Chronique d'une fin de règne / Passion du livre

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.. Chronique d'une fin de règne

Couverture du livre Chronique d'une fin de règne

Auteur : Patrick Rambaud

Date de saisie : 18/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 16.50 €

ISBN : 9782246812562

GENCOD : 9782246812562

Sorti le : 01/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

«Le Prince s'aperçut que le pouvoir était une maladie mortelle. La flèche du comte Macron était empoisonnée et il sentit ses os se refroidir. Dans son bureau, François l'Hésitant songeait à son destin. Puis il rédigea le discours qu'il devait prononcer aux fenestrons le soir même. Pour dire quoi ?»

Rien ne va plus au royaume de France : le duc d'Évry bouillonne, Nicolas le Flambard ne s'est jamais résolu à la perte du Trône, le duc de Cherbourg recherche un dangereux Abdelkader Youssouf Cruchon, mademoiselle de Montretout se cache et ne montre plus ses dents... 2016, année difficile.
Entre House of Cards et Game of Thrones, il nous reste la chronique facétieuse, hilarante, terrible, d'un règne qu'on espère vite oublier. C'est compter sans le talent de Patrick Rambaud. Rire ? Oui, mais de tout, Majesté !

Patrick Rambaud est l'auteur d'une oeuvre romanesque importante. On lui doit entre autres La Bataille (prix Goncourt 1997), la série des six chroniques de Nicolas Ier, et François le Petit, dont le présent volume est le prolongement.





  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 16 mars 2017

Septième volume de ses chroniques de Cour, l'Académicien Goncourt n'épargne pas François Hollande, confronté aux attentats et à la montée du populisme...
Ce qui demeure délectable, et désopilant, dans les ouvrages de ce M. Rambaud, c'est bien le style Grand Siècle qu'il a forgé, ce classicisme désuet appliqué aux moeurs de Cour, ainsi qu'aux réflexes populaires épinglés pour leur grégarisme impuissant. Son entreprise d'historien goguenard inscrit néanmoins la fugacité contemporaine, le peu de consistance du présent, dans la longue lignée de l'Histoire de France, fût-ce pour la tourner en farce. Au moins, il en restera quelque chose quand tout sera oublié.



  • Les premières lignes

PRÉLUDE

Comment le monde se décomposa

C'était vraiment un sentiment étrange : plus notre planète s'uniformisait et plus elle se fragmentait. Au premier regard tout se ressemblait. Vous sortiez partout du même aéroport en verre et en acier, vous preniez la même autoroute bordée de panneaux publicitaires, à Barcelone, à Bordeaux, à Hanoï. A la même saison, dans les mêmes vitrines, les robes avaient les mêmes couleurs à la mode, de Bucarest à Saint-Germain-des-Prés, cet ancien quartier des libraires devenu celui des nippes. Le style des centres commerciaux avait mangé le monde et personne ne semblait s'échapper de leurs coursives et de leurs escalators qui tiraient les foules anonymes vers des boutiques, des mangeoires, des trains. A Paris, quand on pénétrait sous la canopée lourde et jaunasse du nouveau forum des Halles, on cherchait le tableau des avions en partance, mais on ne partait pas, on contemplait des marchandises, on n'était plus un usager mais un client. Le décor était posé pour y vivre des terreurs.
La terreur des minorités, d'abord. Chacun se fermait dans son périmètre et se défendait de l'extérieur par des certitudes, des imprécations, des interdits. Les contempteurs du foie gras vous montraient des images industrielles de gavage pour vous révulser, mais que disaient-ils aux oies sauvages qui se gavent toutes seules avant leurs migrations ? Ray Bradbury nous avait prévenus dès les années cinquante, dans son exemplaire Fahrenheit 451 : «Prenons les minorités dans notre civilisation, d'accord ? Plus la population est grande, plus les minorités sont nombreuses. Ne marchons pas sur les pieds des amis des chiens, des amis des chats, des docteurs, des avocats, des commerçants, des patrons, des Mormons, des Baptistes, des Unitariens, des Chinois à la seconde génération, des Suédois, des Allemands, des gens du Texas ou de Brooklyn, des Irlandais, des habitants de l'Oregon ou de Mexico.» Même divisé en milliers de tribus jalouses et querelleuses, l'homme était façonné égal aux autres et mieux valait se taire que lui déplaire. Heureusement, sans que personne ne s'en aperçût, le terrorisme informatique ramenait les individus aux normes en usage.
L'électronique est devenue obligatoire. Elle vous simplifie la vie et, sous ce prétexte, vous épie à tous moments. Qu'importe, vous êtes complices de ce vaste mouchardage. Les grandes compagnies qui dirigent ce jeu, pour votre bien, savent tout de vous avec les cartes et les écrans qu'elles vous ont distribués. Vous êtes suivi à la trace. On connaît le restaurant où vous avez vos habitudes, votre dernier voyage, vos dépenses, et maintenant, grâce aux objets connectés, vos goûts, vos dernières fantaisies, vos orientations, pour qui vous votez, vos dépendances. Vous participez chaque instant à l'espionnage de vous-même et de vos proches. Vous pouvez même suivre vos enfants à la trace en achetant un manteau de surveillance :

(...)


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