Le fils de Zahwa / Passion du livre

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.. Le fils de Zahwa

Couverture du livre Le fils de Zahwa

Auteur : Assmaâ Rakho-Mom

Date de saisie : 20/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : les Ed. du Lamantin, Colombes, France

Prix : 8.00 €

ISBN : 9791092271317

GENCOD : 9791092271317

Sorti le : 21/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Ils sont aujourd'hui parents, grands-parents, voire même arrière grands-parents.
Mais que savons-nous réellement de la vie de ceux qu'on désigne désormais sous le vocable froid de chibanis ou d'immigrés maghrébins ?
Comme Amine, le héros de ce roman, ces pères venus du Maroc, d'Algérie, de Tunisie ou d'ailleurs ne se sont que très peu racontés.
Avec Le fils de Zahwa, l'auteure veut rendre à ces aînés l'histoire qui est la leur. Celle d'êtres humains dotés d'un passé, de rêves et de passions.

Assmaâ Rakho-Mom

Après la publication en 2003 d'un premier roman intitulé Les cellules de la. galère, Assmaâ RAKHO-MOM s'oriente vers le journalisme et écrit pour plusieurs magazines. En parallèle elle travaille également pour l'édition en tant que correctrice. Fin 2015, elle remporte le concours de nouvelles organisé par Banlieue Plus et nos quartiers et revient définitivement à sa passion première, l'écriture. Avec Le fils de Zahwa, elle signe son second roman.





  • Les premières lignes

La campagne est belle en ce début de printemps. Le jeune homme qui pédale à toute allure n'a toutefois que faire des paysages qui défilent. Son vélo roule aussi vite que les larmes sur ses joues. Devant lui, tout est brouillé. Il connaît comme sa poche ce trajet qui l'emmène de Casablanca à Settat. Tant mieux pour sa sécurité. Il a tant emprunté ce chemin que les larmes qui lui troublent la vue ne l'empêchent pas d'avancer. Au contraire, elles le poussent à pédaler de plus en plus vite, comme s'il était encore temps. Il le sait pourtant bien, il est trop tard. Quelques heures plus tôt, on lui a annoncé le décès de son père. D'où cette course effrénée pour atteindre sa demeure. Nourrit-il encore quelque espoir de le trouver vivant ? Ou espère-t-il pouvoir serrer dans ses bras le corps encore chaud de ce père qu'il a si peu, mais si intensément connu ?
Amine a dix-neuf ans. Il ne le sait pas encore, mais déjà son enfance s'efface. Elle lui échappe au rythme des coups de pédales. Le décès brutal de ce père adoré va le propulser dans le monde des adultes. Déjà peu volubile, il va encore se renfermer et se donner corps et âme à sa nouvelle mission : remplacer le père.

Il est l'aîné d'une fratrie comptant une fille et quatre garçons. Au sein de sa famille, depuis toujours il détonne. Tout chez lui, de son caractère à sa manière d'être en passant par ses passions, le distingue de ses proches. Il en impose aussi. Pas seulement parce qu'il est l'aîné. Chez lui c'est naturel.

C'est sur ce vélo qu'il a choisi de sauter quand, quelques heures plus tôt, il a appris le décès subit de son père. Qui le lui a dit ? Comment l'a-t-il appris ? Il n'en sait plus rien. C'est flou, incertain. La famille qui tout à coup surgit et s'excite, les cris qui fusent, les larmes qui dégoulinent. Il a choisi de les fuir pour ne se concentrer que sur sa douleur. Il ne crie pas, il pédale. Cela l'épuisé et consume ses tourments. Heureusement pour lui, la route est peu fréquentée ce jour-là. Car plus il avance, plus il a du mal à voir au loin. Il ne cesse d'essuyer ses yeux du revers de sa manche, il ne peut contenir la peine qui déborde. Le danger est partout. Ravines, vallées, crevasses, camions qui le dépassent et le frôlent sont autant d'écueils qu'il ne voit pas, qu'il ne voit plus. Ses jambes pédalent, son esprit s'évade, son coeur se déchire. Va-t-il tenir durant les quatre-vingt kilomètres qui le séparent de la ville de Settat ? Celle qui l'a vu naître et celle qui voit mourir son père ? Il n'a d'autre choix que de l'atteindre, alors il tient bon et les kilomètres défilent. Le chagrin l'empêche de respirer correctement, il commence à suffoquer. Seule la perspective de pouvoir voir la dépouille de son père et d'être présent pour ses lavements et son inhumation le pousse à redoubler d'effort.
Mais que lui veut ce taxi, roulant trop proche de son vélo depuis un instant ? Il a parcouru les trois quarts du trajet. Ce n'est sûrement pas le moment d'avoir un accident. Le chauffeur s'énerve, piaffe d'impatience derrière lui. Il finit par lui intimer l'ordre de s'écarter. De ses bras il fend l'air, le sommant de se pousser un peu plus. Le jeune homme s'emporte, même si chez lui, toute colère est intériorisée, contrôlée. C'est le signe qu'il fait de la main qui trahit son agitation. Passe ! Tu as toute la place pour cela ! Ses moulinets sont brutaux, cinglants. L'autre s'exécute et s'éloigne à fond de train.


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