Kadhafi, le foot et moi / Passion du livre

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.. Kadhafi, le foot et moi

Couverture du livre Kadhafi, le foot et moi

Auteur : Luca Masali

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 13/06/2017

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque italienne

Prix : 21.00 €

ISBN : 9791022601757

GENCOD : 9791022601757

Sorti le : 11/05/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Début des années 80. Dans une Turin dominée par la Fiat, où les Brigades rouges tirent leurs derniers coups de feu, Giovanni Oddone, petit dealeur et demi-maquereau que seuls le football et les grosses voitures passionnent, est arrêté à la suite d'un imbroglio qui lui vaut d'être accusé de terrorisme. Mais, du fond de sa prison, il va se lancer dans une entreprise à la mesure de son hilarante mégalomanie : monter une arnaque grandiose impliquant la Fiat, la Toro - l'autre équipe de foot turinoise - et Kadhafi. Pour cela, il va utiliser les charmes plastiques de Cosetta, sa petite amie pas vraiment soumise, et les folies cocaïnées d'une héritière fantasque de l'empire Agnelli, mais il lui faudra compter sur de nombreux adversaires : les bureaucrates du foot, une policière amoureuse de Cosetta et surtout la mafia, qui tire les ficelles.
Roman d'une époque qui brasse aussi bien l'histoire des luttes sociales que celle de la mondialisation industrielle, la géopolitique de la Méditerranée et la catastrophe du stade Heysel, ce livre est habité d'une allégresse désespérée. Il nous fait vivre au rythme fou d'un petit délinquant qui se heurte à bien plus gros que lui et dont les rêves consuméristes résument assez bien l'histoire de la fin du siècle. Si on rit souvent, on ne peut s'empêcher aussi d'être ému, à la fin, par cette version défoncée du pot de terre contre le pot de fer.

Luca Masali, né à Turin, est journaliste et auteur de romans de science-fiction, fantastiques ou noirs, dont, en français, La Perle à la fin des temps (Payot SF) et Les Biplans de d'Annunzio (Fleuve noir).





  • La revue de presse Abel Mestre - Le Monde du 8 juin 2017

Kadhafi, le foot et moi rappelle les films de Quentin Tarantino par sa violence, ses références à la pop culture et son humour, et semble emprunter à Affreux, sales et méchants, d'Ettore Scola, pour la satire sociale...
Luca Masali parvient à jongler avec de multiples intrigues, passant allègrement de la comédie au drame, sans jamais perdre le lecteur, qui prend un malin plaisir à suivre les mésaventures de Giambone - jusqu'au retournement final. Le résultat est jubilatoire.



  • Les premières lignes

1

Il y a des hommes qui se damnent par avidité. Et il y a des hommes qui se damnent par stupidité.
Moi, je m'étais damné pour l'argent. J'avais vendu ma foi.
Une foi qui m'avait toujours soutenu.
Même en taule.
Pour ma foi, j'avais souffert, j'avais aussi reçu plus de coups que je n'en avais donné.
La foi avait vacillé, quelquefois.
Mais, à la fin, elle m'avait renforcé.
La vraie foi.
La foi dans la Toro.
La foi dans le vieux coeur grenat.
Dans le Torino Football Club.

La chasse d'eau renvoie un sanglot rouillé, vomissant de l'eau rougeâtre dans la cuvette à la turque incrustée d'une patine calcaire qui paraît du sang figé.
Dans l'autre hémisphère, l'eau tourbillonnerait en sens opposé.
Incroyable comme la taule vous imprime dans la tête des conneries de ce genre. Que dalle à faire de la journée, que des histoires de baleines blanches et de pirates de Malaisie, à lire dans des livres sans couvertures, toutes transformées en filtres, et avec les pages fumées à la place du papier à cigarettes. Des trucs de détenus. Et puis pourquoi lire quand on a une femme avec qui se laisser aller dans les heures qui pour les autres sont d'un vide absolu ?
Même pas le temps de s'assurer que le drapeau rouge est bien parti tout entier dans le chiotte que le compagnon de cellule commence à miauler comme un chat en chaleur. Crève.
Il pleurniche quelque chose en espagnol, on dirait Speedy Gonzales vieilli, ralenti. Défoncé. Une puanteur terrible, entre le soufre et la chair de moribond, pénètre de sous le rideau de plastique qui sépare les couchettes des toilettes. Le visage en sueur de la même couleur que les draps, qui sont jaunâtres au point de paraître gris. La barbe rare et hérissée lui donne l'air d'un vieux, alors qu'il ne doit pas l'être tant que ça. La sueur a imprégné la taie d'oreiller d'un liquide salé qui a une vague odeur acide, avec un arrière-goût de chou. Les yeux fiévreux fixent sans le voir le treillis de la couchette du dessus. Ma couchette.
- Madré de Dios, Maria, Ilena de gracia, el Señor es contigo. Bendita tû eres entre la mujeres... râle-t-il.
Quelle horreur : il s'est chié dessus. Depuis qu'on l'a fourré ici, il a la dysenterie, il perd du sang à cause de toutes les boules de coke qu'il a avalées. Et qu'il crève vite, qu'il crève avant l'aube. Sinon ce sera moi. Heureusement qu'il est trop idiot pour comprendre que s'il veut finir à l'hôpital plutôt qu'à la morgue, il doit dire aux flics où est la coke. Aux flics, pas au juge.
On s'en fout, du juge.
Aux flics, il doit le dire.
Aux flics.
Et surtout fermer sa gueule devant le magistrat. Surtout.
Mais on s'en fout. Mieux vaut que ce soit lui que moi. Le drapeau rouge a complètement disparu dans le chiotte.
Grenat, plus que rouge.
Le drapeau de la Toro.
Avalé. Avec les autres merdes.


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