Des valeurs : une approche sociologique / Passion du livre

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.. Des valeurs : une approche sociologique

Couverture du livre Des valeurs : une approche sociologique

Auteur : Nathalie Heinich

Date de saisie : 15/08/2017

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Bibliothèque des sciences humaines

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-07-014640-6

GENCOD : 9782070146406

Sorti le : 02/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

«Valeurs» : jamais ce terme n'a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu'il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich l'aborde avec sérieux, au moyen des outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive et résolument neutre. Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes.
Contrairement à la philosophie morale, qui prétend dire ce que seraient de «vraies» valeurs, la «sociologie axiologique» s'attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils évaluent, opinent, pétitionnent, expertisent ; comment ils attribuent de «la» valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l'attachement ; comment les différents objets valorisés (choses, personnes, actions, états du monde) deviennent des «valeurs» en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d'attribution de valeur reposent sur des «valeurs» en un troisième sens, c'est-à-dire des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en oeuvre en fonction des sujets qui évaluent, des objets évalués et des contextes de l'évaluation.
L'analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse, de différend impossible à clore, tels les débats sur la corrida, permet à l'auteur de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d'une même société. On découvre ainsi que, contrairement à quelques idées reçues, l'opinion n'est pas réductible à l'opinion publique, pas plus que la valeur ne l'est au prix, ni les valeurs à la morale ; que les valeurs ne sont ni de droite ni de gauche ; et qu'elles ne sont ni des entités métaphysiques existant «en soi», ni des constructions arbitraires ou des dissimulations d'intérêts cachés.

Directeur de recherches au CNRS, Nathalie Heinich est l'auteur de nombreux ouvrages, dont la plupart traitent directement ou indirectement de la question des valeurs, que ce soit dans l'art contemporain (Le Paradigme de l'art contemporain, 2014), le statut de l'artiste (L'Elite artiste, 2005 ; De la visibilité, 2012), la reconnaissance littéraire (L'Épreuve de la grandeur, 1999) ou le patrimoine (La Fabrique du patrimoine, 2009).





  • La revue de presse Julie Clarini - Le Monde du 4 mai 2017

La sociologue Nathalie Heinich entend analyser les règles impli-cites qui nous permettent, précisément, de juger (de mettre tel bulletin dans l'urne, mais aussi d'admirer tel artiste, etc.) en prenant à bras-le-corps la question des valeurs. Son ouvrage est le fruit d'un ample travail de synthèse à partir d'années de recherches qui ont notamment porté sur le monde de l'art et les controverses sur la " valeur " de l'art -contemporain. Au nom de quoi décide-t-on qu'un objet ou une idée a de la valeur ? La question est moins simple qu'il n'y paraît.


  • La revue de presse Juliette Cerf - Télérama du 22 mars 2017

Contrairement aux idées reçues, la valeur n'existe pas en soi, elle définit toujours une relation entre un sujet, un objet et un contexte. Si elle n'est que contextuelle, que culturelle, elle est néanmoins aujourd'hui partout, articulant l'individuel et le collectif, traversant toutes les couches de la société qui ont recours à l'évaluation - l'école, l'art, le travail, les politiques publiques, etc...
Qu'est-ce qui rend cette réflexion sur la valeur si passionnante ? Le fait qu'elle illustre en définitive la «double dimension, consensuelle et conflictuelle, de la vie sociale».



  • Les premières lignes

Notre actualité quotidienne regorge de controverses, d'opinions qui s'affrontent, de débats récurrents. Une telle profusion de jugements de valeur tient à plusieurs facteurs. Le plus visible est la spectaculaire intensification des possibilités techniques de diffusion des opinions, via Internet et les réseaux sociaux : là où l'opinion personnelle était limitée à la sphère privée, ou bien réservée, dans son expression publique, à ceux qui avaient accès aux organes de presse, elle peut aujourd'hui se faire largement connaître à la seule initiative de son producteur, sans médiation.
Les progrès techniques qui permettent cette inflation des opinions dans l'espace public engendrent également des raisons renouvelées de prendre position. Car, en modifiant les possibilités offertes aux humains, les bouleversements de la technologie obligent à redistribuer les priorités, à redéfinir ce qui est licite ou souhaitable et, du même coup, suscitent des débats qui, inévitablement, remontent des actions aux normes et des normes aux valeurs qui les justifient. Ainsi, l'intensification des transports et l'industrialisation de la production agricole s'accompagnent de modifications environnementales qui exigent d'arbitrer entre impératifs économiques et précautions écologiques. Ou encore, les spectaculaires avancées dans le domaine de la procréation - techniques de contraception ou d'aide à la conception - ont entraîné des controverses, toujours actuelles, sur la valeur qu'il convient d'accorder à la vie, à la sexualité, à la parenté biologique ou symbolique, à la disponibilité du corps humain, etc.
Enfin, un autre facteur contribue à la multiplication des prises de position individuelles dans l'espace public : c'est l'affaiblissement des institutions. Celles-ci permettent de suspendre la question de la valeur en établissant des «conventions de qualité» admissibles par tous - qu'il s'agisse de l'arène sportive, des concours scolaires, des systèmes de notation, du monde de l'art, du personnel politique, de la transmission des habitudes éducatives, etc. Or la mise en cause de leur légitimité, la relativisation de leur portée, la déconstruction de leurs fondements n'ont pas que des effets positifs d'émancipation ou de progrès social : elles entraînent aussi une fragilisation des références partagées, des critères, des modalités de jugement. L'évaluation devient moins consensuelle et perd de sa stabilité dès lors qu'elle n'est plus étayée par une institution incontestable : l'affaiblissement des institutions se double d'une plus grande incertitude sur la qualité des êtres et des états du monde, d'une montée en puissance des problèmes axiologiques - les problèmes relatifs aux valeurs. D'où la prolifération des opinions, dans des conflits de valeurs qui semblent parfois tenir lieu, par leur virulence, de guerres de religion.
D'où aussi l'actualité de cet essai de sociologie axiologique : la question des valeurs est trop importante pour être abandonnée aux appropriations politiques, aux assimilations conjoncturelles, aux préjugés du sens commun et aussi, trop souvent, aux approximations des chercheurs.


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