La France contre les robots / Passion du livre

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.. La France contre les robots

Couverture du livre La France contre les robots

Auteur : Georges Bernanos

Date de saisie : 28/04/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Prix : 11.90 €

ISBN : 9791027801145

GENCOD : 9791027801145

Sorti le : 18/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

«Le danger n'est pas dans les machines, sinon nous devrions faire ce rêve absurde de les détruire par la force, à la manière des iconoclastes qui, en brisant les images, se flattaient d'anéantir aussi les croyances. Le danger n'est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d'hommes habitués, dès leur enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner.» G. B.

Plus d'un demi-siècle après la disparition de son auteur, ce pamphlet visionnaire reste d'une incroyable actualité. Cette apologie de la liberté est une étonnante préfiguration de la mondialisation et des délocalisations ! Un cri appelant à la construction d'une société où il serait enfin possible de mener une vie digne de l'être humain.

Georges Bernanos (1888-1948), homme de foi et de passion, chrétien de combat et solidaire des pauvres, anticonformiste et polémiste.
Son premier roman, Sous le soleil de Satan, publié en 1926, remporte un succès considérable qui le convainc de se consacrer exclusivement à l'écriture.
S'attaquant au conformisme bourgeois au nom de ses convictions catholiques, s'affirmant «ni de gauche ni de droite» et ne se rangeant dans aucun parti, le romancier du «réalisme surnaturel» et des conflits intérieurs est surtout l'ennemi de toutes les veuleries qui diminuent l'homme et de toutes les tyrannies qui l'écrasent.





  • Les premières lignes

UN HOMME LIBRE

On dirait qu'avec Bernanos, la fièvre ne parvient jamais à retomber. La température du livre n'en finit plus de faire des bonds spectaculaires. Nous lisons, et c'est notre adolescence, fiévreuse, exigeante, que nous portons en bandoulière dès la première phrase venue : «La colère des imbéciles remplit le monde.» Ce fut notre étendard de jeunesse - il flotte encore, ici ou là, pour les plus téméraires d'entre nous. Mais miracle à la Bernanos : on pensait que Les Grands Cimetières sous la lune nous avait merveilleusement rassasié, du point de vue de celui qui assiste à l'effondrement d'une civilisation - sans compter les lâches et les imbéciles qui savent toujours se servir sur le compte des ruines. Et voilà que La France contre les robots file un sacré coup de vieux à George Orwell lui-même. Que les nouveaux situationnistes se mettent fissa à cette lecture. Ils n'en reviendront pas de tout ce que Bernanos avait dans le ventre, à l'automne de sa vie. C'est un homme d'exil qui publie ces pages en janvier 1945. Un homme qui a payé de sa personne le refus obstiné d'une révolution nationale qui en avait séduit plus d'un. Soyez sans craintes pour les traîtres, ils sauront changer d'habit comme on change d'écurie. D'ailleurs, ne dit-on pas dans nos démocraties - non sans une pointe de tendresse à propos de ces aventuriers de la politique, qu'ils sont de «vieux chevaux de retour» ? La lumière qui se pose sur la figure de Bernanos éclaire ce qu'il reste de dignité, de puissance et d'intelligence dans la cave d'une nation qui s'effondre. Bernanos écrit comme un poids lourd sur le ring devine qu'il joue bien davantage que sa propre vie. L'avenir d'une civilisation ? Notre avenir ? Alors, il cogne. Et cogne dur. Ce type lâche ses coups comme d'autres préfèrent ignorer les nuages noirs qui s'approchent. L'avenir si compromis observe Bernanos. Il y aurait pourtant de quoi chanter puisque Hitler a été vaincu, et que les grandes nations - Angleterre, États-Unis, Russie, France - se paient déjà sur la bête. Mais taisons-nous. Écoutons plutôt la voix de Bernanos. «Mais le système ne changera pas le cours de son évolution, pour la bonne raison qu'il n'évolue déjà plus ; il s'organise seulement en vue de durer encore un moment, de survivre.» Que la haute technologie - avec ses usines et ses poisons terrifiants - ait largement contribué à faire Auschwitz, comme elle fera plus tard le Viêt-Nam, est chose entendue. Mais demain, que ferons-nous de cette paix ? Quelle place pour l'individu, écrasé par «la Mecque du capitalisme universel» ou bien roulé dans la farine de l'empire marxiste et de ses «dominations soviétiques» ? Je pèse mes mots. S'il en est encore temps, si le déshonneur d'un pays ne dresse malicieusement devant nous quelques armées de censeurs, alors déposons ces pages devant les écoles afin que nos enfants et petits-enfants en fassent un usage salvateur. Chaque jour qui passe, en effet, nous rapproche un peu plus d'un fossé d'ignorance capable d'engloutir une France qui fut celle de Chambord, Rousseau et Voltaire. Souviens-toi, lecteur, à t'en frotter les yeux : une France, crie Bernanos, où savaient se mêler «la tradition, l'esprit, l'âme de notre peuple». Et si Bernanos nous rappelle que nous sommes un peuple révolutionnaire, c'est moins pour nous dire le sang d'une révolution que tout ce qui en fit un moment de partage et de liberté, dans une nuit qui n'en finissait plus. Jusqu'au langage que les voyageurs se disputaient âprement. Quiconque arpentera désormais le quai d'une gare étrangère, ne trouvera guère son salut dans un français désormais ignoré de tous.
(...)

PIERRE-LOUIS BASSE


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