Une histoire simple / Passion du livre

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.. Une histoire simple

Couverture du livre Une histoire simple

Auteur : Leila Guerriero

Traducteur : Marta Martinez Valls

Date de saisie : 07/04/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 14.00 €

ISBN : 9782267032338

GENCOD : 9782267032338

Sorti le : 09/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Pourquoi un village d'immigrants sédentaires, prolixes et conservateurs a lancé un festival consacré au malambo, la danse la plus emblématique des gauchos, qui étaient, en principe, des nomades belliqueux ne reconnaissant pas l'autorité. Simple défi rustique à l'origine, cette danse strictement masculine s'est transformée au XXe siècle en une chorégraphie dont l'exécution dure deux à cinq minutes. Une danse, accompagnée par une guitare et une grosse caisse, qui est un défi entre des gauchos essayant de se surpasser en résistance et en habileté.

«Leila Guerriero écrit avec l'intensité de qui raconte l'histoire la plus importante. On est pris jusqu'à la fin dans cette histoire, qui n'est pas simple mais formidable.»
Diego Ziiniga, Qué posa
«Leila Guerriero nous parle, depuis une Amérique latine stéréotypée, de la solitude la plus intime, celle du moment précédant l'action qui peut changer le cours d'une vie.»
Télam
«Lecteurs de Leila Guerriero, nous retrouvons dans Une histoire simple le meilleur de son répertoire comme chroniqueuse, elle commence par nous dévoiler un secret, elle nous présente ensuite les gardiens de ce secret et, finalement, elle nous démontre que ce secret - comme la lettre d'Allan Poe - a toujours été à notre portée.»
El Mercurio

Née en 1967 à Junin, dans la province de Buenos Aires, en Argentine, Leila Guerriero commence sa carrière dans le journalisme en 1991 dans la revue Página/30. Depuis lors, ses textes ont paru dans différentes publications en Amérique latine et en Europe, parmi lesquelles La Nación en Argentine, Gatopardo au Mexique et El Pais en Espagne. En 2014, Leila Guerriero publie son livre Zona de Obras, une série de textes sur récriture. Son article «El rastro de los huesos», publié en 2010, reçoit le prix CEMEX-FNPI. Depuis 2014, elle est la rédactrice des dernières de couvertures du journal espagnol El Pais. En 2014, elle a reçu le prix KONEX dans la catégorie «Chroniques et témoignages».





  • La revue de presse Ariane Singer - Le Monde du 6 avril 2017

Poignant, souvent drôle, ménageant jusqu'au bout le suspense lié à l'issue de la rencontre, Une histoire simple livre un portrait attachant d'une Argentine à la fois fière, humble et volontaire.



  • Les premières lignes

Voici l'histoire d'un homme qui a participé à un concours de danse.

À cinq cents kilomètres de Buenos Aires, au sud-est de la province de Córdoba, la ville de Laborde a été fondée en 1903 sous le nom de Las Liebres. Elle compte six mille habitants et se trouve dans une zone, colonisée par des immigrants italiens au début du siècle dernier, qui produit du blé, du maïs et leurs dérivés - de la farine, des moulins, du travail pour des centaines de personnes. Sa prospérité, aujourd'hui renforcée par la culture du soja, se reflète dans des villages qui semblent sortis de l'imagination d'un enfant sage ou d'un maniaque de l'ordre : des petits centres urbains avec leur église, leur place principale, leur mairie, des maisons avec jardin, un 4 x 4 Toyota Hilux dernier modèle rutilant devant la porte, parfois deux. La route régionale numéro 11 traverse beaucoup de villages identiques : Monte Maíz, Escalante, Pascanas. Laborde se trouve entre Escalante et Pascanas : un village avec son église, sa place principale, sa mairie, ses maisons avec jardin, 4x4, etc. Une ville de plus parmi le millier de villes de l'intérieur dont le nom n'est familier pour aucun autre habitant du pays. Une ville comme il y en a tant, dans une zone agraire comme tant d'autres. Mais pour certaines personnes - mues par un intérêt très spécifique -, aucune ville au monde n'est plus importante que Laborde.

***

Le lundi 5 janvier 2009, le supplément consacré aux spectacles du journal argentin La Nación publiait un article signé par le journaliste Gabriel Plaza. Il s'intitulait «Les athlètes du folklore sont prêts», il occupait juste deux colonnes en première page et deux demi-colonnes à l'intérieur, et on pouvait y lire ces lignes : «Considérés comme un corps d'élite au sein des danses folkloriques, les champions marchent dans les rues de Laborde avec le respect qu'éveillaient les héros sportifs de la Grèce antique.» J'ai conservé l'article pendant des semaines, pendant des mois, pendant deux longues années. Je n'avais jamais entendu parler de Laborde mais, depuis que je m'étais plongée dans le magma dramatique que formaient les paroles corps d'élite, champions, héros sportifs au sujet d'une danse folklorique et d'un village inconnu de la pampa, je n'avais cessé de penser. A quoi ? À aller voir, je suppose.

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D'après le Dictionnaire folklorique argentin de Félix Coluccio et de Susana Coluccio, gaucho est «le mot utilisé dans les régions de La Plata en Argentine et en Uruguay [...] pour désigner les cavaliers des plaines ou de la pampa qui se consacraient à l'élevage. [...] Cavaliers de profession et éleveurs de bétail, ils se caractérisaient par leur habileté physique, leur orgueil et leur caractère réservé et mélancolique. Ils accomplissaient la plupart de leurs tâches à cheval, un animal qui s'avéra leur meilleur compagnon et toute leur richesse». Les clichés accordent au gaucho des caractéristiques précises : on le prétend courageux, loyal, fort, indompté, austère, boucané, taciturne, arrogant, solitaire, bourru et nomade.
D'après le folkloriste et écrivain argentin du XIXe siècle Ventura Lynch, le malambo est «une joute d'hommes qui dansent à tour de rôle le zapateado en suivant le rythme de la musique». Une danse, accompagnée par une guitare et une grosse caisse, qui est un défi entre des gauchos essayant de se surpasser en résistance et en habileté.
Lorsque Gabriel Plaza parlait d'un «corps d'élite au sein des danses folkloriques», c'est à ça qu'il faisait référence : à cette danse et à ceux qui la pratiquent.


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