Quand monte le flot sombre / Passion du livre

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.. Quand monte le flot sombre

Couverture du livre Quand monte le flot sombre

Auteur : Margaret Drabble

Traducteur : Christine Laferrière

Date de saisie : 24/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 23.00 €

ISBN : 978-2-267-02993-2

GENCOD : 9782267029932

Sorti le : 02/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

«Je n'ai pas peur de la mort. C'est vivre, qui me préoccupe.» Margaret Drabble illustre ici magnifiquement son propos en nous offrant, dans un style non dénué d'humour et d'empathie, une réflexion sur le «flot sombre», présage de la fin de l'existence. Les personnages de ce roman nous proposent, à travers leurs souvenirs et pensées, une fine analyse de notre époque, une savoureuse critique sociale, à l'occasion d'une méditation néanmoins grave sur cette unique certitude qu'est notre fin, sujet rarement traité avec autant de vitalité et de justesse.

«Érudit, magnifiquement écrit, drôle, tragique.»
Daily Mail
«Une lecture surprenante et pleine d'esprit, qui donne à réfléchir.»
Herald
«Margaret Drabble a toujours été une chroniqueuse observatrice de la vie humaine.»
The Literary Review
«Le brio de Margaret Drabble donne l'impression de vastes horizons que personne n'avait jamais vus de cette façon avant.»
The Times

Née en 1939 à Sheffield, Margaret Drabble a étudié la littérature anglaise à Cambridge. En 1960, elle a rejoint la Royal Shakespeare Company avant de se consacrer à une carrière universitaire et à l'écriture. Margaret Drabble a publié son premier roman, A Summer Bird in Cage, en 1963 et a également écrit plusieurs scénarios, pièces et nouvelles. Elle a supervisé deux éditions de l'Oxford Companion to English Literature.





  • La revue de presse Alice Zéniter - Le Monde du 23 mars 2017

Le livre tient presque de l'étude des différentes façons qu'ont les gens de vieillir, une étude du grand âge, de cette période dans la vie d'une femme dont Fran Stubbs, le personnage principal, nous dit qu'elle est celle où l'on a cessé de s'inquiéter de voir une tache de sang sur sa jupe et où l'on doit penser à la place à vérifier qu'il n'y a pas de tache d'oeuf sur sa robe de chambre...
J'imagine que, décrit de cette manière, le livre peut rebuter. En effet, il n'est pas aimable, ne cherche pas à l'être, mais il s'avère fascinant. Son austérité précise et acerbe refuse tout pathos (le New Statesman parle d'une écriture «hautaine»,mais je ne crois pas que ce soit juste). La traduction de Christine Laferrière souligne cet aspect peu amène, notamment en préservant les répétitions (que l'on demande ­parfois au traducteur de couper, comme si ­elles étaient une faute ­d'inattention de l'auteur, comme si la vie, elle, n'était jamais répétitive). Et puis, il y a une énergie dans ce ­livre qui tient beaucoup à la force de Fran, mais aussi à l'évocation vibrante des couleurs.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 1er mars 2017

Septuagénaire, Fran parcourt l'Angleterre pour inspecter les maisons de retraite. Une méditation brillante et tonique sur le grand âge...
Autant dire que, contrairement peut-être à la Winnie de Beckett, la valeureuse et rationnelle Fran est bien consciente qu'elle vieillit, et qu'elle pourrait même légitimement, si elle le souhaitait, prétendre à vivre bientôt dans une de ces résidences qu'elle visite à travers le pays. Très peu pour elle... Même si tournent dans sa tête, comme dans un manège sans fin, des poèmes, des citations et des proverbes qui témoignent de la perpétuelle obsession humaine du déclin et de la mort...
Entre observations très concrètes, voire sociologiques, et méditation de fond sur le destin de l'homme, la grande Margaret Drabble trouve un équilibre inégalable, qui fait toute la singularité et le prix de ce roman remuant, empreint d'une folle intelligence



  • Les premières lignes

Elle s'est souvent imaginé que ce qui s'avérera être ses dernières paroles à elle-même et dans ce monde, ce sera : «Espèce de vieille idiote» ; sinon, éventuellement, selon l'humeur du jour ou l'heure de la nuit : «Espèce de conne». Au moment où la voiture en pleine accélération percutera l'arbre, où la chaudière jamais révisée explosera, où la fumée et les flammes envahiront l'entrée, où le crochet de la gouttière supérieure lâchera, ce seront ses dernières paroles. Elle n'est pas censée savoir avec certitude qu'il en ira ainsi, mais elle le soupçonne. Durant les dernières années de sa vie, elle s'est prise d'intérêt pour la formule : «Nul homme ne peut être dit heureux avant que d'être mort.» Ni nulle femme, d'ailleurs. «Nulle femme ne peut être dite heureuse avant que d'être morte.» Assez juste, et le monde antique avait connu des femmes, en plus d'hommes, qui avaient eu une fin malheureuse : Clytemnestre, Didon, Hécube, Antigone. Bien qu'évidemment Antigone, il faut s'en souvenir, se soit réjouie de mourir jeune et pour une bonne cause (certes inutile à nos yeux), évitant par là tous les désagréments de la vieillesse.
Fran elle-même est déjà trop vieille pour mourir jeune et trop vieille pour éviter les oignons et l'arthrite, les taches brunes et les angiomes, l'affaiblissement des poignets, les cataractes naissantes mais non encore soignables, et la fatigue qui gagne du terrain. Elle voit bien qu'avec le temps (et peut-être dans pas très longtemps), tous ces désagréments deviendront tellement fâcheux qu'elle sera prête à entreprendre un de ces actes de folie inconsidérée qui mettra à l'ensemble une fin rapide, peut-être sensationnelle. Mais cette fin rapide annulerait-elle et nierait-elle le bonheur intermittent des premières années, le long combat en vue d'atteindre une forme de maturité, les modestes réussites, le dur travail ? À quoi ressemblerait le bilan, lors du dernier calcul ?
C'est la nécrologie de Stella Hartleap qui a guidé ses pensées vers cette piste actuarielle, tandis qu'elle roulait sur la M1 en direction de Birmingham, à seulement cinq ou six kilomètres à l'heure au-dessus de la vitesse autorisée.
Les nécrologies parues dans les journaux étaient agaçantes, agaçantes et sentencieuses, d'une manière détournée, hypocrite, discriminatoire envers les femmes et les personnes âgées, et elles empestaient la Schadenfreude. À l'instant, une autre mention de Stella à l'autoradio, dans ce créneau régulier de Radio 4 consacré aux nécrologies, a ravivé son irritation. Elle n'avait pas très bien connu Stella, l'ayant rencontrée tardivement à Highgate par l'intermédiaire de Hamish, mais elle l'avait connue assez longtemps pour distinguer le baratin et les foutaises. Donc Stella était morte d'avoir inhalé de la fumée, ayant mis le feu à ses draps pendant qu'elle fumait au lit dans sa ferme retirée des montagnes Noires, juste après avoir sifflé un verre de Famous Grouse. Et alors ? Une meilleure sortie qu'un décès dans un couloir d'hôpital, en fauteuil roulant, dans l'attente d'une autre dose de chimiothérapie toxique, ce qui avait récemment été le sort lugubre de sa bonne amie Birgit. Au moins, Stella n'avait à s'en prendre qu'à elle-même, et, si les dernières minutes n'avaient peut-être pas été agréables, celles de Birgit ne l'avaient pas été non plus. Pas agréables du tout, de l'avis général, et sans aucun frisson complémentaire d'autonomie.


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