La guerre des Encyclopédistes / Passion du livre

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.. La guerre des Encyclopédistes

Couverture du livre La guerre des Encyclopédistes

Auteur : Gavin Kovite | Christopher Robinson

Traducteur : Stéphane Roques

Date de saisie : 04/04/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Feux croisés

Prix : 21.90 €

ISBN : 9782259249034

GENCOD : 9782259249034

Sorti le : 16/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un soir d'été, Mickey Montauk et son meilleur ami Halifax Corderoy, deux hipsters de Seattle, organisent une de leurs fameuses soirées de débauche des «Encyclopédistes» pendant lesquelles tout est permis. La fête doit marquer la fin de leurs vacances et annoncer le prochain chapitre de leur vie : leur emménagement à Boston pour terminer leur cursus universitaire. Mais le monde en a décidé autrement. Montauk, réserviste, apprend que son unité est appelée à combattre à Bagdad à la fin de l'été ; Corderoy, lui, est confronté à un dilemme moral lorsque sa petite amie se retrouve à la rue : peut-il vraiment l'abandonner alors qu'elle a besoin de lui ? Le temps passe, et les deux complices se heurtent à la réalité de leurs nouvelles vies. L'un lutte pour préserver ses hommes pris dans une guerre de plus en plus violente et irrationnelle, tandis que l'autre perd peu à peu ses illusions. Tout sépare désormais les deux amis. Mais ils restent en contact par le biais d'un article Wikipédia sur eux-mêmes qu'ils amendent régulièrement. Au fil du temps, cette page à la drôlerie irrévérencieuse deviendra profondément poétique et tragique.

«Un des meilleurs romans sur la génération Y...»
Esquire

«Un roman d'apprentissage captivant, à la fois drôle, triste et élégiaque. La Guerre des encyclopédistes offre une radiologie de deux Amériques, celle qui mène la guerre et celle qui se voile la face.»
The New York Times

Christopher Robinson est finaliste du concours des jeunes poètes de Yale. Ses travaux ont été publiés dans de nombreuses revues, dont The Kenyon Review et McSweeney's.

Gavin Kovite était chef de section à Bagdad de 2004 à 2005. Après avoir étudié le droit à New York, il est devenu juriste au sein de l'armée américaine. Ses écrits ont été publiés dans Fire and Forget, une anthologie sur la guerre.





  • Les premières lignes

C'était le vendredi avant la fête nationale et la jeunesse de Seattle célébrait l'alcool et la liberté, en ce début de nouveau millénaire, comme chaque vendredi depuis des temps immémoriaux. Et ils avaient beau respirer et s'imbiber comme un monstrueux organisme vivant dans toute la ville, chaque groupe d'amis se croyait unique, avec ses propres buts et restrictions, ses gourous des playlists et ses arrière-salles. Dans la Quinzième Avenue, à Capitol Hill, Mickey Montauk et Halifax Corderoy organisaient pour la sixième fois une soirée «Encyclopédistes.»
Ils n'avaient aucun véritable talent artistique, mais le don de pousser les plaisanteries les plus stupides à leur conclusion la plus absurde. Six mois plus tôt, pour en faire une sur la nature arbitraire de l'art moderne, ils avaient décidé de monter leur propre exposition. Ils avaient choisi le sujet, «Monocularité», en feuilletant au hasard une Cyclopédie anglo-américaine de 1914. Ils avaient élaboré une installation multimédia incluant monstres cyclopéens, financiers britanniques à monocle, lustres formés de godes et de périscopes, et passage en boucle d'une vidéo de l'oeil de feu de Sauron. Ils portèrent un cache-oeil et firent une bringue mémorable. Ils s'envoyèrent en l'air, ce qui était une raison suffisante pour organiser une expo par mois. Après la troisième soirée, dont le thème était «pupa», The Stranger, l'hebdo culture gratuit de Seattle, qui était largement diffusé et avait toujours le nez creux, avait publié le portrait des «Encyclopédistes de Capitol Hill».
Ce soir, le thème de la fête était le «complot.» Le Grand Salon caverneux du rez-de-chaussée de chez Montauk avait été réaménagé en plateau ciné au décor lunaire - cratères de papier mâché, étoiles phosphorescentes, projecteurs et caméras sur trépieds. Montauk était déguisé en astronaute et souhaitait la bienvenue aux invités à lents renforts de gestes lunaires.

Corderoy et sa petite amie, Mani, étaient à six kilomètres au nord, dans le quartier de Roosevelt, où l'échangeur d'autoroute couvre de son ombre un parc relais jonché de cadavres de bouteilles dans leur emballage en papier kraft et de seringues usagées. Corderoy était à un bout du couloir au troisième étage d'un immeuble délabré. Il avait un policier face à lui.
«Vous êtes censé être qui ?» demanda le flic.
Corderoy portait un costume bleu marine et une cravate rouge; au revers de sa veste était accroché un pin's du drapeau américain. Ses sourcils, si blonds qu'ils en devenaient invisibles en temps normal, étaient saupoudrés de fard blanc, ses cheveux blond roux dissimulés sous une perruque gris cendré soigneusement peignée, et Mani lui avait fait au crayon à paupières des partes d'oie autour des yeux et du nez. Corderoy faisait un mètre quatre-vingt-cinq (pour seulement soixante-dix kilos, ce qui lui donnait vaguement la touche de Gumby) et n'avait pas l'habitude de lever la tête pour s'adresser à quelqu'un, mais ce flic mesurait bien un mètre quatre-vingt-quinze.
«George Bush, répondit Corderoy.
- Et elle, c'est qui, Ben Laden ?»
Mani était à l'autre bout du couloir près de la porte ouverte d'un appartement, face à un autre flic. Elle portait des talons, une robe courte blanche décolletée, et un boléro à motif camouflage, qui n'était rien de plus qu'une paire de manches et deux rabats ajustés sous la poitrine, trop courts pour qu'il soit possible de les attacher. Ses longs cheveux noirs cascadaient d'un turban blanc, et son teint olivâtre était dissimulé sous une barbe noire hirsute striée de gris. Son costume était parfait, ou aurait pu l'être si seulement ils avaient pu récupérer le clou du spectacle à l'intérieur de l'appart. Mani fumait une Camel Light.
«Un Ben Laden sexy, alors», corrigea Corderoy.
(...)


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