Après l'incendie, Suivi de Trois lamentations : nouvelle / Passion du livre

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.. Après l'incendie, Suivi de Trois lamentations : nouvelle

Couverture du livre Après l'incendie, Suivi de Trois lamentations : nouvelle

Auteur : Robert Goolrick

Traducteur : Marie de Prémonville

Date de saisie : 06/07/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Anne Carrière, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782843378287

GENCOD : 9782843378287

Sorti le : 23/02/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Diana Cooke est née avec le siècle, dans une des plus belles maisons du Sud, la somptueuse Saratoga. Elle peut s'enorgueillir d'un patronyme qui remonte aux Pères fondateurs de l'Amérique. Mais, comme le nom de Cooke, cette maison est lestée par deux dettes abyssales. La première est financière et ne peut s'acquitter qu'au prix du sang : Diana doit se marier sous le signe de l'argent. La seconde est plus profonde : la maison des Cooke et leur prestige sont bâtis sur le plus noir péché du Sud, l'esclavage. Et cette dette-là ne se rembourse que sous la forme d'une malédiction. La voici peut-être qui s'avance sous les traits du Capitaine Copperton.
Dans Après l'incendie, Robert Goolrick nous offre une fable sur l'amour et le poids du péché de nos pères. Dans cet «anti-Autant en emporte le vent», il règle en un destin le sort de cette terre qu'il aime tant, cet impossible paradis baigné par le sang des opprimés.
Trois lamentations est le récit autobiographique d'une année où le jeune Goolrick partagea sa classe avec trois jeunes filles rejetées par ses camarades.

Robert Goolrick a déjà publié aux éditions Anne Carrière Une femme simple et honnête, Féroces, Arrive un vagabond (Grand Prix des lectrices de ELLE 2013), La Chute des princes (Prix Fitzgerald 2015) et L'Enjoliveur (une nouvelle illustrée).





  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 6 juillet 2017

Impossible de ne pas penser, en lisant Après l'incendie, à Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell (1936 ; Gallimard, 1939) - le lien de Diana à Saratoga rappelle irrésistiblement celui de Scarlett à Tara. Mais Après l'incendie est l'oeuvre d'un homme sans complaisance pour le Sud, son histoire et les mythes que ses habitants et ses écrivains ont pu se créer pour apaiser leurs consciences...
Publié en France avant de l'être aux Etats-Unis, Après l'incendie est suivi d'une nouvelle autobiographique, Trois lamentations, qui évoque trois jeunes filles connues à l'adolescence par l'auteur (une Noire, la première admise dans son lycée, et deux Blanches, l'une maigre et pauvre, l'autre obèse) et, à travers elles, l'atmosphère puritaine et raciste des années 1960 en Virginie. Un texte comme une confidence chuchotée, qui travaille de nouveau le motif de la dévastation et brise le coeur. Sur des ruines, Robert Goolrick bâtit une oeuvre splendide.



  • Les premières lignes

Extrait du prologue

Tout commence par une maison et s'achève dans les cendres. Vous pensez tenir votre accroche. Autant boucler l'article et rentrer à la maison, il suffit d'un coup de téléphone à la rédaction. Et pourtant, vous n'avez pas encore mis le pied sur la propriété. Mais cette phrase résume à elle seule toute l'histoire de cette famille. Sauf que... entre la construction de cette maison, en 1784, et sa chute, cent cinquante ans plus tard, une ou plusieurs personnes ont trouvé la mort dans l'incendie désastreux qui fit rage dans la nuit du 6 au 7 décembre 1941. C'est tout ce que vous en savez, comme tout le monde. Tout le reste n'est que folklore. Vous n'êtes pas dupe : si on vous a envoyé ici, c'est pour passer les cendres au tamis, dans l'espoir de dénicher un indice qui résoudrait le mystère et le silence insondables de ces cinquante dernières années.
Dans l'aube naissante, vous vous tenez à la proue du bateau de pêche que vous avez loué pour la journée à un amareyeur et qui descend lentement de Port Royal. Vous n'apercevez pour l'instant qu'une silhouette carrée et massive, mais il est déjà évident que la maison était gigantesque. Saratoga. Son nom, issu d'un vieux dialecte indien, signifie «les flancs de coteau de la rivière paisible, les terrains de chasse près de l'eau». Vous avez bien potassé le sujet.
Les plans de la maison reprenaient ceux de St Giles House, l'immense demeure du comte de Shaftesbury, et, bien que légèrement moins spacieuse, Saratoga restait la plus vaste d'Amérique, avec ses innombrables chambres et cette architecture grandiose qui stupéfiait les visiteurs. Elle avait coûté des sommes astronomiques, et cette folie des grandeurs avait laissé la famille dans un état de pauvreté qui n'avait pu être compensé que par le labeur insensé d'au moins neuf cents esclaves cueillant le coton, faisant sécher le tabac et bouillir l'arachide et, pendant des générations, nettoyant la crasse de leurs propriétaires avec une fureur muette.
Privés de leur humanité, ces neuf cents esclaves avaient souvent imaginé l'immense bâtisse en flammes, dans les hurlements de douleur de leurs maîtres blancs, oh si blancs. Dans l'incapacité de s'enfuir, vendus comme des chiens de rue, séparés de leurs enfants - ces bébés qu'on arrachait au sein de leur mère à Natchez ou à Memphis -, ils n'avaient que leur musique pour s'exprimer, et on y entendait les cris d'agonie de leurs bourreaux. Ils chantaient le gospel, de la musique africaine dans l'espoir de trouver le chemin vers les deux ; pourtant, leurs coeurs étaient remplis de haine et de pulsions meurtrières. Cette maison ne s'était pas construite avec des briques et du mortier, mais avec une cruauté inimaginable, transmise de génération en génération. Les femmes portaient les bâtards engendrés par leurs maîtres concupiscents, qui laissaient leurs épouses ennuyeuses et guindées sagement endormies pour descendre aux cabanes violer les jeunes femmes.
C'était une maison bâtie sur les larmes.
Combien sont morts dans l'incendie ? Trois ? Quatre ? Ou seulement elle - Diana Cooke Copperton Cooke ?


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