histoires. J'aime cette table qui sent la levure, le sésame, le gingembre et le plus noble des métiers. Un bureau ? Pourquoi diable aurais-je voulu un bureau ?
Ces notes, que je ne sais comment nommer, oubliées sur un coin d'étagère et couvertes de poussière, je les retrouvais parfois, en cherchant de vieilles photos ou des documents, et j'avoue que je les relisais avec un mélange de tendresse et de fierté, car ces pages, griffonnées ou désastreusement dactylographiées, s'efforçaient de comprendre deux choses essentielles, si bien définies par Julio Cortázar : le sens de la condition humaine et celui de la condition de l'artiste.


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