Le marquis des stades / Passion du livre

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.. Le marquis des stades

Couverture du livre Le marquis des stades

Auteur : Tristan Bernard

Préface : Benoît Heimermann

Date de saisie : 02/05/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Castor astral, Bègles, France

Collection : Les Inattendus

Prix : 14.00 €

ISBN : 9791027801060

GENCOD : 9791027801060

Sorti le : 04/05/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Tristan Bernard (1866-1947) rechignait à considérer le travail comme chose prioritaire, même s'il fut de la première rédaction du journal L'Humanité et contribua aux débuts du Canard enchaîné. Ce qui lui importait avant tout, c'était de se moquer du monde. En plaçant le dilettantisme au rang de vertu obligatoire et en raillant les travers de ses semblables avec constance.
Prolixe et gai, il était d'abord désopilant. «L'homme le plus spirituel de la terre» selon son ami Léon Blum. Il est finalement une seule chose que ce voltigeur prenait au sérieux : le sport. Cavalier, boxeur, cycliste, Tristan Bernard arbitra Georges Carpentier avec précision, dirigea le vélodrome Buffalo avec méthode et suivit le Tour de France avec enthousiasme. Une façon pour lui de donner le change ? «Il y a dans tout écrivain un sportsman qui, souvent, s'ignore.» Entendez un créateur qui, trop souvent, se prend au sérieux, et un athlète qui, trop facilement, s'estime dérisoire...
Pour «le champion de France de l'humour», la tête ne pouvait aller sans les jambes, et inversement. Cette anthologie inédite de ses nouvelles et chroniques sportives le prouve au détour de chaque page.

L'AUTEUR

Tristan Bernard (1866-1947), est un auteur français ayant participé aux grandes aventures intellectuelles de son époque.
Son premier succès est théâtral, avec l'écriture des Pieds nickelés en 1895.
Proche de Léon Blum, Marcel Pagnol ou Jules Renard, il est, en 1904, de la première rédaction du journal L'Humanité avant de contribuer aux débuts du Canard enchaîné en 1917.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est déporté en tant que juif. Ce sont ses amis Sacha Guitry et Arletty qui réussissent à le faire libérer.
Tristan Bernard est à l'origine de la création de l'Association des écrivains de sport, en 1931. Il a laissé son nom à un prix de littérature sportive remis chaque année.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Tristan Bernard a toujours apprécié les mélanges. De genres et de fonctions. Goguenard de tempérament, sceptique par nature, il prenait le futile avec sérieux et l'essentiel avec circonspection. Le dilettantisme était sa marque de fabrique et l'accessoire sa vocation. Si Jules Renard, Lucien Guitry et Alfred Caput, ses contemporains remarquables, s'échinaient à tout va, soucieux d'une oeuvre en devenir, lui se contenta, sa carrière durant, d'improviser. Jamais il ne hiérarchisait. Ni ses goûts, ni ses inclinations. La littérature, la politique, le théâtre, le sport : aucune de ces activités ne lui paraissait prioritaire. Plus que sa propre opinion, c'est celle des autres qui lui importait. Il fut auteur dramatique, chroniqueur, essayiste, romancier, mais fut surtout soucieux de satisfaire le plus grand nombre. Loin des théories et des doctrines, il estimait, à juste titre, que seul «le public a toujours raison». C'est parce que ce trublion infatigable ne cessait jamais de s'agiter et de surprendre, qu'Alfred Jarry qualifia un jour sa faconde d'«épileptique».
Longtemps, Tristan Bernard s'est dissimulé derrière sa barbe, ses mots et ses personnages, négligeant de se révéler vraiment. François Caradec, qui fit beaucoup pour la réhabilitation de ses oeuvres, parlait de lui comme d'un «informateur du possible». Sous-entendant qu'il avait l'optimisme chevillé au corps et que l'insouciance, seule, lui indiquait la marche à suivre. À dire vrai, le «prince du rire» se laissa vivre plus qu'il ne vécut vraiment. Hormis sa fin inéluctable, lestée par la fatalité de ses origines supposées coupables, son existence ne fleure d'autres parfums que ceux des printemps légers, des promesses de l'aube et des grandes vacances à jamais recommencées. Comme si «l'homme le plus spirituel de la terre» ne pouvait qu'en rajouter au chapitre de la galéjade sur commande et des clowneries obligatoires.

Les exemples abondent et le premier d'entre eux en priorité qui, d'emblée, l'obligeait à souligner qu'il était venu au monde à Besançon le 7 septembre 1866, certes dans la même rue que Victor Hugo, mais «en bas de l'échelle», au n° 23 bien «plus modestement» que le pair de France accueilli, lui, au n° 138. «Ma maison, aimait-il encore préciser, était, comme la sienne, soulignée d'une plaque : rien d'ostentatoire, rien de considérable, mais la simple estampille de la compagnie du gaz.» Voilà pour le point de départ, mais il convient de se faire à l'idée, la suite du parcours est à l'avenant, toujours en équilibre instable, entre affabulations notoires et vérités indémontrables.
De tout il convient de rire. Des chances et des hasards comme des épreuves et des contrariétés. Certes, dans un premier temps, Paul - c'est son prénom d'origine - n'est guère sociable et volontiers indifférent à l'attention que ses semblables lui portent. Ses mensurations sont peu avantageuses et ses gaucheries moquées même par ses proches. Il n'aime guère le plein air et les exercices qui s'y attachent. Des handicaps que sa repartie compense. Et plus encore ses bulletins scolaires et ses multiples récompenses. Qui plus est, la famille Bernard ne manque de rien. Myrthil, le père, éleveur et maître de poste, possède de nombreux chevaux et des biens à ne plus savoir qu'en faire. Emma, la mère, heureuse antinomie, s'y entend en matière de peinture, de musique et de littérature. C'est elle qui accompagne pour la première fois son fils au théâtre : «Une introduction, précise l'intéressé, accompagnée... d'une grande émotion et d'une petite colique.»


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