Ils m'ont appris l'histoire de France / Passion du livre

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.. Ils m'ont appris l'histoire de France

Couverture du livre Ils m'ont appris l'histoire de France

Auteur : Jean-Pierre Rioux

Date de saisie : 20/04/2017

Genre : Histoire

Editeur : Odile Jacob, Paris, France

Collection : Histoire

Prix : 26.90 €

ISBN : 9782738134875

GENCOD : 9782738134875

Sorti le : 01/03/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Comment devient-on historien ? C'est à éclairer cette question que Jean-Pierre Rioux se consacre ici, en dévoilant l'itinéraire qui fut le sien. Enfant de la guerre et de la Libération, il décide, après le choc du conflit en Algérie, de faire de l'histoire son ambition et son engagement.
Ce livre signe ses Mémoires, sous la figure tutélaire de grands hommes qui ont dominé ses travaux et nourri ses convictions : Jaurès, Péguy, de Gaulle, mais aussi René Rémond et Jean-Louis Crémieux-Brilhac.
Ce sont ces modèles et ces héritages qu'il fait revivre. Et, loin de l'obsession du déclin, il entend redire la confiance qui a toujours été la sienne en une France capable d'entonner des chants d'unité et de rassemblement.

Professeur de lycée, directeur de recherches au CNRS et inspecteur général de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Rioux est aussi un homme de revues (Vingtième siècle, L'Histoire) et de presse (Le Monde, La Croix, Ouest France). Il a présidé le comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France. Il a récemment publié Vive l'histoire de France !.





  • La revue de presse André Loez - Le Monde du 20 avril 2017

Il revient sur un long parcours public, et sur le rôle éminent qu'il a joué dans la discipline, en tant que promoteur de l'histoire culturelle, de cofondateur, notamment, de la revue Vingtième siècle et de cheville ouvrière aux débuts de l'Institut d'histoire du temps présent. Sa carrière de professeur (témoin de Mai 68 au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine) et ses engagements personnels y sont également éclairés, du moment fondateur de la guerre d'Algérie à la revendication d'un centrisme teinté d'héritage démocrate-chrétien et d'expériences militantes au Parti socialiste. Le livre émeut grâce à la part d'enfance et de passion qui s'y dévoile...


  • La revue de presse Florent Godguin - L'Humanité du 13 avril 2017

L'historien revient ainsi sur «quarante ans de travaux publics» comme enseignant et chercheur à l'université, au cours desquels il a fait sienne l'ambition de la transmission de la connaissance.



  • Les premières lignes

Le Ça ira ! d'Émile-Alexandre

Là-bas, sur fond bleuté des Vosges, ont grandi deux sacrés gaillards, Émile Erckmann (1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890). Entre 1863 et 1869, ils ont connu un succès littéraire et civique comparable à ceux d'Alexandre Dumas, de Jules Verne ou de Victor Hugo. Au temps du Second Empire déclinant, des crinolines claires et des gueules noires de Germinal, des républicains barbus narguant Napoléon III, des déjeuners sur l'herbe impressionnistes et des paysans de Millet, ils ont vendu des millions d'exemplaires, multiplié les feuilletons, empli les salles du Boulevard et les bibliothèques, ils ont été lus dans les trains au panache blanc ou le soir à la bougie ou la lampe à pétrole. Leur gloire, consolidée sous la IIIe République du Vosgien Jules Ferry leur ami et qui a jeté ses derniers feux sous la IV portée en terre par l'Alsacien Pierre Pflimlin en 1958, est bien passée aujourd'hui. Ils sont même carrément oubliés. Leur Société des amis est une coquille vide et je suis tout désemparé d'avoir à la présider. Depuis belle lurette on ne distribue plus aux enfants des écoles, le jour des prix, juste avant le 14 Juillet, L'Ami Fritz ou Madame Thérèse en gros livres cartonnés de rouge et dorés sur tranche.
Bien sûr, avant d'être dévorés en «Bibliothèque verte» après 1918 comme après 1940, ils avaient été copieusement étrillés. N'étaient-ils pas des bâfreurs de choucroute trop grasse, des moralistes bas de plafond, des pisseurs de littérature de gare, des folkloristes oiseux, des ignorants de la modernité ? Le Tout-Paris d'Offenbach les a méprisés avant de les jalouser. Leur républicanisme a déplu aux cléricaux et aux sabreurs, aux profiteurs et aux filous. Les censeurs à la solde de Badinguet les ont surveillés de près. Et, somme toute, leurs livres ne sont, juge-t-on encore aujourd'hui, que niaiserie pour gosses qui ne lisent plus. Il n'empêche ! Ces deux pignoufs ont bien marché et, faussement bonasses, ils n'ont jamais courbé l'échiné.
Le trait d'union d'une amitié de quarante ans leur a donné force et succès. C'est une exceptionnelle complicité d'écriture (Erckmann rédige un premier jet, Chatrian relit et critique avant de porter leurs feuillets tout frais aux directeurs de journaux ou de théâtres) qui cimente leurs deux vies et leur oeuvre, qui donne aux unes comme à l'autre le charme d'un récit qui cavale au passé simple. Ces destins longtemps conjoints et cette saga populaire sont, bien sûr, le reflet d'un monde que nous avons perdu. Mais leurs couleurs, leur vivacité, leur véracité n'engendrent pas la mélancolie. Tout au contraire, elles émeuvent et pincent au coeur, elles charment, elles entraînent. Et j'ai toujours parié, l'historien rejoignant l'enfant, qu'elles pouvaient encore éveiller.
Émile et Alexandre ont par-dessus tout aimé leur petite patrie, Phalsbourg et ses alentours. Ils auraient pu mener là-bas une vie tranquille d'épicuriens sous bonnet de coton, en vidant des chopes et en fumant des pipes, en traînassant au marché ou sous la charmille tout en lorgnant les filles. Mais voilà : ambitieux, ils ont voulu et su s'affirmer par l'écriture. Ils ont été ces «deux cocos bien plébéiens», disait Flaubert, qui ont accédé à la gloire. Et même s'ils sont morts brouillés et ne sont pas couchés côte à côte comme ils se l'étaient promis, ils sont devenus et sont restés cet écrivain siamois qui a su rendre au peuple bleu-blanc-rouge son histoire mûrie au soleil des droits de l'homme ; une histoire à main nue, à coeur ouvert, au ras du quotidien et parcourue de rêves ; une histoire qui fouette les sangs et qu'il s'agit de vivre comme une promesse inépuisable, avec courage et dans l'honneur. Toutes choses dont, n'en déplaise, nous pourrions être, aujourd'hui, encore ou un peu mieux les héritiers.


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