Obsessions / Passion du livre

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Couverture du livre Obsessions

Auteur : Christophe Bier

Date de saisie : 21/04/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Dilettante, Paris, France | France-Culture, Paris, France

Prix : 19.50 €

ISBN : 9782842639105

GENCOD : 9782842639105

Sorti le : 05/04/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Avec Christophe Bier, fils de Pic de la Mirandole et de Brigitte Lahaie, le bis a son Bossuet, le X son Savonarole et la culture populaire, depuis la gazette à un sou jusqu'aux dernières bobines de Jean-Pierre Mocky, son encyclopédiste le plus jubilatoire et son érudit le plus impitoyable. Tous les samedis à 22 heures, en clôture de l'émission Mauvais Genres sur France Culture, comme pour offrir à l'ensemble un clou digne de ses déviances et le cimier d'un somptueux exercice rhétorique, le maître Bier, oeil bleu lorrain, diction au rasoir, veste stricte, escarpins Ernest et queue-de-cheval tchétchène, monte en chaire pour pleurer la mort d'un bisseux illustre, déplorer le départ d'un cinéaste navrant ou d'une cover-girl aussi mignarde que sa gloire fut brève, témoigner d'une lecture sulfureuse, chanter l'effort d'un fanzine unique en son mauvais genre ou pousser à la visite d'une exposition interdite. Avec sa minute Bier, Mauvais Genres isole son élixir et opère sa quintessence. Cette année 2017, alors que l'émission impossible commémore ses vingt ans, l'idée nous est venue de vous proposer la substantifique moelle de ses chroniques, cent trente deux invocations triées sur le volet. Le sommaire fait frémir, d'une nécrologie du nain Piéral à l'apologie de l'éditrice scandaleuse Marie-Laure Dagoit, en passant par les acteurs-gorilles ou les starlettes bavaroises, Sim ou Maciste, gros calibre ou vampires nues, fumetti italiens ou acromégales hollywoodiens, c'est tous les hors-pistes et les mis au ban, les monstres et les déviants qui sont panthéonisés par ce Malraux de la planète freak : entre ici Christophe Bier, avec ton cortège d'ombres ! ! ! !

Christophe Bier est né en 1966 à Dax. Il abandonne très lâchement ses études de lettres classiques pour être comédien. Il débarque à Paris en 1989 et devient l'assistant de Jean-Pierre Mocky qui le promeut «chasseur de gueules» et lui fait jouer aussi bien un vieillard mutant qu'une femme de procureur. Il travaille dix ans sur le Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35mm (Serious Publishing, 2011), arme théorique de mille pages et pesant un kilo et demi, qu'il a conçue pour assommer les censeurs. Il collectionne les romans de flagellation des années 1930, possède plus de quatre mille «fumetti per adulti», l'intégralité des «Brigade mondaine» et des «Gore» et archive des photos de cinéma avec des nains et des hommes habillés en peaux de gorilles. Autant de raisons qui en font, depuis 2001, un chroniqueur régulier de Mauvais Genres, sur France Culture.





  • La revue de presse Jérôme Dupuis - L'Express, avril 2017

La compilation des chroniques radiophoniques de Christophe Bier constitue un réjouissant catalogue de séries Z...
Miam ! Mauvais genre, mais très bon livre.



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Septembre 2017 : l'émission radiophonique Mauvais Genres de France Culture aura vingt ans.
Je suis «entré en Mauvais Genres» en 2001, comme simple invité. François Angelier, son producteur et animateur, m'avait dans le viseur depuis l'autoédition d'un fanzine obsessionnel au format A5 : Les Nains au cinéma. Puis il remarqua Censure-moi, histoire du classement X en France, publié par L'Esprit frappeur fin 2000, dans la foulée des remous autour du film Baise-moi. Ce pamphlet documentait l'histoire et les mécanismes du système répressif qui entrava dès 1976 le cinéma pornographique naissant. Le porno, la censure, voilà des sujets qui méritaient un programme «Mauvais Genres».
A ma surprise, l'émission se révéla un grand oral. J'y gagnai mon brevet de chroniqueur. Le porno avait dû me rendre lyrique. Angelier s'était amusé de ma biographie, me faisant raconter comment j'étais arrivé à Paris, hébergé deux années dans une chambre du presbytère de l'église des pères du Saint-Sacrement, rue Cortambert, dans le XVIe arrondissement. Quand la foi chrétienne est dévoyée - j'entamai la rédaction de mon dictionnaire des films porno au presbytère -, Angelier est aux aguets, et jubile.
Ce direct sur les ondes avait de quoi m'intimider. Rien de comparable avec la scène ou le cinéma, pas de texte établi. Je peux affronter le public d'une conférence-spectacle, travesti en vieille fille pornophobe en tailleur strict, juché sur quinze centimètres de talons aiguilles, comme je l'ai fait au Centre Pompidou, je peux m'adapter avec aisance aux tournages échevelés de Jean-Pierre Mocky, avec lequel j'ai débuté, mais «parler dans le poste» en direct m'impressionne encore.
Les premiers temps, j'eus surtout le bonheur de lire des extraits de textes.
Bientôt, la chronique ciselée au cordeau, minutée, déclamée, est devenue mon mode favori d'intervention, équilibre parfait de journalisme et de jeu. Elle est travaillée à domicile, passée à l'épreuve du gueuloir de Flaubert, malaxée comme un texte dramatique, relue attentivement dans la ligne 9 du métro qui me conduit jusqu'à Radio France, corrigée encore jusqu'à l'arrivée au studio, et enregistrée, souvent en une prise. Il faut un bafouillage sévère, un manque d'entrain, pour justifier une autre prise. Parfois une troisième. Le pré-enregistrement est un confort, qui permet le montage. Mais il arrive qu'une chronique soit interprétée en plateau, en direct. Il ne faut pas trembler. Et se dire que l'auditeur, qui perçoit la réalité du direct, accepte l'infime savonnage qui peut surgir. Il ne va pas jusqu'à la souhaiter, mais elle sonne comme la preuve d'un temps partagé.
La formule nous est tombée dessus quand Piéral est décédé le 22 août 2003. Sa nécrologie s'imposait. Il était de la famille, nous avait fait l'honneur de sa présence pour une soirée autour de Jean Boullet, en partenariat avec le Centre Pompidou. «Vous me reconnaîtrez !» avait-il dit à François Angelier, lui donnant rendez-vous dans le grand hall du bâtiment. Durant la soirée, il bougonnait sur son siège, à côté de Philippe Druillet, comme jadis perché sur la pile des Journal de Mickey, près de la porte d'entrée du Kiosque, la librairie de Boullet. «Si tu restes sur les Mickey, Pierrot, tu te prendras la porte dans la figure à chaque nouveau client !» avait beau lui expliquer l'esthète tératophile.


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