Les absents, levez le doigt ! / Passion du livre

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.. Les absents, levez le doigt !

Couverture du livre Les absents, levez le doigt !

Auteur : Pierre Bénichou

Date de saisie : 09/05/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 15.90 €

ISBN : 9782246812661

GENCOD : 9782246812661

Sorti le : 05/04/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Des portraits-souvenirs ? Des croquis à même le vif - ou le mort ? Tels sont ces instantanés saisis par Pierre Bénichou au fil de sa curiosité, de son métier, de ses nuits...
Chaque fois, une «figure» de la chanson, des lettres, des affaires, est ici ressuscitée avec la baguette magique d'un grand style. On y retrouve, classés par ordre alphabétique - de Aragon (Louis) à Ventura (Lino) - Françoise Dolto et Simone Signoret, François Mitterrand et Jean Marais, Charles Trenet et Jean Cocteau, Léo Ferré et Coluche, etc.
L'auteur a été l'intime de certains de ces personnages. Et, à travers eux, il célèbre une certaine idée du talent, de la bizarrerie, de Fart de vivre.
C'était cela, la France.

Pierre Bénichou est une figure de la vie parisienne et médiatique. Longtemps rédacteur en chef du Nouvel Observateur, il est aujourd'hui une des «Grosses têtes» les plus populaires de RTL. Il signe, à 78 ans, son premier livre.





  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 4 mai 2017

Il semblait vouloir les retenir avant le grand bond. L'art qu'il mettait à les saluer était aussi une manière de les remercier de lui offrir l'occasion, si rare, d'écrire...
Etonnante photo de groupe, où Ferré retrouve son cher Aragon, où Cau voisine avec Signoret et Trenet avec Marais, où Duras ressemble à Piaf et Gainsbourg à «un Léautaud milliardaire»...
Pas de larmes ici, plutôt des sourires. Et une immense mélancolie, qu'il sait si bien cacher sous des plaisanteries.


  • La revue de presse Franz-Olivier Giesbert - Le Point, mai 2017

Avec ses admirables "profils", Pierre Bénichou, qui a toujours beaucoup donné à tout le monde, redonne vie à Aragon, Signoret, Ventura, Mitterrand.


  • La revue de presse Jonathan Grimmer - Le Point, avril 2017

Le Tout-Paris ne bruisse que de ça : Pierre Bénichou a sorti un livre, oui, Pierre Benichou a sorti un livre ! Qu'il s'est fait désirer, l'ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur ! On le présente comme l'une des meilleures plumes de sa génération. Il aura fallu attendre qu'il souffle ses 79 bougies pour qu'enfin paraisse ce premier ouvrage tant attendu : Les absents, levez le doigt ! (Grasset), un recueil de 26 nécrologies écrites durant sa carrière...
Comment oser prendre un stylo quand on est l'ami de Patrick Modiano et de Marguerite Duras, qu'on connaît sur le bout des doigts Éluard, Rimbaud, Breton et Apollinaire, et qu'on passe sa vie à côtoyer, dans les bars de Saint-Germain-des-Prés ou chez Castel, des vedettes aussi charismatiques que Coluche, Gainsbourg, Belmondo et Lino Ventura ?...
Tant pis. Il a quand même une oeuvre, car sous sa plume, la nécrologie est élevée au rang d'art.



  • Les premières lignes

Avant-propos

Ce petit livre n'est pas un roman, ni un récit, ni un essai. «Recueil» irait mieux puisque les personnages qui le composent viennent de sauter du train. Pourtant, le moment où je parle d'eux n'est pas au recueillement car la mort n'a pas encore saisi le vif. Encore une minute monsieur le fossoyeur... C'est dans ce temps hors le temps que je me suis efforcé, en journaliste, de retrouver le profil perdu de mes absents.
C'est pourquoi au moment de les republier nous n'avons fait aucune modification, non que ces portraits-souvenirs soient parfaits, mais ils ont au moins le mérite d'avoir été écrits dans l'instant. Tels quels, ils rendent mieux l'atmosphère réelle ou sublimée de ce jour, de cette heure, où l'acteur et le public ont appris en même temps la toujours stupéfiante nouvelle : Untel a disparu.
Pourquoi avoir choisi l'ordre alphabétique ? Parce que cela tombait bien. D'Aragon à Lino Ventura, comment mieux illustrer la diversité d'une époque - trente ans de Nouvel Observateur où, rédacteur en chef, j'ai passé plus de temps à faire écrire les autres qu'à écrire moi-même.
Quant au titre Les absents, levez le doigt ! je me dois de vous présenter son auteur. Je ne dirais pas qu'il m'a tout appris, pas tout : seulement la vie et la mort.
Il s'appelait Monsieur Lopez. H portait devant lui, comme les Tables de la Loi, un grand registre noir : le cahier d'appel. En entrant dans la classe, il saluait à peine l'instituteur, qui lui laissait son bureau avec un empressement un peu servile, et commençait son office : une trentaine de noms auxquels chacun répondait à son tour par un «présent !» d'une voix que l'émotion brouillait.
Insoucieux de ce théâtre qu'il venait d'instituer en lieu et place de la 8e 2 du lycée d'Oran, Monsieur Lopez sortait de scène sans saluer. Il reviendrait, nous le savions, dans une quinzaine de jours selon un rythme qu'il fixait seul. Monsieur Lopez était impénétrable, Monsieur Lopez était La Loi.
Cela s'est passé un samedi matin d'octobre, je m'en souviens au nombre élevé des absents, enfants juifs pour la plupart que l'on autorisait à «faire synagogue» le samedi. La guerre venait de finir. Le retour à la laïcité attendrait...
Monsieur Lopez est entré et, avant même de poser son cahier noir, il dit d'une voix au fort accent espagnol : «Les absents, levez le doigt !»
L'instituteur fit mine de ne pas comprendre, nous laissant à notre désarroi. Personne n'osait sourire, on s'évitait du regard, intimidés comme si l'on nous avait pinces entrant par effraction dans le cerveau de l'appariteur.
Il m'a fallu un bon moment pour réaliser qu'il s'agissait d'une plaisanterie, une «histoire de fous» comme on appelait à l'époque ces non-sens comiques que la psychanalyse adoptera avec un sérieux qui m'a très tôt - comment dire ? - gonflé. Ce n'est qu'à la sortie que j'ai fait le rapprochement entre l'humour de Lopez et ce mot que j'avais souvent entendu à la maison à propos de L'Étranger : l'absurde. Mon père en possédait un manuscrit. Camus le lui avait donné. Ce Camus je ne l'aimais pas trop parce qu'il m'empêchait de chanter à tue-tête «Maréchal nous voilà» chaque fois que passait devant la maison un cortège de SOL (Service d'Ordre Légionnaire qui deviendra la milice). J'avais huit ans, on est sérieux à cet âge-là.
(...)


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