Figures stylées : les figures de style revisitées par les élèves et expliquées par leur prof / Passion du livre

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Couverture du livre Figures stylées : les figures de style revisitées par les élèves et expliquées par leur prof

Auteur : Mathilde Levesque

Date de saisie : 28/03/2017

Genre : Langues

Editeur : First Editions, Paris, France

Prix : 12.95 €

ISBN : 978-2-412-02176-7

GENCOD : 9782412021767

Sorti le : 09/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

- Thomas, je peux savoir ce que c'est que tout ce bazar ? ? ? ! ! !
- Ben, mon téléphone c'est pour avoir l'heure, ma doudoune c'est pour avoir chaud, mes écouteurs c'est pour faire swag, et le sourire c'est pour faire passer tout le reste !

L'hypozeuxe est une figure de répétition. Elle consiste tout simplement à appuyer le propos en reproduisant une même structure grammaticale (ici : groupe nominal + «c'est pour» + groupe verbal à l'infinitif).
Voilà qui m'amène à souligner le vrai paradoxe dans cette histoire : mes élèves rechignent toujours à faire des écrits argumentatifs, alors qu'ils Passent leur vie à argumenter.
Avec un humour grinçant et une tendresse non dissimulée, Mathilde Levesque s'amuse à passer au crible de la rhétorique le discours de ses élèves. En ressort ce petit dictionnaire des figures de style, où cohabitent définitions parfaitement académiques et illustrations souvent déjantées...

Mathilde Levesque est agrégée de Lettres modernes et docteur en langue et littérature françaises. Elle enseigne le français depuis 5 ans au lycée Voillaume d'Aulnay-sous-Bois (93). Elle est l'auteur de LOL est aussi un palindrome, paru chez First en 2015.





  • La revue de presse - Le Monde du 16 mars 2017

La rhétorique est avant tout affaire de pouvoir. Mathilde Levesque, agrégée de lettres modernes, en fait l'expérience chaque jour. Les élèves au lycée Voillaume d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, sont passés maîtres dans l'art de la rhétorique.
«Adim, mais c'est pas possible, vous êtes vraiment un cancre !
- Peut-être, Madame, mais un cancre sérieux !»
Ça, c'est un oxymore, et celui qui y recourt est Adim, un lycéen qui, habilement, contredit sa professeure de français, réoriente le débat, signale au passage que dans sa catégorie de cancre il est remarquable et ainsi «sauve sa conscience», précise Mathilde Levesque, la prof et l'auteur de Figures stylées. Cette figure de rhétorique est utilisée pour déstabiliser son interlocuteur en faisant «penser la réalité autrement», écrit-elle...
A la lecture de Figures stylées, les recruteurs prendront aussi le pouls de la créativité des jeunes qui produisent un «incroyable vivier linguistique».
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  • Les premières lignes

LE LIVRE DONT VOUS Ê DÉJÀ LE HÉROS

Dès l'ouverture de sa Rhétorique, Aristote donne le ton :

«[La rhétorique] est en quelque façon accessible à tous les esprits, et ne réclame aucune connaissance spéciale [...] car tous entreprennent, jusqu'à un certain point, d'attaquer une opinion ou de la soutenir, d'accuser ou de défendre. Mais dans la foule des hommes, certains le font au hasard et sans règle, les autres par habitude qu'ils tiennent de l'exercice.» Dans le cadre de mes études, puis de mon enseignement à l'université, j'ai d'abord été du côté de l'exercice : l'un des cours que je devais assurer pendant six mois s'intitulait même «tes figures de style». Véritable détecteur de métaphores et autres euphémismes, je disséquais le texte et j'apprenais à mes étudiants à faire de même.

Et puis il y a eu le lycée, en Seine-Saint-Denis, ta rhétorique était dans la rue, et j'en prenais conscience pour la première fois, en découvrant la puissance de ce qu'on appelle le «bagou». Comme Aristote l'avait pressenti, il n'était pas nécessaire d'avoir lu sa Rhétorique pour être un as des figures de style. Cela m'a semblé d'excellent augure pour mes élèves, parfois méfiants à l'égard du cadre scolaire, mais néanmoins passionnés au quotidien par révolution de la langue. Car enseigner dans le 93, c'est aussi avoir la chance d'évoluer dans un incroyable vivier linguistique et de penser à autre chose qu'à «l'obscure clarté qui tombe des étoiles» pour illustrer l'oxymore et au discutable «va, je ne te hais point» pour la litote.

FIGURES STYLÉES

Si mes élèves incarnent un certain renouveau des figures de style, ils ne sont toutefois pas, je crois, les seuls qu'elles fascinent : oui, les figures de style ont des noms à coucher dehors, mais elles sont néanmoins partout - et c'est pour ça que vous trouverez de temps à autre un exemple emprunté à votre collègue ou à ma coiffeuse.

À l'heure où le pouvoir des mots n'est plus à démontrer, il est certes utile, dans la vie quotidienne, de pouvoir nommer la figure que l'on choisit d'employer, mais il est tout aussi primordial de savoir l'identifier chez votre interlocuteur, afin de lui casser la baraque en deux temps trois mouvements : les vicieuses hyperbates de votre patron n'auront ainsi plus de secrets pour vous.

Pour finir, il me semble que ce livre donne à mon métier tout son sens, puisque c'est désormais à moi d'avoir besoin de mes élèves pour mieux comprendre une langue dont les perpétuelles évolutions parfois m'échappent.

Et c'est un peu de mon plaisir que j'espère vous faire partager, en souhaitant qu'à votre tour vous ne ferez plus de rhétorique «au hasard».


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