Prince, fragments d'un discours de fan : chroniques des années pourpres / Passion du livre

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Couverture du livre Prince, fragments d'un discours de fan : chroniques des années pourpres

Auteur : Fanny Capel

Date de saisie : 27/03/2017

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Rouergue, Arles, France

Collection : La brune

Prix : 17.80 €

ISBN : 9782812612329

GENCOD : 9782812612329

Sorti le : 22/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

En ce temps-là, les années duraient longtemps, et elles avaient la bande-son et le look du nouvel album de Prince.

«J'ai été follement, absurdement, bêtement fan», avoue Fanny Capel, aujourd'hui professeur de lettres en Seine-Saint-Denis. Car, à l'adolescence, elle est «tombée fan» de Prince, comme on tombe en amour.
En avril 2016, la mort prématurée du musicien ravive les souvenirs. Ceux d'une passion qui entraîna Fanny et ses copines jusqu'à Minneapolis, Sa ville natale, pour une brève rencontre extatique au Glam Slam Club, Sa boîte de nuit. Vingt-cinq ans d'adoration au compteur. Quelle est donc cette folie amoureuse, aussi absolue que dérisoire, qui enchaîne des anonymes à une star ?
En mêlant sa voix aux témoignages d'autres fans, Fanny Capel évoque avec émotion et humour un état de dévotion qui perdure, et transcende la normalité du quotidien.
C'est aussi l'occasion de faire ressurgir la figure et la musique éblouissantes, inoubliables, de l'idole. «Mon Dieu, quand on a vu ça débarquer au Palace ! Ce petit mec en bottines à talons aiguilles, en imper d'exhibo, chausses et slip panthère, tous poils dehors, on n'en croyait pas nos yeux ! N'importe qui aurait eu l'air affreusement vulgaire avec ça. Pas lui. Je suis tombée raide dingue, au premier regard.» Tous les fans s'y reconnaîtront...

Née en 1974, Fanny Capel est agrégée de lettres, enseignante en Seine-Saint-Denis et membre de l'Association «Sauver les lettres». Elle est l'auteur d'articles et d'essais sur les questions d'éducation dont le dernier, Le niveau baisse-t-il vraiment ?, coécrit avec François Dubet, Magnard, 2009.





  • Les premières lignes

ADORE

From the first moment I saw U
Ooh, I knew U where the one

Chaque fan porte en lui une date sacrée, quelques chiffres qui brûlent sur un autel intime - le moment précis où, d'après sa mythologie personnelle, il a été irrémédiablement pris, captivé. Un instant dont, quinze, vingt ou trente ans après, il n'est, littéralement, pas revenu. Ne l'entendez pas comme une métaphore : ils sont tous un peu restés là-bas, dans la bulle des enchantements de la première nuit, du premier concert, des premières notes du premier disque, des premières images, bouleversantes... Ils en parlent comme de la fatalité qui a décidé du cours de leur vie.

«Mon Dieu, quand on a vu ça débarquer au Palace ! Ce petit mec en bottines à talons aiguilles, en imper d'exhibo, chausses et slip panthère, tous poils dehors, on n'en croyait pas nos yeux ! N'importe qui aurait eu l'air affreusement vulgaire avec ça. Pas lui. Je suis tombée raide dingue, au premier regard.»
«Moi c'est en 86 que j'en ai pris pour perpète. 25 août 1986, Le Zénith. J'étais venu là avec une bande de potes, sans idée préconçue, sans savoir ce qu'on allait voir ni entendre. On y était parce que c'était LE concert où il fallait être, le nouveau phénomène musical qui allait tout balayer, c'est ce qu'on lisait dans les journaux de l'époque - il y avait Jack Lang, Catherine Deneuve, la bande de Canal +, toute la branchitude parisienne... On nous avait parlé d'une bête de scène... mais on s'attendait pas à cette foutue claque ! C'est simple, à peine le rideau ouvert, ce farfadet en costard jaune canari avait déjà sauté d'un bond sur le piano à queue, puis rebondi en l'air, entrechat, grand écart, sourire de tueur et vogue la fanfare... The Révolution, le groupe bien nommé... ça a dépoté à mort pendant deux heures, crescendo... J'aime mieux te dire qu'il y a eu un avant et un après. En sortant de là, on était hagards, accros, c'était plié...»

Oui, ils se souviennent tous très bien du moment où ils sont tombés fans, très jeunes, autour de douze, treize, quatorze ans, à l'âge des impressions définitives. L'âge où se forme une première idée de la beauté, de la perfection, de la liberté. Ils disent que Prince a été tout cela pour eux. Ils évoquent une initiation, avec ses passeurs, ses hasards objectifs. Ils parlent d'une mutation radicale de leur être. Devenir fan, c'est perdre tout contact avec son moi d'avant, remisé à jamais dans le bocal à confitures de l'enfance. Ils ont eu la sensation grisante d'une chute, sans fond ni fin, astronautes attirés par un astre dangereux, rompant les amarres avec le vaisseau-mère sans savoir, sur l'heure, qu'il n'y aurait guère de retour.

(...)


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